Baromètre politique : Une rentrée difficile pour Emmanuel Macron et Edouard Philippe

4 mois après son élection, les Français portent désormais un regard majoritairement négatif sur l’action d’Emmanuel Macron : 54% jugent défavorablement son action, en progression de 12 points en deux mois, quand seuls 32% émettent un avis favorable. La popularité du Premier ministre suit elle aussi une pente descendante. Toutefois, aucun des leaders de l’opposition ne tire parti des difficultés de l’Exécutif : seuls Alain Juppé (38%) et Jean-Luc Mélenchon (31%) se situent au-dessus des 30% de popularité, mais tous les deux sont en recul.

Baromètre politique : Une rentrée difficile pour Emmanuel Macron et Edouard Philippe

Auteur(s)

  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs
  • Mathieu Gallard Chef de Groupe, Ipsos Public Affairs
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La popularité d’Emmanuel Macron recule de 10 points pendant l’été, et atteint le plus bas niveau de ce baromètre pour un Président en début de mandat

Après un été difficile pour l’Exécutif, la popularité du président de la République et de son Premier ministre enregistrent une chute brutale en septembre dans le baromètre politique Ipsos-Le Point. Avec 32% de jugements favorables sur son action, un chiffre en recul de 10 points par rapport à juillet, Emmanuel Macron se situe à un niveau nettement inférieur à ceux enregistrés par ses prédécesseurs : 44% pour François Hollande en septembre 2012, 64% pour Nicolas Sarkozy en septembre 2007 ou encore 52% pour Jacques Chirac en septembre 2002. En parallèle, plus d’un Français sur deux (54%, +12 points) porte désormais un jugement défavorable sur l’action du chef de l’Etat. A noter que 14% des Français restent encore indécis quant à l’action du Président.

L’évolution de la popularité des Présidents en début de mandat

L’évolution de la popularité des Présidents en début de mandat

Ce recul est généralisé, concernant l’ensemble de l’échiquier politique. Seuls les sympathisants LREM soutiennent encore majoritairement Emmanuel Macron, avec 89% de jugements favorables, mais même au sein de son propre camp, le président de la République perd 5 points. Sa cote de popularité est en revanche désormais négative non seulement au FN (9%) et à la FI (14%), mais aussi chez les proches du PS (39%, -23 points) et des Républicains (37%, -13 points), où les reculs enregistrés sont très marqués. Sociologiquement, ses soutiens se recrutent davantage parmi les cadres (46%), les plus diplômés (43%) et les revenus supérieurs (43%), confirmant les enseignements de l’élection présidentielle. A noter aussi que les 60 ans et plus (36%) sont plus enclins que les 35-59 ans (33%) et les moins de 35 ans à approuver le Président (27%), les plus âgés se montrant souvent plus « légitimistes » vis-à-vis du chef de l’Etat.

La tendance est similaire concernant le Premier ministre : sa popularité perd 9 points pour s’établir à 32%, et les jugements défavorables sont désormais plus importants (48%, +12 points). La part des indécis à l’égard d’Edouard Philippe reste cependant très conséquente : 20% sont encore sans opinion sur son action. Si les sympathisants LREM conservent leur confiance au Premier ministre malgré un recul sensible (85%, -8 points), l’ancien député-maire du Havre suscite désormais la méfiance d’une majorité de sympathisants de droite : seuls 37% (-12 points) des électeurs LR lui font confiance, 52% (+14 points) étant d’un avis contraire.

Dans un contexte de baisse générale, la popularité de Nicolas Hulot recule mais reste positive, alors que Jean-Michel Blanquer profite de sa récente exposition médiatique

Plus généralement, et poursuivant une tendance déjà mesurée le mois dernier, la confiance des Français dans la plupart des personnalités politique recule ce mois-ci. Classique après l’effet d’entrainement d’une campagne présidentielle, cette baisse frappe notamment Nicolas Hulot. Avec 46% des popularité, le ministre de l’environnement reste certes nettement en tête de notre baromètre. Toutefois, il perd 6 points par rapport à juillet, et même 11 points par rapport à mai, au moment de son entrée au Gouvernement. Un recul en grande partie lié à la « politisation » de son image auprès des personnes les plus opposées au nouvel Exécutif, avec notamment une dégradation très nette en quatre mois chez les sympathisants FI (52%, -22 points).

Parmi les autres membres du Gouvernement, Jean-Yves Le Drian (32%, -4 points) et Bruno Le Maire (21%, -3 points) reculent aussi. En revanche, Gérard Collomb progresse légèrement (24%, +3 points), et Jean-Michel Blanquer gagne quant à lui 6 points, pour s’établir à 15% d’opinions favorables. Si plus d’un Français sur deux (57%) ne connait toujours pas assez le ministre de l’Education nationale pour se prononcer sur son action, son exposition médiatique au moment de la rentrée scolaire lui permet de gagner des points non seulement chez les sympathisants LREM (34%, +11 points), mais aussi à droite (22%, +7 points). Enfin, nouvel entrant dans ce baromètre, Christophe Castaner souffre lui aussi d’une faible notoriété : 56% des sondés ne peuvent se prononcer à son sujet, alors que 14% en ont une opinion favorable et 30% une opinion défavorable.

Les leaders de l’opposition ne tirent pas profit de l’essoufflement de l’Exécutif

Parmi les dirigeants de l’opposition, aucun ne profite réellement des difficultés actuelles de l’équipe gouvernementale. A droite, Alain Juppé est en troisième position de notre baromètre avec 38% de jugements favorables, mais il recule de 2 points. Même situation pour Nicolas Sarkozy : crédité de 25% d’opinions positives, l’ancien président de la République recule de 3 points dans cette vague. Quant aux leaders de la jeune génération de droite, aucun ne dépasse les 30% : Xavier Bertrand (26%, stable), François Baroin (21%, -3 points), Nathalie Kosciusko-Morizet (21%, -2 points), Valérie Pécresse (19%, stable) ou Laurent Wauquiez (15%, -2 points). Plus à droite, Marine Le Pen reste elle aussi très stable depuis l’élection présidentielle, avec 24% d’opinions favorables.

L’évolution de la popularité des dirigeants de l’opposition

L’évolution de la popularité des dirigeants de l’opposition

Jean-Luc Mélenchon est le dirigeant de gauche le plus populaire, mais avec 31% d’opinions positives, il a perdu 5 points depuis l’élection présidentielle. Parmi les autres leaders de gauche, seule Anne Hidalgo (25%, -3 points) et Martine Aubry (25%, stable) conservent un socle de popularité qui les situent dans le haut de notre classement.

Voir le baromètre de l'action politique Ipsos Le Point depuis 1996 :

 

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  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs
  • Mathieu Gallard Chef de Groupe, Ipsos Public Affairs

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