Baromètre Politique : Nouvelle progression de la popularité de l’Exécutif en novembre

La dernière vague du Baromètre Politique Ipsos / Le Point montre que la popularité du Président (37%, +3) comme du Premier ministre (36%, +3) continue de progresser en novembre, notamment grâce à une amélioration parmi la base sociale (CSP+, diplômés du supérieur) et politique (sympathisants LREM-MoDem) de la majorité. Alors que la plupart des leaders de l’opposition sont en baisse ce mois-ci, on note une remontée sensible de la cote de Nicolas Sarkozy (30%, +5), qui se situe désormais en 5e place de notre classement.

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  • Mathieu Gallard Directeur d'Études, Ipsos Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs
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La popularité du Président comme du Premier ministre continue de progresser en novembre

Après une légère progression en octobre (+2 pts), la cote de popularité d’Emmanuel Macron gagne à nouveau trois points en novembre et s’établit à 37%. Les jugements négatifs restant nettement majoritaires et stables (53%, -1 pt), l’embellie est essentiellement liée à un recul des sans opinions (-4 pts en deux mois).

Cette progression a notamment lieu au sein des catégories sociales et politiques déjà les plus enclines à soutenir le président de la République : les cadres (54%, +8 pts) et les professions intermédiaires (42%, +9 pts), les diplômés du supérieur (47%, +7 pts) et les sympathisants LREM-MoDem (87%, +6 pts). En revanche, les catégories populaires restent toujours très réticentes, et la hausse de la popularité du chef de l’Etat y est moins forte : 27% (+1 pt) chez les employés, 25% (+3 pts) chez les ouvriers, 31% (+1 pt) chez les détenteurs d’un diplôme inférieur au baccalauréat.

Par ailleurs, les critiques visant la politique de la majorité jugée par certains trop favorable aux plus riches semblent peu à peu avoir un effet à gauche : pour la première fois depuis mai, Emmanuel Macron est sensiblement moins populaire parmi les sympathisants PS (39%) que LR (44%), et on constate que son net recul depuis mai chez les premiers (-25 pts) est contrebalancé par une grande stabilité à droite (-3 pts).

L’évolution de la cote de popularité d’E. Macron chez les sympathisants PS et LR
Evolution de la cote de popularité d’E. Macron chez les sympathisants PS et LR

Malgré cette progression depuis deux mois, Emmanuel Macron se situe à ce stade de son mandat à un niveau nettement inférieur à ses prédécesseurs : en novembre 2012, François Hollande était crédité de 41% de jugements favorables, Nicolas Sarkozy de 58% en novembre 2007 et Jacques Chirac de 62% en novembre 2002. Toutefois, Emmanuel Macron se distingue depuis deux mois par sa capacité à progresser, alors que François Hollande comme Nicolas Sarkozy subissaient une érosion de leur popularité à la même époque. Seul Jacques Chirac connaissait lui aussi une hausse de sa popularité à l’automne 2002, mais elle était davantage liée à des évènements extérieurs (opposition aux Etats-Unis sur la future intervention militaire en Irak) qu’à la situation politique intérieure française.

L’évolution de la cote de popularité d’E. Macron et de ses prédécesseurs en début de mandat
L’évolution de la cote de popularité d’E. Macron et de ses prédécesseurs en début de mandat

La cote de popularité du Premier ministre gagne elle aussi 3 points, à 36% de jugements positifs. Contrairement au président de la République, les jugements négatifs sont en net recul (45%, - 4 pts). Ce sont là aussi avant tout les catégories moyennes supérieures qui soutiennent Edouard Philippe (46% chez les cadres, 44% parmi les ménages aisés, 43% chez les diplômés du supérieur), et on note une nette dynamique en sa faveur parmi les sympathisants de droite : +7 points en un mois et même + 13 points depuis septembre parmi les sympathisants LR.

La popularité de Christophe Castaner et de Jean-Michel Blanquer progresse nettement

Dans ce contexte globalement favorable à l’Exécutif, la cote de popularité des principaux ministres évolue de manière divergente. Christophe Castaner (18%, +4 pts) et Jean-Michel Blanquer (14%, +3 pts) progressent, tous deux portés par une présence médiatique assez forte au cours des dernières semaines. En revanche, Nicolas Hulot, s’il reste en tête du classement, perd 3 points en novembre à 45% d’opinions favorables.

La cote de popularité des autres membres du Gouvernement reste globalement stable, et avant tout marquée par une faible notoriété : plus de la moitié des Français restent incapables de se prononcer à propos de Muriel Pénicaud (56%) ou de Gérald Darmanin (52%).

Laurent Wauquiez ne convainc qu’un sympathisant LR sur deux

La tendance est à la baisse parmi les personnalités de l’opposition, mais on note tout de même quelques progressions notables, au premier rang desquelles celle de Nicolas Sarkozy : l’ancien chef de l’Etat gagne 5 points à 30%, et se situe désormais en 5ème place de notre classement. Il gagne même 18 points parmi les sympathisants LR, chez qui il est de loin la personnalité la plus appréciée avec 83% de jugements favorables, son meilleur score depuis 3 ans. On relève aussi la nette hausse de la popularité de François Fillon parmi l’ensemble des Français (21%, +4 pts) et surtout parmi les sympathisants LR (65%, +11 pts) où il se situe désormais en deuxième position. En revanche, le favori de l’élection interne du 10 décembre chez Les Républicains est en difficulté : Laurent Wauquiez recule de 4 points à 48% de jugements favorables chez les sympathisants LR (en 7ème position), et parmi l’ensemble des Français, il se situe à la 25ème place du classement (sur 33) avec 17% de jugements favorables, contre 51% de jugements défavorables. 

Jean-Luc Mélenchon reste la personnalité de gauche la plus appréciée des Français (28%, -2 pts) devant Martine Aubry (23%, -1 pt) et Christiane Taubira (23%, -1 pt). Si le leader de la France Insoumise est quasi-unanimement apprécié parmi les sympathisants FI-PCF (91%), il est en revanche très majoritairement impopulaire au PS (29% de jugements favorables contre 61% de défavorables) et est très rejeté dans les autres partis.

A l’extrême-droite, Marion Maréchal-Le Pen et Marine le Pen se situe au même niveau (respectivement 24% et 23%) auprès de l’ensemble des Français, mais la dirigeante du FN (88%) reste devant sa nièce (76%) chez les sympathisants FN : les difficultés actuelles du parti ne semblent pas conduire ses électeurs à souhaiter un changement de leader.

 

Voir le baromètre de l'action politique Ipsos Le Point depuis 1996 :

 

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  • Mathieu Gallard Directeur d'Études, Ipsos Public Affairs
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