Baromètre politique : La popularité d’Emmanuel Macron au plus bas

En pleine « affaire Benalla », la popularité d’Emmanuel Macron recule de 4 points pour s’établir à 32%, soit son niveau le plus bas depuis septembre 2017. Ce résultat amplifie la tendance à la baisse observée ces derniers mois, d’autant plus significatif qu’Emmanuel Macron atteint ce mois-ci un record d’impopularité : 60% des Français sont désormais défavorables à son action.

Baromètre politique : La popularité d’Emmanuel Macron au plus bas

Auteur(s)

  • Mathieu Gallard Chef de Groupe, Ipsos Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs
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La popularité du Président continue de baisser (notamment auprès des cadres)

Il ne profite pas des mêmes dynamiques d’opinion que ses prédécesseurs. 32% des Français jugent favorablement l’action du président de la République en juillet, soit un score en baisse de 4 points en un mois. Parallèlement, Emmanuel Macron atteint un record d’impopularité puisque 60% sont désormais défavorables à son action. Cette diminution de sa cote de popularité est singulière pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, les Présidents ne souffrent généralement pas d’un déficit de popularité avant la rentrée, l’été étant propice à un meilleur état d’esprit des Français. Ainsi, les cotes de popularité de François Hollande et de Nicolas Sarkozy étaient restées stables à la même période (voire avaient légèrement progressé).
Par ailleurs, « l’affaire Benalla » n’en était qu’à ses prémices lorsque les Français ont été interrogés : cette baisse conséquente montre donc qu’il ne s’agit pas d’un simple fait d’actualité mais d’une nouvelle ayant un réel impact sur l’opinion publique.
Enfin, à la suite de la coupe du monde de 1998, Jacques Chirac avait bénéficié d’une forte hausse de sa cote de popularité (+15 points). Un phénomène que l’on n’observe pas aujourd’hui. Précisons toutefois que le contexte était différent à plusieurs niveaux : la France avait alors un Gouvernement de cohabitation, et à l’époque l’impact du résultat d’une coupe de monde de football sur l’opinion n’avait pas du tout été anticipé ni par les Français, ni par les observateurs politiques.

L’évolution des opinions favorables à l’égard du président de la République après un an de mandat
L’évolution des opinions favorables à l’égard du président de la République après un an de mandat

Autre enseignement majeur de cette vague de juillet 2018 : la cote de popularité du président de la République baisse particulièrement auprès des cadres (catégorie jusque-là particulièrement bienveillante à l’égard de son action). Les opinions défavorables sont désormais majoritaires auprès de cette population, après une progression constante depuis mars 2018. Quant aux retraités, qui étaient aussi majoritairement favorables à l’action d’Emmanuel Macron en mai 2017 (53%, contre 20% d’opinions défavorables), ils n’ont jamais été aussi critiques qu’aujourd’hui. En juillet 2018, seuls 34% d’entre eux déclarent être favorables à son action tandis que 61% y sont défavorables – créant ainsi un solde favorables-défavorables particulièrement important. Le président de la République enregistre ainsi un solde négatif auprès de toutes les catégories professionnelles.

 

L’évolution de la popularité d’Emmanuel Macron auprès des cadres
L’évolution de la popularité d’Emmanuel Macron auprès des cadres

Sur le plan politique, les sympathisants LR sont à nouveau particulièrement sceptiques (34% de favorables, -10, et 63% de défavorables, +8 points), ne permettant donc pas à Emmanuel Macron de capitaliser sur les opinions positives enregistrées le mois dernier. 

Quant à la popularité du Premier ministre, celle-ci baisse également mais un peu plus légèrement que le président de la République à 32% (-2 points), soit quasiment son plus bas niveau depuis sa nomination (31%, en mai 2017). Notons qu’il repasse légèrement devant le président de la République auprès des sympathisants LR (35% d’adhésion, contre 34% pour Emmanuel Macron), sans que cette avance ne soit réellement significative. 

Des dirigeants de l’opposition qui pour l’instant ne profitent pas de « l’affaire Benalla »

L’enquête ayant eu lieu vendredi et samedi derniers (soit avant les auditions de la Commission de l’Assemblée Nationale), les personnalités d’opposition n’ont eu que peu de temps pour s’exprimer. Olivier Faure continue de souffrir d’une faible notoriété, 56% (-3) des Français ne se prononçant pas à son égard. Quant à Jean-Luc Mélenchon, il bénéficie de 27% (+1) d’opinions positives.

À droite de l’échiquier politique, si Valérie Pécresse perd 10 points auprès des sympathisants LR (53% d’opinions positives) suite à sa très forte progression du mois dernier, elle garde la troisième place auprès de sa famille politique. Laurent Wauquiez, lui, ne voit pas sa popularité évoluer (16% d’opinions favorables, +1, auprès de l’ensemble des Français et 38%, stable, auprès des sympathisants LR).

Gérard Collomb, avant son audition, atteignait d’ores-et-déjà un record d’impopularité

À l’exception de Gérard Collomb, la perception des ministres a peu évolué ce mois-ci. Vendredi et samedi, suite à l’annonce de la prochaine audition du ministre de l’Intérieur, 48% des Français avaient une opinion défavorable de ce dernier, un record (+1 en un mois, mais surtout +8 depuis avril lors des discussions à l’Assemblée sur la loi Asile et Immigration). À l’inverse, 23% (stable) étaient favorables à son action. Notons qu’auprès des sympathisants PS, la cassure semble définitivement prononcée : pour le deuxième mois consécutif les opinions négatives à son égard constituent le socle majoritaire (58%, +4) tandis que seul un cinquième de son ancienne famille politique le soutient (20%, -5 en un mois et -12 en deux mois, soit son plus bas niveau).

Notons qu’auprès de l’ensemble des Français Agnès Buzyn voit les opinions favorables à son égard baisser de 3 points et atteindre 13%, probablement en raison de l’échec de la mise à l’agenda du plan pauvreté.

Voir le baromètre de l'action politique Ipsos / Le Point depuis 1996 :

 

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  • Mathieu Gallard Chef de Groupe, Ipsos Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs

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