L'ambiance, avant le salaire ou l'intérêt du travail

Sans illusions, intransigeants, consuméristes et volages ; face au monde du travail, les jeunes seraient aujourd’hui désenchantés et n’entretiendraient plus aucune illusion sur ce que l’entreprise pourrait leur apporter. Les résultats de l’enquête réalisée par IPSOS à la demande de la CGPME, montrent que les choses sont plus complexes qu’il n’y paraît. L’argent n'est plus le moteur suffisamment puissant pour motiver et fidéliser tandis que la garantie de pouvoir progresser, évoluer et se former a pris pour beaucoup une importance considérable.

Auteur(s)

  • Etienne Mercier Directeur Politique et Opinion - Public Affairs
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Lorsque l’on demande aux moins de 25 ans ce qu’ils attendraient d’abord de l’entreprise dans laquelle ils pourraient aller travailler demain, on est frappé de constater qu’ils citent d'abord le fait de pouvoir évoluer "dans une ambiance agréable et sympathique" (26%), avant "la possibilité de travailler sur les sujets qui les intéressent le plus" (23%). La rémunération ne vient qu’en troisième position, juste devant le fait de se voir offrir une vraie formation et une vraie qualification (16%) et la possibilité d’avoir rapidement des responsabilités et des perspectives d’évolutions (16%).
Il ne faudrait pourtant pas conclure trop hâtivement que le salaire représente un aspect secondaire du choix d’une entreprise pour les jeunes. Mais l’argent n’est probablement plus un élément suffisant pour garantir l’implication et la motivation des futurs salariés. Les entreprises ont en fait à leur disposition un nombre assez conséquent de leviers pour assurer la satisfaction de leurs futurs salariésen recherche de "sens" et de responsabilité. C’est notamment le cas pour les 20-25 ans qui citent "le fait de pouvoir travailler sur les sujets qui les intéressent", "le niveau de salaire" et "la possibilité d’avoir rapidement des responsabilités et des perspectives d’évolutions " (21%).
Les jeunes se montrent d’ailleurs très partagés sur la capacité de l’entreprise à leur offrir un plan de carrière. Ainsi, s'ils allaient demain travailler pour la première fois dans une entreprise, une courte majorité (51% des moins de 25 ans n’ayant jamais travaillé) estime qu’elle irait plutôt en se disant "qu’elle y resterait, pour progresser en terme de responsabilités et de compétences", contre 48% qui n’y resteraient que "quelques années afin d’acquérir une formation professionnelle qui leur permettrait de partir pour progresser ailleurs".

La formation continue plébiscitée

Les jeunes ont aujourd’hui une perception très positive de la formation sous toutes ses formes. Presque tous considèrent que les formations prévues par l’entreprise, notamment dans le cadre du plan de formation, seront utiles au développement de leur carrière (91% dont 24% estiment même qu’elles seront très utiles). Parallèlement dans 9 cas sur 10, ils sont prêts à accepter une formule individualisée de formation résultant d’un accord entre le chef d’entreprise et eux-mêmes.
La moitié de l'échantillon est même prêt à suivre une formation en dehors des heures de travail.


L'entreprise, un monde familier

Huit jeunes sur dix déclarent avoir déjà fait un stage en entreprise ; 52% en ont même fait plusieurs. Une proportion tout aussi forte a déjà assisté à une présentation de métiers (56% plusieurs fois) ; et 72% ont déjà visité une entreprise (50% plusieurs fois). Les liens entre entreprises et futurs salariés se tissent dès la scolarité.
La perception qu’ils ont des types de formation délivrés par l’entreprise en cours de scolarité ou en fin de cursus en est peut-être l’une des conséquences plus ou moins directe. De fait, 88% des moins de 25 ans ont aujourd’hui une bonne image de l’apprentissage ; 82% ont une image positive de l’insertion en alternance (contrat de qualification, contrat d’adaptation et contrat d’orientation) et 76% ont une image positive des plans de formation destinés aux salariés de l’entreprise. On note toutefois que la proportion d’interviewés ayant une très bonne perception de ces types de formation est souvent peu élevée (un maximum de 25% pour l’insertion en alternance). On peut penser que ces résultats trouvent une part de leur explication dans le fait qu’une part importante de jeunes connaît encore mal les modalités exactes de ces différents types de formation.

L'attractivité de la fonction publique.

Lorsqu’on les interroge sur le type de structure dans laquelle ils souhaiteraient "idéalement" travailler, 69% d’entre eux citent l’entreprise. Plus spécifiquement, ils se prononcent d’abord pour une PME de moins de 250 salariés (36%) devant une multinationale (24%) et une grande entreprise de plus de 250 salariés (9%). On note toutefois que la Fonction Publique arrive aujourd’hui en deuxième position (juste derrière la PME) avec 28% de citation.
Le chômage, la précarité, ne semblent pas affecter leur optimisme. Les trois quarts des moins de 25 ans ont "confiance en leur avenir professionnel". Ouverts à toute possibilité, les jeunes affichent leur préférence pour le tertiaire. La fonction publique est la plus attractive (77% y travailleraient volontiers), mais aucun domaine n'est catégoriquement rejeté. La communication (75% d'avis favorables), l'informatique (65%)oule secteur médico-social (52%) arrivent en tête de liste.
Les jeunes se montrent en revanche moins attirés par le secteur industriel : 54% "n’iraient jamais travailler dans l’industrie automobile" (contre 46% d'avis contraire), et 57% refuseraient d’évoluer au sein de l’industrie aéronautique (contre 43%).
En queue de classement, la restauration, l’hôtellerie et le bâtiment souffrent d’un très fort déficit d’image : 59% des moins de 25 ans affirment qu’ils n’iront jamais travailler dans la restauration et 75% pensent de même en ce qui concerne le bâtiment.

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  • Etienne Mercier Directeur Politique et Opinion - Public Affairs

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