Baromètre politique : nouveau décrochage de la popularité de l’exécutif

Difficultés à faire adopter la réforme constitutionnelle au sénat, manifestations contre la réforme du code du travail, le contexte est particulièrement difficile pour le Gouvernement et les Français accentuent leurs critiques contre François Hollande et Manuel Valls. L’exécutif n’est pas le seul affecté par la baisse de popularité : un grand nombre de leaders politiques à droite comme à gauche sont en recul, signe d’un sentiment de défiance généralisé dans l’opinion.

Auteur(s)

  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs
  • Vincent Dusseaux Directeur d'études, Ipsos Loyalty
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LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE EST TOUJOURS PLUS IMPOPULAIRE

80% des Français (+5) sont défavorables à l’action de François Hollande, contre 15% (-5) qui y sont favorables. Sans être un record d’impopularité, il s’agit d’un des plus mauvais scores pour François Hollande depuis le début du quinquennat. C’est surtout à gauche que les jugements négatifs progressent, y compris dans son propre camp au PS. François Hollande perd 13 points de popularité chez les sympathisants du Front de Gauche (8% d’avis favorables) et 3 points chez Europe-Ecologie/Les Verts (19%). Surtout, il recule fortement au PS (39%, -13). Dans la perspective de 2017, son socle de popularité est de plus en plus réduit dans son électorat. 30% seulement de ses électeurs du premier tour de 2012 soutiennent son action, soit une baisse de 17 points par rapport à février et de 30 points par rapport à janvier. Ces baisses ne sont pas compensées par des progressions au centre : 3% seulement des sympathisant UDI soutiennent l’action de François Hollande, 18% au Modem. Le président de la République est toujours aussi inaudible dans l’opinion : malgré l’annonce d’une revalorisation du point d’indice pour les fonctionnaires, il perd 6 points de popularité chez les salariés du public (17%). Il est désormais très impopulaire chez les cadres (14% d’avis positifs -14).

LA NOUVEAUTÉ DE LA VAGUE CONCERNE MANUEL VALLS

Le Premier ministre, dont la popularité avait plutôt bien résisté depuis sa nomination à Matignon, est désormais sous le feu des critiques. 26% (-9) des Français soutiennent son action, contre 68% (+8) qui s’y opposent. C’est un record d’impopularité pour Manuel Valls et l’un des plus mauvais résultats pour un Premier ministre en exercice depuis la création du baromètre. En 20 ans, seuls trois premiers ministres ont égalé cette contreperformance : Alain Juppé en 1996, Jean-Pierre Raffarin au lendemain du référendum de 2005 et Jean-Marc Ayrault en 2013.
Comme le Président, le Premier ministre perd le soutien d’un grand nombre de sympathisants de gauche. Il recule de 10 points au Front de Gauche, de 9 points chez Europe-Ecologie/Les Verts et de 19 points au PS où il n’a jamais été aussi bas (41% d’avis positifs, contre 54% d’avis négatifs). En revanche, il résiste au centre avec 49% d’avis favorables au Modem et 36% à l’UDI. Il conserve un certain potentiel auprès de cet électorat : 33% des électeurs de François Bayrou en 2012 sont favorables à son action.

CÔTÉ LEADERS POLITIQUES, LA SITUATION N’EST GUÈRE MEILLEURE

Un grand nombre de personnalités sont en baisse dans cette vague et seulement trois conservent un solde d’opinions favorables positif, signe que la défiance est généralisée et qu’aucune personnalité n’émerge vraiment dans la perspective du scrutin présidentiel.

Alain Juppé garde la tête du palmarès des personnalités, mais le Maire de Bordeaux  n’est pas dans une dynamique favorable. Il connait l’une des plus fortes baisses du mois (-6 points et -12 en deux mois). Avec 48% de jugements positifs, il réalise son plus mauvais score depuis février 2014.
François Bayrou est également en recul (-6). Il est très populaire au Modem (80%, +8) mais ne parvient pas à élargir le cercle de ses soutiens (36% d’avis positifs à l’UDI -6 et 42%, -11 au PS).
Christiane Taubira ne fédère pas à gauche les déçus de l’action gouvernementale.  Elle décroche chez les sympathisants EELV (50%, -13) et Front de Gauche (59%, -7).
Jean-Luc Mélenchon est dans une dynamique plus favorable : il gagne 5 points de popularité auprès de l’ensemble des Français et fait le plein chez les sympathisants Front de Gauche (82%, +8) mais divise toujours au PS (43% d’avis favorables, contre 52% d’avis défavorables).

À DROITE, TOUS LES CANDIDATS À LA PRIMAIRE PERDENT DU TERRAIN DANS L’ÉLECTORAT DE DROITE

Alain Juppé (62% -6) rejoint Nicolas Sarkozy (62% -1) dans le classement des personnalités préférées des sympathisants LR. L’ancien président a endigué sa forte chute d’après les élections régionales, mais ne regagne pas les points perdus. Les candidats officiellement déclarés à la primaire sont également en recul chez les sympathisants LR : François Fillon perd 2 points (58%), Nathalie Kosciusko-Morizet 5 points (45%), Bruno Le Maire 9 points (38%) et Jean-François Copé 1 point (34%).

À treize mois de l’élection présidentielle, aucun candidat officiel ou potentiel ne semble trouver grâce aux yeux des Français.

Voir le baromètre de l'action politique Ipsos Le Point depuis 1996 :

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  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs
  • Vincent Dusseaux Directeur d'études, Ipsos Loyalty

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