Baromètre Politique : Les critiques à l’égard de l'Exécutif se durcissent

En plein mouvement des « gilets jaunes », la popularité d’Edouard Philippe recule de 4 points pour s’établir à 27%, soit quasiment son plus bas niveau depuis sa nomination il y a un an et demi (26% en septembre dernier). Quant au président de la République, si ses soutiens semblent à première vue rester stables (26%), les jugements « très défavorables » à son égard atteignent un niveau jusqu’ici inégalé, notamment chez les catégories populaires et en milieu rural.

Auteur(s)

  • Mathieu Gallard Directeur d'Études, Ipsos Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs
Get in touch

Comme le mois dernier, environ un quart des Français (26%, stable) juge favorablement l’action du président de la République en novembre, contre une large majorité (70%, inchangé) d’opinions négatives. Cette apparente stabilité masque néanmoins un durcissement de l’opinion à son égard. En effet, la part de Français portant un jugement « très défavorable » sur l’action d’Emmanuel Macron progresse de 3 points et atteint 44%, un record depuis mai 2017. Ce phénomène est plus marqué chez les sympathisants de la France Insoumise (72% d’avis très défavorables, +16 points en un mois), des proches du Parti socialiste (50%, +15 points) et du Rassemblement national (74%, +5 points).

Evolution de la popularité d'Emmanuel Macron
Évolution des jugements défavorables envers Emmanuel Macron


Mais cette crispation obéit aussi à des logiques sociales et territoriales. Certaines catégories de population, plus directement concernées par la hausse des taxes sur les combustibles et, plus largement, par la question du pouvoir d’achat, manifestent massivement leur mécontentement. C’est notamment le cas des ouvriers (87% d’insatisfaits, +9 pts,), des revenus moyens-faibles (75%, dont 52% d’avis très négatifs, +17 points) ou encore des habitants des communes rurales (78%, dont 55% de très mauvaises opinions, +11 pts. en un mois).
En première ligne face au mouvement des « gilets jaunes », Edouard Philippe voit lui aussi sa popularité se dégrader. Il atteint même un record d’impopularité puisque 65% des Français (+6 points) sont désormais défavorables à son action, contre seulement 27% qui en ont une opinion positive. Là encore, ce sont les avis « très défavorables » qui progressent le plus (37%, +8 points depuis octobre), notamment chez les sympathisants insoumis (60%, +15 pts.), socialistes (43%, +16 pts.) et ceux du Rassemblement national (69%, +17 pts). Enfin, comme pour le président de la République, les ouvriers se montrent aujourd’hui particulièrement hostiles (82% d’opinions négatives dont 55% de très négatives, +20 pts.), de même que les revenus moyens-faibles (72%, dont 46% de très défavorables, +24 pts.) et les habitants des zones rurales (76%, dont 50% d’avis très critiques, +17 points en un mois).

Des dirigeants de l’opposition qui à ce stade ne profitent pas du mouvement des « gilets jaunes »

Les difficultés que rencontre le couple exécutif ne semblent pas pour autant profiter aux leaders de l’opposition. Dans un palmarès toujours dominé par Nicolas Hulot (50% de bonnes opinions, -2 points par rapport à octobre), Jack Lang (42%, -2 pts) et Alain Juppé (42%, +1 point), Marine Le Pen n’apparaît qu’à la 11ème place avec 27% d’avis favorables, en très légère hausse de 2 points. Elle est suivie de près par Jean-Luc Mélenchon, qui parvient tout juste à enrayer la forte baisse enregistrée le mois dernier, liée à son comportement lors des perquisitions dans les locaux de la France Insoumise et à son domicile. Le leader LFI recueille ce mois-ci 24% d’opinions positives (+1 pt.), contre 69% d’avis critiques.
À droite de l’échiquier politique, si Laurent Wauquiez gagne 3 points de popularité et 13 points chez les Républicains, il reste toujours en bas du palmarès établi par l’ensemble des Français (26ème place sur 34, avec seulement 18% de bonnes opinions) et en 7ème position parmi les leaders préférés des sympathisants LR (à 52%), loin derrière Nicolas Sarkozy (78%), Alain Juppé (71%) ou encore François Fillon (69%). Quant à Nicolas Dupont-Aignan, qui pourtant a fait de la baisse des taxes l’un des axes de son combat politique, il reste stable à 19%, contre 62% de jugements défavorables.
Enfin, Olivier Faure souffre toujours d’un fort déficit de notoriété : 54% des Français et même 52% des sympathisants socialistes ne parviennent toujours pas à se prononcer sur son action politique. Dans le palmarès établi par ces derniers, il n’apparaît qu’en 13ème position (24% de bonnes opinions contre 24% d’avis négatifs), très loin derrière Jack Lang (70%), Nicolas Hulot (69%), Martine Aubry (64%) et Ségolène Royal, qui fait un retour remarqué dans ce baromètre avec 58% de jugements positifs auprès des sympathisants du PS, contre 36% de mauvaises opinions.

Voir le baromètre de l'action politique Ipsos / Le Point depuis 1996 :

 

Téléchargement

Auteur(s)

  • Mathieu Gallard Directeur d'Études, Ipsos Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs

Plus de contenus sur Fonction & Services Publics

Société