Présidentielle 2022 | Hormis Emmanuel Macron, les candidats souffrent d'un déficit de "Présidentialité"
Les Français favorables à une évolution des institutions...
Actuellement, plus de sept Français sur dix (71%) se déclarent attachés aux institutions de la Ve République. Cet avis est majoritaire dans tous les électorats, y compris chez les sympathisants de la France Insoumise (66%) malgré le projet de VIème République porté durant la campagne présidentielle, ou chez les proches du RN (56%) où l'on milite pour l'instauration de la proportionnelle. Mais cet attachement de principe ne signifie pas pour autant "statu quo".
A propos de la présidence de la République, de l'Assemblée Nationale et du Sénat, un Français sur deux (53%) souhaiterait "que l'on fasse évoluer ces institutions", un sur trois (35%) "qu'on les réforme en profondeur, pour à peine 12% qui préfèreraient "les maintenir en l'état".
On souhaiterait un rééquilibrage des pouvoirs en faveur des Parlements. Les trois-quarts des interviewés (73%) pensent ainsi qu'il faut "renforcer les pouvoir du Parlement, afin que les députés et sénateurs contrôlent mieux le gouvernement et soient à l'origine de davantage de lois", pour 27% (44% chez les proches de LREM), qui pencheraient plutôt pour "renforcer les pouvoirs du Président de la République, ce qui pourrait renforcer l'efficacité du système politique avec des décisions prises plus rapidement".
... mais attachés au régime Présidentiel
Les Français sont donc favorables à une évolution des institutions, sans toutefois remettre en cause le régime Présidentiel. Ils restent attachés à la personnalisation du pouvoir incarnée par le Président de la République. Quand il s'agit d'établir les qualités attendues pour remplir la fonction, l'humain et la proximité ("qu'il soit à l'écoute des Français", 58% de citations, "qu'il soit entouré de personnes compétentes dont il écoute les conseils", 39%) passent avant la compétence technique ("qu'il sache faire face à des crises graves", 46%, "qu'il maîtrise bien les dossiers importants pour l'avenir du pays", 30%).
Les principales qualités attendues chez un Président de la République différent néanmoins selon les électorats. A gauche, on mise un peu plus sur le collectif, en mettant en avant les qualités d'écoute et de concertation, à l'extrême droite on insiste sur la proximité et la capacité à comprendre les préoccupations et les attentes des Français, à droite et surtout chez sympathisants de LREM, c'est la présidentialité qu'on cherche en premier lieu, et la capacité "à faire face à des crises graves".
La majorité des candidats en déficit de "Présidentialité"
A ce stade, seul Emmanuel Macron semble disposer des qualités que l'on attend chez un Président de la République selon un Français sur deux (51%, pour 49% d'avis contraire). C'est mitigé, mais nettement plus que ce que l'on mesure pour les autres candidats, avec des avis négatifs ("non, plutôt pas" ou "non, pas du tout") variant de 67% pour Marine Le Pen à 85% pour Anne Hidalgo. La candidate socialiste, Eric Zemmour et Christiane Taubira se démarquent par un taux de "résolument défavorables" ("non, pas du tout") à près de 60%.
Si la plupart des candidats font quand même presque l'unanimité dans leur électorat, ce n'est pas tout à fait le cas de Yannick Jadot, qui ne disposerait des qualités attendues chez un Président de la République que pour 61% des sympathisants EELV, et pour Anne Hidalgo, soutenue par seulement 42% des proches du Parti Socialiste.
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Fiche technique : enquête Ipsos-Sopra Steria menée pour France Inter auprès de 976 personnes inscrites sur les listes électorales, représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogées en ligne les 16 et 17 février 2022.