Baromètre politique : à deux semaines des Européennes, Emmanuel Macron reste stable à 27% d'opinions favorables

Le baromètre de popularité réalisé en mai par Ipsos pour Le Point présente une forte stabilité du paysage politique national. Le couple exécutif se maintient avec respectivement 27% et 29% des Français qui approuvent l’action d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe. Dans le même temps, les membres du gouvernement souffrent toujours d’un certain déficit de notoriété et la popularité des dirigeants de l’opposition reste stable dans le contexte de début de la campagne électorale.

Auteur(s)

  • Mathieu Gallard Directeur d'Études, Ipsos Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs
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La popularité du chef de l’Etat reste stable grâce à une consolidation de sa base partisane ; il est désormais dépassé par son Premier ministre

Deux ans après son entrée en fonction et dans la foulée des annonces consécutives au Grand débat, la popularité d’Emmanuel Macron reste stable en mai à 27% d’opinions favorables, un niveau équivalent au niveau d’avant le mouvement des « gilets jaunes » (26% en octobre 2018). La part des Français qui désapprouvent son action est en léger recul à 68% (-1 point). Néanmoins, la popularité d’Emmanuel Macron reste relativement basse : à titre de comparaison, elle se situe à un niveau inférieur à celle de Jacques Chirac (50%) et de Nicolas Sarkozy (45%) deux ans après le début de leur mandat, mais la popularité de François Hollande était en revanche sensiblement plus faible (19%).

La stabilité de la popularité du chef de l’Etat s’explique par une consolidation de sa base avec 90% de jugements favorables chez les sympathisants LREM (+5 points). Cette consolidation peut être attribuée à une remobilisation consécutive au lancement de la campagne pour les européennes, scrutin dans lequel Emmanuel Macron s’investit fortement, mais aussi aux annonces faisant suite au Grand débat. En effet on note une forte hausse de la popularité du chef de l’Etat chez les retraités (36% d’opinions favorables, +8 points) sans doute en partie due à l’annonce de la réindexation des retraites sur l’inflation. A l’opposé la popularité d’Emmanuel Macron est en baisse chez les ouvriers (17%, -5 points) et parmi les personnes disposant de revenus modestes (19%, -5 points).

La popularité du Premier ministre poursuit quant à elle sa progression entamée depuis la fin de l’année dernière : 29% d’opinions favorables, soit au total un gain de 7 points depuis décembre 2018. La popularité d’Edouard Phillipe dépasse désormais légèrement celle du Président mais n’atteint pas les 31% d’avant le mouvement des « gilets jaunes ». On note une progression chez les partisans de LREM (86 %, +6 points), chez les plus âgés (+11 points chez les 70 ans et plus à 44%), mais aussi une légère baisse de deux points chez les plus modestes (17%). La différence de popularité entre les deux têtes de l’exécutif se fait notamment chez les sympathisants LR avec 44% (+5 points) de jugements favorables pour l’ancien maire du Havre contre 33% (-1 point) pour Emmanuel Macron.

Pas de dynamique forte dans la popularité des personnalités politiques testées

La popularité des principales personnalités politique est globalement stable. Le top 5 reste inchangé avec en tête Nicolas Hulot à 53%, seule personnalité à bénéficier d’une sympathie supérieure à 40%, suivi par Alain Juppé (39%, +2 points), Jack Lang (37%, -3 points), Nicolas Sarkozy (33%, =) et Jean-Yves Le Drian (32%, -1 point). Ce dernier est le seul membre du Gouvernement avec plus de 25% d’opinion favorable et sa popularité dépasse celle du Président et du Premier Ministre.

Dans les hausses, on trouve notamment Martine Aubry qui affiche 28% d’opinion favorables (+4 points), ce qui en fait la première membre active du PS en termes de popularité, résultat que l’on retrouve chez les sympathisants socialistes (59%, -1 point). La maire de Lille devance son homologue parisienne Anne Hidalgo qui conserve 23% d’opinions favorables auprès des Français (-1 point par rapport à avril 2019).

On note aussi les fortes popularités de Marion Marechal en 7ème position du classement des personnalités (29%, +4 points) et de Marine Le Pen en 8ème place (29%, +2 points). La différence entre les deux dirigeantes se fait notamment auprès des sympathisants LR où Marion Marechal affiche 42% d’opinions favorables (+10 points) contre 35% pour Marine Le Pen (+7 points), conséquence probable des positions économiques plus libérales et de la volonté d’unir l’ensemble de la droite de la première. On peut aussi noter que l’écart entre elles se réduit chez les sympathisants RN : 81% d’opinions favorables pour Marion Marechal (+6 points) contre 89% (-1 point) pour Marine Le Pen.

Concernant les dirigeants de partis, c’est donc Marine Le Pen qui est la plus populaire avec 29% de jugements positifs, suivie de Jean-Luc Mélenchon qui se maintient à 24% puis de Benoît Hamon et Nicolas Dupont-Aignan avec respectivement 23% et 21% de jugements favorables. La popularité - relative - de ces deux dirigeants ne se traduit toutefois pas dans les intentions de vote aux élections européennes : 3,5% pour Génération.s et 5% pour Debout la France selon le sondage Ipsos/Sopra Steria du 5 mai pour France Télévisions et Radio France. Laurent Wauquiez reste quant à lui crédité de 17% d’opinions favorables mais peine à s’instituer comme leader de son parti : il n’est en effet que 8ème auprès des sympathisant LR (52 %, -6 points), derrière Nicolas Sarkozy (80%) ou Alain Juppé (61%), mais aussi François Baroin (63%), Xavier Bertrand (61%) et Valérie Pécresse (54%). Olivier Faure reste dernier du classement (9 %, +1 point) et continue de souffrir un déficit de notoriété (48 % des Français interrogés sont incapable de se prononcer à son égard).

Enfin, les membres du Gouvernement restent globalement peu connus et, à l’exception de Bruno Le Maire (25%, -1 point), voient leur popularité comprise entre 21% et 12%. Christophe Castaner bénéficie de la notoriété la plus élevée (seul 16 % des Français ne sont pas en mesure de donner une opinion à son sujet), mais seuls 16% jugent favorablement son action (-1 point) contre 68% (stable) qui sont d’un avis inverse, son image ayant été écornée par les débordements survenus lors de plusieurs rassemblements de « gilets jaunes », par les débats autour des violences policières et par la polémique quant à ses propos sur les manifestations du premier mai.

Voir le baromètre de l'action politique Ipsos / Le Point depuis 1996 :

 

 

Fiche technique : Enquête Ipsos pour Le Point menée les 10 et 11 mai 2019 auprès de 1001 personnes constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

 

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  • Mathieu Gallard Directeur d'Études, Ipsos Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs

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