Baromètre Politique : baisse sensible de popularité pour le couple exécutif

La vague d’octobre du baromètre Ipsos pour Le Point montre une hausse globale de la popularité de la plupart des personnalités politiques testées. Parmi les quelques baisses, on relève notamment celles du président de la République (33% d’opinions favorables -3 points) et de son Premier ministre (33%, -1 point), ces reculs venant enrayer la dynamique positive pour l’exécutif que l’on enregistrait mois après mois depuis décembre 2018.

Auteur(s)

  • Mathieu Gallard Directeur d'Études, Ipsos Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs
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La popularité du chef de l’Etat subit sa première baisse sensible depuis novembre 2018

En baisse de 3 points par rapport à septembre (à 36%), le recul de la popularité du chef de l’Etat est sensible parmi les partisans de l’ensemble des grandes formations politiques. Ainsi, il perd 7 points auprès des partisans LREM (90 % d’intentions favorables), 9 points chez les sympathisants LR (31%) et 5 points auprès de ceux du PS (27%). On constate ainsi que le chef de l’Etat ne bénéficie pas de trêve politique, constatée plusieurs fois en période post-attentat, l’attaque à la préfecture de police ayant suscité de nombreuses critiques face à l’action et aux réactions du Gouvernement. Ce recul de popularité peut aussi s’expliquer par les déclarations d’Emmanuel Macron sur le besoin « d’humanité et de fermeté » dans la gestion de l’immigration qui ont déplu à la gauche sans réussir à contenter la droite. Enfin, le climat de défiance par rapport aux institutions et aux déclarations des autorités à la suite de l’incendie de Rouen a pu jouer un rôle. En effet, les baisses les plus significatives sont enregistrées auprès des 18-24 ans (28%, -14 points) et chez les sympathisants EELV (26%, -10 points), soit les catégories les plus sensibles aux problématiques environnementales. A noter aussi une baisse sensible de popularité auprès des catégories populaires : les ouvriers (20%, -5 points) et les employés (24%, - 9 points). Ce qui s’explique peut-être en partie par un climat économique et social qui reste incertain et par les intentions gouvernementales perçues comme floues qui entourent la réforme des retraites à venir.

La popularité du Premier ministre connait elle aussi une baisse avec 33% d’opinions favorables (-1 point) contre 61% de défavorables (+3). On retrouve les mêmes tendances et des chiffres similaires à la popularité d’Emmanuel Macron : reculs très marqués chez les jeunes, les sympathisants EELV et les catégories populaires. Si le Premier ministre garde une base plus à droite (38% d’opinions favorables auprès des sympathisants LR, contre 31% pour Emmanuel Macron), Edouard Phillipe séduit autant les partisans PS et LFI que le chef de l’Etat (respectivement 27 et 17 %), la différence entre les deux hommes se faisant essentiellement sur la plus faible popularité d’Edouard Phillipe auprès des sympathisants LREM.

La popularité de la quasi-totalité des personnalités testées progresse.

Nicolas Hulot reste en tête du baromètre avec 54% d’opinions favorables et connait une hausse de popularité (+3 points) après quelques mois de légère baisse. Il atteint son plus haut niveau de popularité depuis janvier et fait partie des personnalités les plus populaires quelque soit la proximité partisane. Dans un contexte de mobilisation et de mise à l’agenda du problème écologique, devenu préoccupation principale des Français*, et en dépit d’une plus faible présence médiatique depuis quelques mois, Nicolas Hulot arrive à séduire à la fois les milieux conservateurs (45% au RN, 52% chez LR) tout comme les catégories les plus sensibles à l’écologie. Il profite d’une image consensuelle et transpartisane, à la différence de l’autre leader écologiste testé, Yannick Jadot qui lui se maintient à 22 % d’intentions favorables depuis juillet.

Concernant le reste du top 5, Jack Lang garde la seconde place à 42% d’opinions favorables (+3 points), suivi par Jean-Yves Le Drian (36%, + 4), membre du Gouvernement plus populaire que le couple exécutif bien que 28% des Français ne peuvent se prononcer à son sujet. Nicolas Sarkozy est lui aussi à 36% (+2 points) mais cristallise de nombreuses opinons défavorables (57%). L’ancien Président est de loin la personnalité politique préféré des sympathisant LR (82% d’intentions favorables, loin devant François Baroin qui avec 61% arrive en seconde position). Enfin Xavier Bertrand ferme le top 5 avec 32% (+ 3 points).

Les dirigeants de la droite républicaine sont tous en hausse : François Baroin affiche 28% d’opinions favorables (+ 4 points), Christian Estrosi 20% (+3 points), Laurent Wauquiez et Éric Ciotti, respectivement à 15% et 14%, augmentent tous deux de 2 points. Exceptions à cette hausse, Valérie Pécresse perd 2 points à 22% d’intentions favorables, et François Fillon retombe à 19 % (- 3 points) suite probable des déclarations récentes et contestées de l’ancien Premier Ministre et candidat malheureux à la dernière présidentielle. En revanche auprès des partisans LR le baromètre est rouge, François Baroin perd 4 points (à 61%), Christian Estrosi 5 points (36%), Xavier Bertrand 6 points (55%), François Fillon 12 points (51%) et Valérie Pécresse 16 points (41%). Même Nicolas Sarkozy, malgré sa très forte popularité chez les sympathisants LR (82%) perd 2 points dans cette catégorie.

Testés pour la première fois dans le baromètre, Gerard Larcher affiche 19% d’intentions favorables (contre 47% de défavorables et 34% de sans opinions) et Christian Jacob dispose lui de 13% d’intentions favorables (contre 45% défavorables et 42% sans opinion). Auprès des sympathisants LR, ils sont respectivement à la 13ème et 11ème place du baromètre, c’est-à-dire derrière les autres cadres de la droite mais devant Laurent Wauquiez qui est 14ème (28%). S’il est peu connu et bénéficie d’une popularité modeste, le nouveau président des Républicains n’est qu’à deux points de son prédécesseur et affiche nettement moins d’opinions négatives (45% contre 64% pour Laurent Wauquiez).

A gauche Martine Aubry (29%, +3 points), Bernard Cazeneuve (27%, +2 points) et Benoit Hamon (24%, +1 point) affichent une popularité en hausse. Dans le même temps Ségolène Royal se maintient à 26% et François Hollande enregistre sa première baisse (25%, -2) après une remontée ces derniers mois (+6 points depuis avril).  Jean-Luc Mélenchon perd lui 3 points à 20% alors qu’il était globalement stable depuis janvier.

Marion Marechal-Le Pen et Marine Le Pen affichent au global le même niveau de popularité à 27% (-2 points pour Marine Le Pen, stable pour sa nièce). Si elle conforte sa popularité chez les sympathisants RN (79%, +4), Marion Maréchal-Le Pen perd en revanche 6 points auprès des partisans LR (33%), signe que la Convention de la droite ne semble pas porter ses fruits. Marine Le Pen séduit moins la droite modérée que sa nièce (22% auprès des LR, soit 11 points de moins), mais elle reste solidement soutenue par sa base : 90 % des partisans RN lui sont favorables (11 points de plus que sa nièce, deuxième auprès de ces partisans). Pour comparaison Jean-Luc Mélenchon affiche 73% de jugements favorables auprès des partisans LFI, Christian jacob 32% chez les proches LR et Olivier Faure 24% parmi les sympathisants socialistes. Seul Emmanuel Macron mobilise autant sa base que Marine Le Pen, 90 % des partisans LREM lui étant favorables.

* D’après l’enquête Ipsos « Fractures » en partenariat avec Le Monde / FJJ/ Institut Montaigne Sept. 2019
 


Voir le baromètre de l'action politique Ipsos / Le Point depuis 1996 :

Fiche technique :
Enquête réalisée par Ipsos pour Le Point auprès de 1009 personnes interrogées les 11 et 12 octobre 2019 et constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs

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