Baromètre Politique : la popularité de l'Exécutif reste stable après la forte hausse de juin

La vague de juillet du baromètre Ipsos pour Le Point révèle une hausse globale de la popularité de la plupart des personnalités politiques testées, après la baisse généralisée de la vague précédente suite aux élections européennes. Dans ce contexte, les popularités du Président (31% ; -1 point) et du Premier ministre (32% ; +2 points) restent stables après la forte hausse enregistrée le mois dernier.

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  • Mathieu Gallard Directeur d'Études, Ipsos Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs
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La popularité du chef de l’Etat se stabilise à 31% d’opinions favorables (-1 point) après la forte hausse de cinq points à la suite des élections européennes

La popularité du chef de l’Etat ne semble pas éclaboussée par les révélations concernant son ex Ministre de la transition écologique François de Rugy. En effet Emmanuel Macron, qui avait mis au centre de sa campagne de 2017 l’exemplarité de la vie publique, n’enregistre ce mois-ci qu’une très légère baisse de sa popularité (-1 point) et affiche 31% d’opinons favorables contre 64% d’intentions défavorables (stable). Le Président maintient une popularité modeste sans être catastrophique : à titre de comparaison, Nicolas Sarkozy à la même période affichait 45% d’opinions favorables contre 52% de défavorables, François Hollande quant à lui atteignait 20% d’intentions positives et 75% de négatives.

Emmanuel Macron consolide sa base électorale (97% d’opinions positives chez les sympathisants LREM ; +4 points) et stabilise sa popularité à gauche (26% d’intentions favorables chez les sympathisants PS, stable). On note aussi une légère baisse de sa popularité à droite (37% chez les sympathisants LR ; -4 points), mais elle n’annule toutefois pas la forte hausse constatée suite aux européennes. Ainsi, Emmanuel Macron semble capitaliser sur les résultats du scrutin européen où il avait séduit l’électorat de droite et sur l’Acte II du quinquennat annoncé comme plus social et écologique.

La popularité du Premier ministre continue quant à elle sa hausse constante depuis l’hiver dernier. Edouard Phillipe atteint 32% d’opinions favorables, soit 10 points de plus qu’en décembre 2018, retrouvant son niveau de juillet 2018. Le locataire de Matignon dispose d’une base de sympathisants plus large que celle d’Emmanuel Macron : il est notamment plus populaire à droite (46% d’opinions favorables auprès des partisans LR ; +1) là où le Président est à 37% ; il convainc progressivement les sympathisants LREM (90% ; +10 points depuis avril) ; et il séduit ce mois-ci à gauche : 34% d’opinions favorables chez les sympathisants PS (+15 points), là où Emmanuel Macron est à 26%. Il semble donc que ses récentes positions sur l’écologie et le cap davantage social pris par son Gouvernement contente une partie de l’électorat de gauche sans déplaire à sa base historiquement plus à droite.

Après une baisse générale le mois précédent, la popularité de la quasi-totalité des personnalités testées progresse malgré le contexte de la polémique autour de François de Rugy

Le top 5 des dirigeants politiques les plus populaires testés par le baromètre reste stable. Nicolas Hulot se maintient en première place du classement, malgré une légère baisse et passe sous la barre des 50% d’opinions favorables (49% ; -1 point) ; Jack Lang est second huit points derrière (41% d’opinions positives ; +5) ; Alain Juppé et Nicolas Sarkozy occupent respectivement la troisième et la quatrième place avec 34% d’intentions favorables (la différence se fait car l’ancien Président affiche 60% d’avis défavorables, contre 54% pour l’ancien maire de Bordeaux). Jean-Yves Le Drian ferme le top 5 avec 31% d’opinions favorables (+1 point).

Les seules baisses notables sont celle de Yannick Jadot qui n’a pas réussi à capitaliser sur son score et sa présence médiatique suite aux élections européennes. Il compte 22% d’opinions favorables (-5 points) contre 41% de défavorables (+6 points), et ce alors que son solde de notoriété reste globalement stable avec 37% ne pouvant pas se prononcer à son sujet (-1 point). Il enregistre notamment une forte baisse auprès des partisans LREM (27% ; -13 points).

Autre baisse de popularité notable, celle attendue de François de Rugy, dernier du classement avec 9% d’opinions favorables. À la suite des révélations le concernant l’ancien ministre de la Transition écologique et solidaire enregistre une baisse de 5 points d’opinions favorables, et cristallise un fort rejet avec 72% d’opinions défavorables, soit le même niveau que Laurent Wauquiez et juste derrière François Fillon à 74% et Manuel Valls à 77%.

Côté hausses, Anne Hidalgo bénéficie de la plus forte progression, après une baisse de 5 points le mois dernier, remontant à 25% d’opinions favorables (+7 points), soit son plus haut score depuis septembre 2017. Elle réaffirme sa popularité à gauche, notamment auprès des sympathisant PS (60% ; +19) et progresse chez les sympathisants LFI (30% ; +7), ainsi que chez les proches de LREM (28% ; +7). Bien que sa popularité soit en dents de scie (entre 25 et 18% d’intentions favorables depuis le début de l’année), la maire de Paris parait plus populaire, au niveau national, que son concurrent pour les prochaines élections municipales Benjamin Griveaux. Le candidat à la mairie de Paris et ancien porte-parole du Gouvernement est avant dernier du baromètre avec 10% d’opinons positives (-1 point). Malgré une hausse sûrement liée à la polémique autour de son investiture (+5 points), il cristallise moins d’opinions négatives que sa concurrente (53%, quand Anne Hidalgo est à 59%). La hausse des opinions défavorables à son égard se fait particulièrement ressentir chez les sympathisants LREM (38% d’opinions négatives ; +12 points).

On note à gauche la progression constante depuis avril de François Hollande et Bernard Cazeneuve, respectivement à 25% (+6 points depuis avril) et 26% d’intentions favorable (+4 points depuis avril). Jean-Luc Mélenchon quant à lui est en légère hausse à 23% (+1 point) d’opinion favorables, il remonte notamment dans son camp auprès des sympathisants LFI (84% ; +6 points) qui l’avait sanctionné de huit points à la suite des élections européennes. Plus au centre, on note le regain de popularité de Gerard Collomb avec 24% d’opinions favorables (+5 points). L’ancien ministre de l’Intérieur, qui vient d’annoncer sa candidature pour sa propre réélection à la tête de la mairie de Lyon retrouve ainsi son niveau de popularité de mars 2019.

A droite l’ensemble des cadres regagnent une partie du terrain perdu après les fortes chutes du mois dernier : Xavier Bertrand (28% ; +1), Valérie Pécresse (24% ; +3), Éric Ciotti (15% ; +6), Laurent Wauquiez (12% ; +1). François Baroin en particulier est à 26% (+4 points), il retrouve sa popularité d’avant la défaite du parti aux élections européennes. Le maire de Troyes est surtout très populaire chez les partisans LR, 63% d’opinions favorables (+5 points), ce qui le place en seconde position derrière Nicolas Sarkozy, qui reste très haut et progresse même au sein de son électorat (89% ; +6 points). Marine Le Pen quant à elle est à 29% d’opinions favorables (-1 point) alors que Marion Marechal est à 27% (+1), cette dernière retrouve en popularité auprès des sympathisants RN (81% ; +10 points) après la perte de ces mêmes dix points lors de la précédente vague.

Voir le baromètre de l'action politique Ipsos / Le Point depuis 1996 :

Fiche technique :
Enquête réalisée par Ipsos pour Le Point auprès de 1000 personnes interrogées les 19 et 20 juillet 2019 et constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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  • Mathieu Gallard Directeur d'Études, Ipsos Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs

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