Baromètre politique : au palmarès de l'impopularité François Hollande, Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy sont en tête

Les trois principaux protagonistes de l’élection présidentielle de 2012, et finalistes possibles en 2017, sont aujourd’hui les trois personnalités politiques les plus impopulaires. François Hollande obtient 77% (+3) de jugements défavorables, Marine Le Pen 71% (+1) et Nicolas Sarkozy 66% (+7). La dernière livraison du baromètre Ipsos/Le Point montre également que le Premier ministre Manuel Valls limite la casse après avoir traversé une forte zone de turbulence la semaine dernière entre Paris et Berlin. Il ne perd « que » deux points de popularité (37%).

Baromètre politique : au palmarès de l'impopularité François Hollande, Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy sont en tête

Auteur(s)

  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs
  • Vincent Dusseaux Directeur d'études, Ipsos Loyalty
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1ER PROTAGONISTE : FRANÇOIS HOLLANDE. PLUS DE TROIS FRANÇAIS SUR QUATRE SONT DÉFAVORABLES À SON ACTION

Dans un climat économique à la fois marqué par des perspectives encourageantes mais également toujours par une progression continue du chômage, le président de la République voit sa popularité reculer. 20% des Français lui sont favorables (-4), contre 77% d’avis défavorables (+3). Il retrouve dans cette vague un niveau d’impopularité proche de décembre, avant les attentats et la grande mobilisation de janvier. La gestion de la crise des migrants et le nouveau « passage en force » sur la loi Macron sont probablement des motifs d’insatisfaction, notamment pour les sympathisants PS. C’est dans cette catégorie que la baisse est la plus marquée : -9 points. Les sympathisants socialistes sont désormais une majorité à être mécontent de l’action de François Hollande (50%, contre 48%).

2ÈME PROTAGONISTE : NICOLAS SARKOZY

Le retour de l’ancien Président au premier plan sur la scène politique (nombreux meetings, lancement des Républicains) ne convainc pas les Français qui au contraire se crispent davantage. 66% (+7) des personnes interrogées sont défavorables à son action, contre 31% d’avis favorables (-6). C’est son plus bas niveau depuis octobre 2014. Certes, il est encore en tête du palmarès des personnalités politiques des sympathisants des Républicains, mais l’écart se resserre avec Alain Juppé (72%, -1 d’avis positifs pour Nicolas Sarkozy, 71% = pour Alain Juppé). Le maire de Bordeaux fait désormais jeu égal avec Nicolas Sarkozy auprès des sympathisants du FN (46%, +11 d’avis favorables, contre 46%, -5 à l’ancien président). En revanche, l’écart est très important à l’UDI : Alain Juppé recueille 81% d’avis positifs dans cette cible, contre seulement 19% pour Nicolas Sarkozy. Fort de ce socle d’opinions positives plus large, Alain Juppé renforce son statut de personnalité politique préférée des Français avec 57% d’opinions favorables, +2. Après plusieurs hausses continues, François Fillon est en difficulté ce mois-ci : il recule de 4 points auprès des Français (40% d’avis positifs) et de 11 points auprès des sympathisants des Républicains (56%).

3ÈME PROTAGONISTE : MARINE LE PEN

La Présidente du Front national bénéficie du soutien massif des sympathisants du Front national (89%), mais rencontre toujours des difficultés pour convaincre au-delà de son camp. Son impopularité progresse auprès de l’ensemble des Français. Une évolution modérée en juin (71%, +1), mais qui intervient après trois mois de hausses consécutifs. Avec 25% (-2) d’avis favorables, Marine Le Pen obtient son plus mauvais score depuis août 2011.

DU CÔTÉ DES MEMBRES DE GOUVERNEMENT, LES SITUATIONS SONT CONTRASTÉES

Le Premier ministre Manuel Valls qui a été très critiqué pour son déplacement en Falcon à Berlin ne perd que deux points de popularité (37%, contre 61% d’avis défavorables, +3). En dépit des turbulences, il n’enregistre pas dans cette vague de record d’impopularité. D’autres ministres sont sous le feu des critiques. Quelques jours après le recours au 49.3 pour faire passer « sa » loi, Emmanuel Macron voit sa popularité reculer de 3 points (35%) et surtout les avis négatifs à son égard progresser fortement (46%, +8). Ségolène Royal dont les déclarations sur le Nutella ont fait débat concède 4 points de popularité (40%). La baisse est plus marquée encore chez les jeunes (-13 à 41%). Enfin, les jugements négatifs avaient fortement progressé sur l’action de Najat Vallaud-Belkacem au début de l’année (+15 entre janvier et mai 2015). Ce mouvement est stoppé en juin (36% +2 d’avis favorables, contre 49% de défavorables, -1). La ministre de l’Education nationale bénéficie d’un meilleur soutien des sympathisants socialistes dont elle est désormais la personnalité politique préférée avec 66% d’avis favorables, +6.

A noter enfin la forte hausse de Christine Lagarde (48%, +7), très visible sur le dossier grec et la baisse d’Arnaud Montebourg (29%, -2). Ce dernier n’a pas réussi à convaincre à gauche suite à sa charge contre la politique économique du Gouvernement : il perd 13 points auprès des sympathisants de la gauche radicale et 7 points au PS.

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  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs
  • Vincent Dusseaux Directeur d'études, Ipsos Loyalty

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