Fausses Nouvelles, les Canadiens se laissent-ils duper ?

À quel point les Canadiens font-ils confiance aux médias ou aux politiciens ? Vivrions-nous dans une bulle qui nous empêcherait de détecter les fausses nouvelles ? Ipsos Global Advisor a interrogé les citoyens de 27 pays pour connaître leurs perceptions des fausses nouvelles et identifier comment ils se positionnaient sur ce sujet. Voici ce qui est ressorti de l’étude pour le Canada.

Auteur(s)

  • Sébastien Dallaire Directeur général, Québec
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Ces dernières années, il a été difficile de passer à côté des nombreux débats autour de ce qu’on appelle les « fausses nouvelles ». En anglais « fake news », il s’agit d’informations délibérément fausses, autrement dit des nouvelles qui ont pour vocation d’induire les personnes qui les lisent en erreur.

Si elles ont toujours existé, elles sont devenues un véritable fléau de notre société moderne. Cette forme de désinformation a en effet été amplifiée par l’utilisation croissante des réseaux sociaux qui a accéléré la vitesse de circulation des informations (rendant difficile la vérification des faits et des sources) et la multiplication de celles-ci.

Présentes sur les scènes politiques, économiques et même culturelles, les fausses nouvelles font clairement partie de nos vies. Certains évoquent même une ère de post-vérité pour parler des sociétés actuelles.

S’il est parfois très facile de les cerner (tout le monde n’est pas né pour être journaliste), elles arrivent parfois à assurer leur crédibilité auprès du public, voire même de certains professionnels (il arrive encore que certains journaux relaient trop rapidement une nouvelle sans prendre le temps de la vérifier).

Mais sommes-nous tous égaux face aux fausses nouvelles ? En avons-nous la même perception ? Arrivons-nous à distinguer une vraie information d’une fausse nouvelle ?

C’est ce qu’a tenté de découvrir Ipsos Global Advisor à travers une récente étude réalisée auprès de 1 900 citoyens de 27 pays.

Voici ce qui en ressort pour le Canada :

Mes concitoyens vivent dans une bulle

69% des Canadiens interrogés pensent qu’au Canada, les autres vivent dans leur propre « bulle » sur Internet et recherchent des opinions avec lesquelles ils sont déjà d’accord… mais seuls 31% admettent être eux-mêmes dans leur bulle.

Si 64% sont certains de faire la différence entre une vraie nouvelle et des fausses nouvelles, ils sont seulement 39% à penser qu’une personne moyenne en est capable. Ils sont d’ailleurs 54% à penser être plus à même de repérer les fausses nouvelles qu’une personne lambda.

Pour 60% des Canadiens, les autres ne se soucient plus des faits (notamment en ce qui concerne la politique et la société) et croient uniquement ce qu’ils veulent croire.

Un peu plus de la moitié (51%) des personnes interrogées sont convaincues de mieux comprendre les réalités sociales telles que le niveau d’immigration et les taux de criminalité que la personne moyenne au Canada. 35% pensent que ce n’est pas le cas.

Les fausses nouvelles sont largement relayées par les médias et les politiciens n’hésitent pas à les utiliser à leur profit

48% des personnes interrogées au Canada estiment voir très souvent ou assez souvent des organes de presse dirent délibérément quelque chose qui n‘est pas vrai (à l’échelle globale, ce chiffre monte à 60%).

48% affirment avoir déjà cru à tort qu'une information était réelle jusqu'à ce qu’ils découvrent qu'elle était fausse.

SI les gens définissent principalement les fausses nouvelles comme des histoires dont les faits sont erronés (58% des Canadiens sondés), 46% les voient comme des mots utilisés par les hommes politiques et les médias pour discréditer les informations avec lesquelles ils ne sont pas d'accord (ils sont 36% globalement).

Les médias et les politiciens sont responsables des perceptions erronées des Canadiens; beaucoup reconnaissent toutefois avoir leurs propres biais de perception

Lorsqu’on leur demande pourquoi, selon eux, les gens se trompent souvent au sujet de leur pays et de la façon dont il change (notamment sur le niveau d’immigration ou les taux de criminalités), les Canadiens sont 52% à pointer du doigt les politiciens, même proportion (52%) pour les réseaux sociaux et 45% pour les médias.

Ils sont cependant conscients qu’il existe des biais de perception qui leur donnent une vision faussée du monde. 55% des Canadiens admettent en effet que les gens ont tendance à se concentrer sur les choses négatives, à penser que les choses empirent ou à généraliser en se basant sur leur propre expérience.

La confiance accordée aux politiciens et aux médias s’est détériorée ces 30 dernières années

57% des Canadiens interrogés pensent que les gens font moins confiance aux hommes politiques qu’il y a 30 ans (64% à l’échelle globale).

53% estiment qu’il y a davantage de mensonges et de fait détournés en politique et dans les médias qu’il y a 30 ans.

Pour plus d’informations et savoir comment se positionne le Canada sur ces différents points face aux autre pays questionnés, consultez notre rapport complet.

Votre contact Ipsos :
Sébastien Dallaire,

Président, Ipsos Québec
sebastien.dallaire@Ipsos.com

Auteur(s)

  • Sébastien Dallaire Directeur général, Québec

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