Les Canadiens et le grand âge : quel regard portons-nous sur nos ainés?

À quel âge considère-t-on une personne comme étant une « personne âgée »? Portons-nous un regard positif sur le grand âge? Les jeunes générations ont-elles le devoir de s’occuper de leurs ainés? Dans une édition récente de Perspectives publiques, Ipsos s’est interrogée sur les attitudes des Canadiens par rapport à la vieillesse.

On ne peut pas le nier, avec des taux de fertilité en baisse et une hausse de la proportion des populations séniors, nous vivons dans des sociétés vieillissantes. Le regard que nous portons sur nos aînés n’en ressort que plus important. Attardons-nous ici sur celui des Canadiens.

INQUIÉTUDE DES CANADIENS À L’IDÉE DE VIEILLIR

Lorsqu’on les interroge, on s’aperçoit que les Canadiens sont loin d’avoir une perception romantique de ce que l’on appelle le « grand âge ». Une grande majorité semble en effet être inquiète à l’idée de vieillir. Cela serait notamment dû au fait qu’ils ne pensent pas qu’ils seront encore en bonne santé ou en forme physique lorsqu’ils auront atteint cet âge.


Il est intéressant de noter que la population du Québec semble moins s’inquiéter (49%) que celle des autres provinces à l’idée de vieillir; que les Canadiennes sont plus inquiètes que les Canadiens (61% vs. 50%) et que plus les Canadiens avancent en âge, moins ils sont inquiets sur le sujet.

En parallèle, une majorité très importante des Canadiens estiment qu’ils doivent « se préparer » à vieillir. C’est 11% de plus que la moyenne mondiale. En quoi consiste cette préparation? Il s’agit notamment de faire de l’exercice régulièrement pour rester en santé (72%), avoir une alimentation saine (69%), économiser (68%), éviter de fumer (56%), ou encore rester en contact avec ses amis (53%).

66 ANS, ÂGE PIVOT

Au Canada, l’âge moyen à partir duquel on est considéré comme faisant partie de l’âge d’or est de 66 ans. Si des différences existent selon les pays (55 ans en Arabie Saoudite, 74 en Espagne), l’estimation des Canadiens correspond à celle de la moyenne globale.

La description que donnent les Canadiens au grand âge quant à elle semble plutôt mitigée; parmi les trois termes qui reviennent le plus souvent pour décrire les personnes du grand âge, deux ont une connotation négative. La « sagesse » est effectivement citée en premier avec 38% mais presque autant décrivent les personnes âgées comme étant « fragiles » (37%) et « esseulées » (34%).

Cette vision du grand âge a forcément des implications intéressantes d’un point de vue marketing et publicitaire; notamment sur la façon dont les publicitaires ciblent cette population qui ne correspond peut-être pas à la vision qu’ont les Canadiens de cette génération.

UNE MINORITÉ DE CANADIENS ESTIMENT QUE CE SONT AUX JEUNES GÉNÉRATIONS DE S’OCCUPER DE LEURS PARENTS VIEILLISSANTS

Sans faire de tour du monde, nous savons que les sociétés à travers le monde ne traitent pas leurs ainés de la même façon. Mais qu’en est-il du sentiment de responsabilité qui incombe aux jeunes générations de s’occuper des membres vieillissants de leur famille?

Ici aussi, le Canada ne fait pas forcément bonne figure sur le sujet :

Les Canadiens semblent en effet être parmi les moins enclins à penser que ce sont aux jeunes de s’occuper de leurs aînés. Cela ne signifie pas qu’ils ne s’en préoccupent pas, mais qu’ils considèrent que ce n’est pas forcément leur rôle. Selon d’autres études Ipsos réalisées sur le sujet, il semblerait que les attentes sont davantage portées sur une intervention du Gouvernement pour ce qui est de la prise en charge des ainés.

Parcourez vite les autres résultats de cette étude pour en apprendre davantage sur le sujet (en anglais).

Méthodologie

Ipsos a conduit cette étude entre le 24 août et le 7 septembre 2018, auprès de résidents de 29 pays à travers son système de sondage Ipsos Online Panel. Plus de 21 000 entretiens ont ainsi été réalisés auprès d’adultes âgés entre 18 et 64 ans aux États-Unis et au Canada, et entre 16 et 64 ans dans les autres pays. Certaines questions n’ont pas été posées à tous les 29 pays.

La précision des sondages en ligne d’Ipsos est mesurée par un intervalle de crédibilité. L’intervalle de crédibilité pour un sondage de 1 000 répondants est de ±3,25 % et pour un sondage de 500 répondants de ±5 %.

Votre contact Ipsos :

Sébastien Dallaire
Directeur général, Ipsos Québec
sebastien.dallaire@ipsos.com

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