Baromètre Politique : Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron marquent des points

Suite à l’annonce de son renoncement à briguer un second mandat, la popularité de François Hollande progresse légèrement, mais reste à un très bas niveau. L’opinion des Français semble attentiste à l’égard de Bernard Cazeneuve, près d’un tiers des sondés ne se prononçant pas à son égard. L’action du nouveau Premier ministre est toutefois approuvée par 38% des personnes interrogées, et les sympathisants de droite adoptent à ce stade une attitude relativement bienveillante à son égard.

Auteur(s)

  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
  • Brice Teinturier Directeur Général Délégué France, Ipsos (@BriceTeinturier)
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs
  • Mathieu Gallard Directeur d'Études, Ipsos Public Affairs
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A gauche, Manuel Valls paraît en position de force à un peu plus d’un mois de la primaire socialiste, notamment grâce à sa bonne popularité parmi les sympathisants PS. A noter aussi la progression de Jean-Luc Mélenchon, qui obtient son meilleur niveau dans notre baromètre depuis la campagne de 2012, et celle d’Emmanuel Macron, qui regagne le terrain perdu à l’été et à l’automne.

APRÈS AVOIR RENONCÉ À BRIGUER UN SECOND MANDAT, FRANÇOIS HOLLANDE PROGRESSE LÉGÈREMENT DANS L’OPINION

L’annonce par François Hollande de son renoncement à briguer un second mandat lui vaut une légère progression de sa cote de popularité. Cette dernière atteint désormais 21% (+3), soit un niveau qu’il n’avait pas atteint depuis janvier dernier, dans la foulée des attentats de novembre 2015. Pour autant, le rejet du Président reste massif, puisque 76% des sondés (-4) désapprouvent encore son action ce mois-ci.

La légère remontée de François Hollande est particulièrement nette chez les sympathisants de gauche (38%, +5), près d’un sympathisant socialiste sur deux jugeant désormais de manière favorable l’action du président de la République (48%, +5). La progression est sans surprise plus limitée à droite (7%, +2) et au FN (9%, +2), avec des niveaux de popularité qui restent très bas.

BERNARD CAZENEUVE, UN NOUVEAU PREMIER MINISTRE QUI SUSCITE UN A PRIORI FAVORABLE MAIS FRAGILE

La nomination de Bernard Cazeneuve ne semble pas susciter d’enthousiasme dans l’opinion, mais certains éléments positifs émergent. Avec 38% d’opinions favorables, il recueille un niveau de popularité qui peut sembler assez bas, mais qui est proche de ceux enregistrés par Lionel Jospin en 1997, Dominique de Villepin en 2005 ou Manuel Valls en 2014 lors de leur arrivée à Matignon. Un phénomène lié à la notoriété encore en partie à construire de ces nouveaux Premiers ministre : 30% des sondés ne se prononcent pas sur le jugement à porter sur l’action de Bernard Cazeneuve, avec sans surprise des niveaux plus élevés encore au sein des catégories plus éloignées de la vie politique : 37% chez les ouvriers, 40% chez les sans diplôme, 43% chez les jeunes.

L’évolution de la cote de popularité des Premiers ministres depuis 1996

Parmi les sympathisants de gauche, le Premier ministre est jugé favorablement par 45% des sondés (contre 26%), un chiffre qui atteint 56% auprès des sympathisants socialistes (contre 17%). A noter que Bernard Cazeneuve, comme initialement son prédécesseur à Matignon, semble relativement apprécié parmi les proches de la droite de gouvernement : 44% des sympathisants UDI-LR approuvent son action, quand seulement 31% sont d’un avis contraire. Au final, les seuls à rejeter le Premier ministre dès son arrivée à Matignon sont les sympathisants FN (seuls 24% approuvent son action, 57% la désapprouvant) ainsi que, dans une moindre mesure, les personnes sans sympathie partisane (36% désapprouvent, 21% approuvent).

JEAN-LUC MÉLENCHON PROGRESSE FORTEMENT À GAUCHE

Dans le contexte de campagne présidentielle désormais clairement engagée, Jean-Luc Mélenchon progresse dans l’opinion : avec 39% de popularité parmi les Français, il gagne 5 points et obtient son meilleur score depuis la présidentielle de 2012. Chez l’ensemble des sympathisants de gauche, il est une des personnalités les plus appréciées (derrière Christiane Taubira) avec 57% d’opinions favorables, là encore son plus haut niveau depuis 2012. Le socle de cette popularité repose essentiellement sur un appui massif parmi les sympathisants FdG (79%) et EELV (62%), les sympathisants socialistes se montrant moins enthousiastes (42%).

À GAUCHE, MANUEL VALLS BÉNÉFICIE DU SOUTIEN DES SYMPATHISANTS SOCIALISTES EN VUE DE LA PRIMAIRE

Auprès des sympathisants de gauche, les principaux candidats déclarés à l’élection primaire sont dans un mouchoir de poche : 40% ont une opinion favorable envers Manuel Valls et Arnaud Montebourg, et 37% envers Benoît Hamon. Toutefois, Manuel Valls bénéficie d’un très net avantage sur ses deux adversaires de la future primaire : il est apprécié par 56% des sympathisants socialistes, là où seuls 33% des proches du PS approuvent Arnaud Montebourg, et 28% Benoît Hamon.

Les deux candidats de la gauche du PS sont en effet davantage soutenus par les sympathisants Front de Gauche (56% pour Arnaud Montebourg, 53% pour Benoît Hamon) et écologistes (51% pour Arnaud Montebourg, 39% pour Benoît Hamon) que par les socialistes. Comme lors de la primaire de droite, l’ampleur de la mobilisation électorale pourrait donc s’avérer décisive.

DANS LA FOULÉE DE SA VICTOIRE À LA PRIMAIRE, L’IMAGE DE FRANÇOIS FILLON DEVIENT PLUS CLIVÉE DANS L’OPINION

La victoire de François Fillon lors de la primaire de droite ne semble pas avoir entrainé de nouveau mouvement d’opinion en sa faveur (43%, stable), mais sa cote de popularité avait gagné 9 points entre septembre et novembre. Cette apparente stabilité cache en réalité de nets mouvements d’opinion qui révèlent un clivage gauche-droite très net. Le réflexe légitimiste est fort chez les sympathisants LR, 84% portant désormais un jugement favorable sur le député de Paris, soit une progression de 16 points. En revanche, la mise en avant de son programme libéral et conservateur dans l’entre-deux tours du scrutin semble avoir raidit les électeurs de gauche, qui ne sont plus que 18% à en avoir une opinion favorable (-10).

LA POPULARITÉ D’EMMANUEL MACRON PROGRESSE

Avec 44% d’opinions favorables, Emmanuel Macron progresse de 3 points et atteint son plus haut niveau depuis son départ du ministère de l’Economie en août dernier. Personnalité politique la plus appréciée des Français derrière Alain Juppé (47%) et Jack Lang (46%), le candidat de En Marche ! est notamment populaire auprès des 60 ans et plus (49%, +3), des cadres supérieurs (55%, +7) et des Français les plus aisés (48%, +2). Les catégories moins bien insérées socialement (catégories populaires, jeunes, etc.) se montrent plus rétives.

En revanche, sa popularité reste nettement plus étale politiquement : 59% l’apprécient à droite (UDI-LR), 58% au MoDem, 45% au PS. Une homogénéité qui pourrait devenir un handicap : dans la plupart de ces catégories de l’électorat, Emmanuel Macron est concurrencé par des candidats plus populaires que lui : François Fillon à droite (84%), François Bayrou au MoDem (80%) et Manuel Valls au PS (56%).

Voir le baromètre de l'action politique Ipsos Le Point depuis 1996 :

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