Baromètre politique Ipsos-Le Point : la cote de d’Emmanuel Macron continue de reculer sur fond d'inflation et de pouvoir d'achat

Pour le second mois d’affilée, le président de la République voit sa cote de popularité baisser pour atteindre 36% (-3 points), soit une baisse de 7 points depuis septembre. Emmanuel Macron est accompagné dans cette baisse par Elisabeth Borne qui enregistre un recul similaire de sa popularité (32%, -3 points). En revanche, cette baisse ne touche que certains membres du gouvernement.

Auteur(s)
  • Pierre Latrille Chef de Groupe, Public Affairs
  • Mathieu Gallard Directeur d'Études, Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs
Get in touch

La cote d’opinion favorable du président enregistre une nouvelle baisse et se situe à son niveau le plus bas depuis un an et demi

Après une première baisse de 4 points en octobre, la cote du président de la République enregistre une nouvelle baisse de 3 points pour se situer à 36% d’opinions favorables. Ce niveau est le plus bas enregistré depuis janvier 2021, période marquée alors par le rebond de la crise sanitaire.

Par rapport à son premier quinquennat, la cote de popularité d’Emmanuel Macron marque un recul important. Ce mois-ci, l’écart entre les opinions favorables (36%) et les opinions défavorables (59%) est de 23 points, alors que cet écart n’était que de 11 points en novembre 2017. Alors que le président ne peut pas compter sur une majorité forte à l’Assemblée nationale, cet effritement de sa cote de popularité pourrait marquer une difficulté supplémentaire dans l’application de sa politique.

Dans un contexte où les problématiques liées à l’inflation et au pouvoir d’achat restent vives, la cote de popularité d’Emmanuel Macron recule surtout auprès des catégories moyennes et modestes : les professions intermédiaires (28%, -6 points), les employés (32%, -3 points) et les ouvriers (23%, -9 points).

La cote de popularité d’Emmanuel Macron enregistre également une baisse auprès des sympathisants RN (14%, -5 points). On constate surtout auprès de cette population une hausse importante des personnes déclarant avoir une opinion très défavorable du président (63%, +8 points), ce qui témoigne d’un climat politique plutôt tendu.

Les opinions défavorables envers Elisabeth Borne en forte hausse

Elisabeth Borne de son côté voit sa cote d’opinions favorables baisser dans la même proportion qu’Emmanuel Macron pour se situer à 32% (-3 points). Plus inquiétant pour la locataire de Matignon, sa cote d’opinions défavorables est de nouveau en forte hausse (59%, +5 points, soit une hausse de 11 points depuis la rentrée). Surtout, sa cote d’opinions défavorables n’a cessé de progresser à chaque vague, et ce depuis sa nomination au poste de Première ministre.

A l’image du président, la Première ministre enregistre une baisse auprès des professions intermédiaires (27%, -2 points), des employés (26%, -5 points) et des ouvriers (20%, -9 points) ainsi qu’une hausse importante des sympathisants RN déclarant avoir une opinion très défavorable d’elle (59%, +11 points).

La baisse du couple exécutif ne se retrouve pas chez tous les membres du gouvernement.

Lors de la vague d’octobre, la baisse de popularité du couple exécutif s’était répercutée chez les différents membres du gouvernement. Ce mois-ci, les évolutions des ministres sont plus disparates. Certains enregistrent une baisse, à l’image de Gabriel Attal (28%, -3 points) tandis que d’autres voient au contraire leur popularité progresser, comme Olivier Véran (33%, +2 points). Bruno Le Maire reste le ministre le plus populaire, avec 33% d’opinions favorables (stable) qui lui permettent de conserver la quatrième place du palmarès des personnalités préférées des Français.

Le recul de popularité d’Emmanuel Macron ne bénéficie pas à l’opposition

La baisse de popularité d’Emmanuel Macron et d’Elisabeth Borne ne semble pas bénéficier à l’opposition. En effet, Marine Le Pen voit sa cote de popularité rester stable par rapport au mois dernier (37%), ce qui lui permet de conserver la seconde place du classement général tandis que Jean-Luc Mélenchon enregistre une légère baisse (27%, -1 point)

Parmi toutes les personnalités testées, Edouard Philippe demeure de loin le plus populaire, avec une hausse en ce mois de novembre (44%, +2 points). Surtout, l’ancien Premier ministre peut compter sur une popularité solide chez les sympathisants de plusieurs forces politiques. Il est premier chez les sympathisants de la République en Marche (85%, + 8 points), 3ème chez ceux des Républicains (61%, - 6 points) et 5ème auprès de ceux du PS (46%, +5 points).

Jordan Bardella bénéficie de son élection à la tête du Rassemblement National. Si sur l’ensemble des Français sa progression est plutôt limitée (28%, +2 points), il enregistre une hausse importante auprès des sympathisants RN (71%, +5 points) et se place à la seconde place, devant Marion Maréchal, auprès de ces derniers. Il progresse également auprès de l’électorat de droite, les sympathisants LR étant désormais 42% (+7 points) à déclarer avoir une opinion favorable du nouveau président du RN.

Du côté des Républicains, et alors que l’élection du président du parti approche, la cote d’Éric Ciotti auprès des sympathisants LR reste bien supérieure à celle de Bruno Retailleau (55% contre 37%). Cependant, Eric Ciotti enregistre une baisse de 4 points quand Bruno Retailleau progresse d’un point.

Enfin à gauche, Anne Hidalgo semble pâtir de sa décision d’augmenter la taxe foncière à Paris. Elle enregistre une baisse importante (14%, -5 points), notamment auprès des habitants de l’agglomération parisienne (13%, -11 points).


Voir le baromètre de l'action politique Ipsos / Le Point depuis 1996

 


A propos de ce sondage

Enquête menée par Ipsos pour Le Point les 11 et 12 novembre 2022 auprès de 1017 personnes, constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Téléchargement
Auteur(s)
  • Pierre Latrille Chef de Groupe, Public Affairs
  • Mathieu Gallard Directeur d'Études, Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs

Plus de contenus sur Fonction & Services Publics

Société