Perils of Perception 2017 : Préjugés vs Réalité

La singularité de Perils of Perception est de mesurer l’écart entre l’idée que les gens se font d’un sujet et sa réalité statistique. Criminalité, terrorisme, nombre d’immigrés en prison ou d’adolescentes enceintes, taux de natalité, de suicide ou de diabète, liens entre vaccin et autisme, alcoolisme, nombre de téléphones mobiles ou d’abonnés à Facebook, la plupart des sujets médiatiques sont abordés dans l’étude et réservent de nombreuses surprises !

Perils of Perception 2017 : Préjugés vs Réalité

Qui est le plus éloigné et le plus proche de la réalité ?

Des plus justes au moins justes

Les pays qui se trompent le plus sont l’Afrique du Sud, le Brésil, les Philippines, le Pérou, l’Inde et l’Indonésie. Prix d’excellence, la Suède. Au tableau d’honneur la Norvège, le Danemark et l’Espagne. Vingtième sur trente-huit, les Français, peut mieux faire !

Et comme souvent dans une classe, les meilleurs sont ceux qui doutent le plus et les cancres, les plus sûr d’eux : 2% des Norvégiens étaient confiants dans leur ressenti, contre 38% des Indiens. Avec 14%, les Français étaient finalement assez conscients de leur niveau…

La digitalisation : largement surestimée en Indonésie et aux Philippines

Commençons par les sujets « légers », comme le nombre de smartphones en circulation dans le pays. Il est incroyablement surestimé en Indonésie et aux Philippines, avec une erreur de +65 et 63 points, en Inde (+52 points), en Colombie et au Brésil (+48 et +47 pts). Avec une erreur moyenne de 17 points, la France manifeste une appréciation assez juste de la réalité, alors que les Danois (avec -2 points) sont les seuls à le sous-évaluer.
Quitte à se tromper, autant y aller à fond, cette fois à propos de Facebook. Même surévaluation en Inde, Indonésie, Afrique du Sud et Philippines, de +56% à 49 points. Même évaluation exagérée en France avec + 21 points par rapport à la réalité, comme en Grande-Bretagne, à Singapour ou en Norvège avec 16 points.
Visiblement, quand il est question des technologies, le buzz, la publicité et la notoriété se substituent au monde réel. La méthodologie de l’enquête joue probablement un rôle dans cette surestimation dans les pays en développement : comme elle est réalisée en ligne, les répondants sont souvent des internautes appartenant à des catégories plus aisées, plus urbaines et plus diplômées que le pays tout entier : leur perception reflète davantage la réalité de leur environnement social que celle de la population dans son ensemble, même si le taux d’équipement en mobile progresse chaque année.

Plus les sujets sont graves, plus l’écart entre perception et réalité se creuse 

Dans la plupart des pays, on estime que le nombre de morts dus à des attentats terroristes a été plus élevé dans les 15 ans suivants le 11 septembre 2001 que dans les quinze années précédentes, alors que la réalité est souvent tout autre.
Un sujet sur lequel les Français se distinguent toutefois : 65% pensent que le nombre de morts dus à des crimes d’origine terroriste a augmenté, ce qui, dans notre cas, est une réalité.

On connaît la méfiance des Français à l’égard de l’immigration et des migrants en général. Rien d’étonnant à ce qu’ils surestiment (de 28 points) le nombre de détenus d’origine étrangère, immédiatement après les Néerlandais (31 pts) et les Sud-Africains (31 pts) et juste avant les Américains (27 pts). Derniers du classement, les ressortissants d’Arabie Saoudite qui sous-évaluent complètement la population carcérale étrangère (-46 pts).

Le nombre d’adolescentes enceintes est un sujet qui induit en erreur les habitants de la plupart des pays, notamment en Amérique Latine et en Afrique du Sud (avec une surévaluation de 34 à 41 points). Les Français sont dans la moyenne basse (ils se trompent de 17 points), et c’est au Danemark et en Norvège que l’on se trompe le moins (+8 et +7 points).

Les sujets de santé sensibles... 

La question des vaccins a été largement abordée dans les médias au cours des derniers mois. Pourraient-ils favoriser l’autisme chez les jeunes enfants ? 44% des Indiens, 31% des Turcs, 30% des Sud-Africains et des Malaisiens en sont persuadés. A 17%, les Français montrent que les débats sur les vaccins les ont concernés, mais que seule une minorité assez réduite leur attribue un tel pouvoir de nuisance.

Le diabète est une maladie qui se développe à grande vitesse, avec trois grandes régions malades. En Asie et en Asie du Sud Est, les Philippins et les Indiens (en tête du classement) surestiment son développement avec un écart de 38 points par rapport à la réalité, suivis des Indonésiens (+34 points). L’Amérique Latine n’est pas en reste, avec le Brésil (+37), le Pérou (+35), le Mexique et l’Argentine (+30). L’Afrique du Sud (+33) est le troisième pôle où l’on ressent l’essor de cette maladie liée notamment à une transformation du régime alimentaire traditionnel. Les Français, avec une surestimation de 26 points, manifestent leur sensibilité au sujet, qui a un statut de vrai problème de santé publique, à croiser avec les questions posées sur la consommation de sucre dans chaque pays.

Du sucre, il y en a aussi dans l’alcool. C’est en Russie que tous les répondants imaginent que l’on boit le plus d’alcool (46%), suivis des États-Unis (31%) et en Allemagne (19%). La réputation des Britanniques et des Français les place respectivement en quatrième et cinquième position. A l’inverse, quatre pays hyper-sobres en apparence, Israël, Arabie Saoudite, Indonésie et Malaisie ferment le ban avec 1%.

Le monde en devient-il hypocondriaque pour autant ? Certainement pas les Japonais et dans une moindre mesure les Philippins. En revanche, Coréens du Sud, Nouveau Zélandais, Malaisiens, Américains, Australiens en présentent tous les symptômes. Ce sont eux qui sous-évaluent le plus le nombre de leurs compatriotes qui se déclarent en bonne ou très bonne santé. Avec une erreur de 12%, les Français sont dans une moyenne relativement correcte.

À ce point de la liste, le sujet du suicide vient assez naturellement… Celui des femmes âgées de 15 à 24 ans est largement surévalué en Afrique du Sud et au Brésil (+25%), suivis par le Mexique le Pérou, la Colombie et les Philippines (de + 18 à + 11%) révélant l’importance du sujet dans ces pays. A l’inverse, il est totalement sous-évalué à Hong-Kong (-36%), en Corée du Sud (-30%) au Japon et Singapour (-17%). La France, avec une surévaluation de « seulement » 9%, semble assez bien informée de la question et de la nécessité de sa prévention. On retrouve des scores équivalents pour le suicide des hommes du même âge.

De quoi conclure sur la croyance au Paradis ou l’Enfer. Les Français surestiment de 16% le nombre de ceux qui croient au premier et au second, mais seulement de 4% en ce qui concerne la croyance en Dieu. En effet, 43% d’entre eux affirment désormais leur Foi.

Fiche technique : 
Étude réalisée du 28 septembre au 19 octobre 2017 sur 29 133 personnes dans 38 pays : Afrique du Sud, Allemagne, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Belgique, Brésil, Canada, Chili, Chine, Colombie, Corée du Sud, Danemark, Espagne, France, Hong Kong, Hongrie, Inde, Indonésie, Israël, Italie, Japon, Malaisie, Mexique, Monténégro, Norvège, Nouvelle Zélande, Pays-Bas, Pérou, Philippines, Pologne, Russie, Serbie, Singapour, Suède, Turquie, UK, et USA.
L’étude a été administrée en ligne, sauf au Monténégro, aux Pays-Bas, en Norvège et en Serbie où les entretiens se sont faits en face à face.
Les échantillons interrogés sont répartis comme suit :
 - Environ 1 000 personnes âgées de 16 ou de 18 à 64 ans en Australie, Brésil, Canada, Chine, Espagne, France, Hong Kong, Indonésie, Italie, Japon, Monténégro, Norvège, Russie, Serbie, UK et USA. 
 - 
Environ 2 000 personnes âgées de 16 à 64 ans en Allemagne.
 - Environ 900 personnes âgées de 16 à 64 ans aux Pays-Bas. 
 - Environ 500 personnes âgées de 16 à 64 ans en Afrique du Sud, Arabie Saoudite, Argentine, Belgique, Chili, Colombie, Corée du Sud, Danemark, Hongrie, Inde, Israël, Malaisie, Mexique, Nouvelle Zélande, Pérou, Philippines, Pologne, Singapour, Suède et Turquie.

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