Baromètre politique : La rentrée difficile de l’Exécutif se solde par une forte dégradation de sa popularité

Après un été marqué par l’affaire Benalla, les mauvais chiffres économiques de la rentrée et la démission surprise de Nicolas Hulot ont profondément dégradé la perception que les Français ont de l’Exécutif : la cote de popularité d’Emmanuel Macron recule très fortement (-7 points), atteignant 25%, le plus bas niveau pour un Président à ce stade de son mandat. Au contraire, l’ancien ministre de la Transition écologique profite de son retrait : il gagne 12 points, retrouvant presque son niveau de popularité de juin 2017.

Baromètre politique : La rentrée difficile de l’Exécutif se solde par une forte dégradation de sa popularité

Auteur(s)

  • Mathieu Gallard Chef de Groupe, Ipsos Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs
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La popularité d’Emmanuel Macron recule fortement, notamment parmi sa base électorale

La rentrée s’avère particulièrement difficile pour Emmanuel Macron : il perd 7 points dans notre baromètre de popularité pour s’établir à 25% de jugements favorables. En parallèle, 69% des Français (+9 points) ont désormais un jugement négatif sur son action. Un tel niveau le situe légèrement sous la cote de popularité de François Hollande au même stade de son mandat (27%), et largement sous celle de Nicolas Sarkozy (42%) ou Jacques Chirac (55%). La tendance est le même pour Edouard Philippe, qui perd 6 points de popularité (26%).

L’évolution de la cote de popularité des présidents de la République depuis 2002

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Les nombreuses polémiques récentes (affaires Benalla et Nyssen), les prévisions décevantes concernant la croissance économique et surtout la démission surprise de Nicolas Hulot expliquent ce brusque recul. Ainsi, les chutes sont particulièrement fortes parmi les catégories de la population traditionnellement les plus préoccupées par la question environnementale, notamment les revenus supérieurs (34%, -8 points), les cadres (39%, -10 points) et les habitants de l’agglomération parisienne (27%, -15 points). Pour la première fois, le cœur de la coalition électorale qui avait porté Emmanuel Macron au pouvoir s’en détache très majoritairement

Ce recul est d’ailleurs perceptible même parmi les sympathisants de La République en Marche (84%, -6 points), qui pour la première fois soutiennent le Président à nettement moins de 90%. Parallèlement, les jugements favorables envers l’action d’Emmanuel Macron atteignent leurs plus bas niveaux depuis le début du quinquennat aussi bien chez les sympathisants PS (23%, -9 points) que LR (25%, -9 points). 

L’évolution de la cote de popularité d’Emmanuel Macron selon la sympathie partisane

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Cette vague du baromètre confirme que la rentrée est une période difficile pour Emmanuel Macron : en septembre 2017, il avait déjà perdu 10 points durant l’été. Mais il y a un an, le Président pouvait pour rebondir s’appuyer sur la dynamique de la campagne électorale, sur un socle électoral solide, sur un Premier ministre et un n°2 du Gouvernement appréciés dans l’opinion et sur une opposition affaiblie. Seul ce dernier atout reste aujourd’hui entre les mains du chef de l’Etat : Jean-Luc Mélenchon progresse certes de 3 points en septembre pour s’établir à 30% de jugements favorables, mais sa popularité reste cantonnée aux sympathisants FI/PCF (84%). Le constat est le même pour Marine Le Pen (90% de jugements favorables au FN mais 24% au global), alors que Laurent Wauquiez suscite des réticences jusque dans son camp (46% de jugements favorables contre 43% de jugements défavorables chez les sympathisants LR). Enfin, Olivier Faure souffre toujours d’un déficit criant de notoriété : 55% des Français et 48% des sympathisants PS n’ont pas d’opinion à son égard.

Dans l’opinion, Nicolas Hulot profite de sa sortie du Gouvernement 

Si la démission de Nicolas Hulot a eu un impact très négatif sur l’image du Président, elle permet au contraire au principal intéressé de retrouver la première place du classement des personnalités politiques du baromètre. Avec 53% de jugements favorables, l’ancien Ministre progresse de 12 points, retrouvant son meilleur niveau depuis juin 2017, au moment de sa nomination. Sa progression est forte aussi bien parmi les sympathisants FI/PCF (59%, +15 points) que LR (57%, +19 points) ou FN (46%, +20 points), et son image s’améliore même sensiblement chez les proches de LREM (69%, +6 points) malgré son départ du Gouvernement. 

L’évolution de la cote de popularité de Nicolas Hulot

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A noter en revanche que le remplaçant de Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique et solidaire bénéficie d’une notoriété plus faible et d’une image moins positive : quatre Français sur dix n’ont à ce stade pas d’opinion à l’égard de François de Rugy, et parmi ceux qui le connaissent suffisamment, seuls 16% émettent un jugement favorable, contre 45% un jugement défavorable. 

Voir le baromètre de l'action politique Ipsos / Le Point depuis 1996 :

 

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  • Mathieu Gallard Chef de Groupe, Ipsos Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs

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