Baromètre Politique : Benoît Hamon et Arnaud Montebourg en forte hausse à gauche

À quelques jours du premier tour de la primaire de gauche, Benoît Hamon comme Arnaud Montebourg enregistrent une progression de leur popularité chez les Français, et même une percée parmi les sympathisants de gauche. Les deux candidats de l’aile gauche du PS se rapprochent désormais très nettement de Manuel Valls auprès des électeurs socialistes, l’ancien Premier ministre ne faisant dès lors plus figure de favori. Mais quel que soit le vainqueur du scrutin, il fera face à Jean-Luc Mélenchon sur sa gauche et à Emmanuel Macron sur sa droite, deux candidats qui bénéficient d’une popularité solide auprès des Français.

Auteur(s)

  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs
  • Mathieu Gallard Directeur d'Études, Ipsos Public Affairs
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Benoît Hamon et Arnaud Montebourg en forte progression à la veille de la primaire de Gauche

A quelques jours du premier tour de la primaire, les deux candidats de l’aile gauche du PS enregistrent une forte progression de leur cote de popularité parmi les sympathisants de gauche. Avec 51% de jugements positifs, Arnaud Montebourg progresse ainsi de 11 points. Quant à Benoît Hamon, il gagne 14 points pour s’établir à 50%. Ils devancent désormais nettement Vincent Peillon (39%), mais aussi Manuel Valls (44%, +4).

L’évolution de la popularité des principaux candidats à la primaire parmi les sympathisants de gauche

L’ancien Premier ministre reste toutefois le candidat le plus populaire parmi les sympathisants socialistes avec 55% de jugements favorables. Il fait toutefois là aussi face à une très forte progression de Benoît Hamon (51%, +23) comme d’Arnaud Montebourg (51%, +18). Surtout, la popularité de Manuel Valls est bien plus élevée au PS (55%) que chez les sympathisants écologistes (31%) ou FdG (24%), alors que Benoît Hamon (51% de jugements positifs parmi les sympathisants FdG, 47% chez les proches d’EELV) comme Arnaud Montebourg (51% d’opinions favorables chez EELV comme au FdG) bénéficient du soutien de la gauche radicale et écologiste. Comme lors de la primaire de droite, la structure du corps électoral qui se rendra aux urnes risque donc d’être déterminante.

Un futur candidat socialiste qui sera concurrencé aussi bien sur sa Gauche que sur sa Droite

Le candidat qui sera désigné au terme de la primaire devra toutefois faire face à Jean-Luc Mélenchon sur sa gauche ainsi qu’à Emmanuel Macron sur sa droite, deux candidats dont la popularité se situe à un haut niveau.

Le leader du Front de Gauche, avec 38% d’opinions favorables, conserve une popularité élevée malgré un recul d’un point : il se maintient en 5ème position de notre classement. A gauche, sa dynamique se maintient : il recueille 63% d’opinions favorables (+6) chez les sympathisants de gauche, ce qui le situe en deuxième position, juste derrière Christiane Taubira (66%). Même au PS, avec 52% de jugements positifs (+10), il se situe désormais à seulement 3 points de Manuel Valls, et à égalité avec Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, soit son niveau le plus élevé depuis l’été 2012. Les proches du FdG le soutiennent massivement (86%), et les sympathisants écologistes portent aussi un regard largement positif sur sa personne (62%). Jean-Luc Mélenchon reste aussi particulièrement apprécié par les jeunes (45% chez les moins de 35 ans), les catégories moyennes (54% chez les employés, 48% chez les professions intermédiaires) ainsi que parmi les salariés de la fonction publique (47%).

Quant à Emmanuel Macron, il reste en 3ème position de notre classement avec 45% de jugements positifs (+1), soit la valeur la plus élevée enregistrée depuis son entrée dans notre baromètre en septembre 2014. Il progresse non seulement à gauche (46%, +8), mais aussi au PS (55%, +10), atteignant un niveau égal à celui de Manuel Valls et supérieur à celui de Benoît Hamon et d’Arnaud Montebourg. En revanche, le leader de En marche ! recule significativement à droite (53%, -5), même s’il se maintient à un niveau élevé. Les hommes (48%), les plus âgés (48%) et les cadres (52%) restent les plus sensibles au discours de l’ancien ministre de l’économie.

L'image de François Fillon ne souffre pas d'une entrée en campagne perçue comme difficile dans les médias

Malgré un début de campagne jugé difficile par les commentateurs, la popularité de François Fillon ne recule pas : avec 43% d’opinions positives, il se situe en 4ème place de notre classement et reste stable, les opinions négatives à son sujet (48%) reculant même de 3 points. L’ancien Premier ministre reste notamment très apprécié par les sympathisants LR/UDI (83%, -1), chez qui il se situe près de 20 points devant le second du classement, Alain Juppé (66%). Le candidat LR à l’élection présidentielle progresse aussi au FN (48%, +11). Son socle de popularité auprès des plus âgés (67% chez les 70 ans et plus) reste très solide.

La popularité de Marine Le Pen recule, notamment du fait de jugements plus sévères de la part des sympathisants de Droite

Quant à Marine Le Pen, sa popularité recule d’un point pour s’établir à 23%. Sur le long-terme, la tendance est clairement à la baisse pour la présidente du FN, qui recueille là son deuxième plus mauvais score depuis novembre 2010. Si les jugements favorables à son égard restent très solides parmi les sympathisants FN (84%, -1), ils reculent en revanche nettement chez les proches de LR (18%, -6), et plus largement parmi les sympathisants de droite modérée (15%, -7). Des niveaux qui sont désormais bien inférieurs à ceux que Marine Le Pen enregistraient de 2012 à 2015, et qui expliquent le recul de sa popularité auprès de l’ensemble des Français depuis deux ans.

L’évolution de la popularité de Marine Le Pen

Voir le baromètre de l'action politique Ipsos Le Point depuis 1996 :
 

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