Baromètre Politique : La popularité d'Emmanuel Macron se stabilise à un bas niveau

Suite à un fort recul enregistré le mois dernier, Emmanuel Macron voit sa cote de popularité se stabiliser à 26% (+1 point), alors que son Premier ministre (31%, +5 points) le devance significativement pour la première fois depuis le début du quinquennat. La médiatisation récente de Marlène Schiappa relative au remaniement ministériel et à ses ambitions à Paris et au sein de LREM conduisent à une hausse sensible de sa notoriété et de sa popularité (25%, +8 points). Au contraire, Jean-Luc Mélenchon (23%, -7 points) subit les conséquences des enquêtes judiciaires et surtout de son comportement lors de ses récentes perquisitions.

Baromètre Politique : La popularité d'Emmanuel Macron se stabilise à un bas niveau

Auteur(s)

  • Mathieu Gallard Chef de Groupe, Ipsos Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs
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Pour la première fois, Edouard Philippe devance nettement Emmanuel Macron en termes de popularité

26% des Français jugent favorablement l’action d’Emmanuel Macron en octobre, un chiffre en progression d’un point par rapport au mois dernier. Parallèlement, la part des Français qui portent un jugement défavorable sur l’action du Président gagne elle aussi un point et s’établit à 70%. Dans le détail, le recul de la cote de popularité de chef de l’Etat auprès des catégories moyennes et supérieures, déjà très marqué le mois dernier, se poursuit : -5 points chez les cadres (35%) et -3 points chez ceux qui disposent d’un niveau de revenu supérieur (31%). Emmanuel Macron ne dépasse plus les 35% de jugement favorable dans aucune catégorie sociodémographique importante.

À noter que si François Hollande était très légèrement moins populaire à ce stade de son mandat en octobre 2013 (24%), il faisait en revanche face à sensiblement moins de jugements « très défavorables » (35% contre 41%) qu’Emmanuel Macron. Nicolas Sarkozy en octobre 2008 (41%) et Jacques Chirac en octobre 2003 (50%) et en octobre 1996 (32%) se situaient quant à eux à des niveaux de popularité plus élevés.

Quant à Edouard Philippe, il gagne 5 points de popularité pour s’établir à 31%, contre 59% de jugements défavorables (-4 points). Pour la première fois dans notre baromètre, le Premier ministre est donc significativement plus apprécié dans l’opinion publique que le président de la République. Cet écart est notamment lié au fait que Edouard Philippe bénéficie d’une meilleure image chez les 60 ans et plus (41% contre 32%), chez les Français disposant d’un revenu supérieur (38% contre 31%) et chez les sympathisants de son ancien parti, Les Républicains (40% contre 29%).

La popularité de Marlène Schiappa progresse nettement en octobre

Le départ de Gérard Collomb du gouvernement a conduit à une progression de sa popularité : 26% des Français (+5 points) portent désormais un jugement favorable sur son action, contre 53% (-3 points) qui portent un jugement négatif. Il gagne ainsi 9 places dans le classement des personnalités politiques du baromètre, se situant désormais en 10ème place sur 33. L’ancien ministre de l’intérieur progresse fortement chez les sympathisants PS (+14 points à 36%) et LR (+11 points à 34%) mais sans surprise, il recule aussi nettement parmi les proches de LREM (-12 points à 41%).

Christophe Castaner bénéficie d’une légère progression suite à sa nomination au ministère de l’intérieur : 20% des Français jugent favorablement son action, en hausse de 3 points (contre 46% qui portent un jugement négatif, +1 point). Cette hausse s’explique notamment par une augmentation de sa notoriété : 34% des Français n’ont pas d’opinion à son égard, en recul de 4 points en un mois. Le nouveau ministre est désormais la personnalité la plus appréciée par les sympathisants LREM avec 66% de jugements favorables (+12 points).

C’est toutefois Marlène Schiappa qui progresse le plus en octobre (25%, +8 points), à la fois grâce à une progression de sa notoriété (-5 points de « ne sait pas » à 34%) et à une diminution des opinions négatives (-3 points à 41%). Elle engrange notamment des points chez les sympathisants LREM (54%, +11 points), mais aussi au PS (37%, +16 points) et chez LR (25%, +9 points). La Secrétaire d’Etat bénéficie sans doute de la médiatisation liée à sa promotion à l’occasion du remaniement gouvernementale et aux spéculations sur sa candidature à la Mairie de Paris et/ou à la tête de LREM.

Jean-Luc Mélenchon recule fortement suite aux perquisitions dont lui et son parti ont été l’objet

Parmi les autres personnalités testées dans le baromètre, Jean-Luc Mélenchon connaît le plus fort recul, en perdant 7 points par rapport à septembre pour s’établir à 23% de jugements positifs et à la 17ème place du classement, en recul de 11 places en un mois. Le leader de gauche souffre incontestablement des enquêtes judiciaires qui le visent et de son coup d’éclat lors des perquisitions dans les locaux de la France Insoumise et à son domicile, à tel point qu’il atteint son plus bas niveau de popularité depuis l’été 2011. A noter toutefois que ce mouvement concerne assez peu sa base électorale : il ne perd qu’un point parmi les sympathisants FI/PCF (83%) même si la part des jugements défavorables progresse de 5 points à 17%. Dans le cercle un peu plus large de son électorat du premier tour de 2017, il perd en revanche 9 points (74%), et il recule aussi davantage parmi les sympathisants PS (32%, -4 points), LREM (9%, -3 points), LR (10%, -5 points) et surtout RN (13%, -11 points).

L'évolution de la cote de popularité de Nicolas Hulot

L'évolution de la popularité de Jean-Luc Mélenchon

 

Plus à droite, Laurent Wauquiez recule légèrement au sein du grand public (-3 points à 15%) mais nettement plus fortement chez les sympathisants Républicains (-7 points à 39%), parmi lesquels les jugements négatifs sont à nouveau majoritaires (49%, +6 points). Il se situe donc à la 10ème place du classement des sympathisants LR, loin derrière Nicolas Sarkozy (77% de jugements favorables), Alain Juppé (67%) ou François Fillon (55%). Même Marion Maréchal-Le Pen (44%, +13 points) le devance désormais au sein de son propre parti.

Voir le baromètre de l'action politique Ipsos / Le Point depuis 1996 :

 

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  • Mathieu Gallard Chef de Groupe, Ipsos Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs

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