Présidentielle 2022 | Les trois dimensions-clés pour être présidentiable

Présidentialité, volonté de changement et compréhension en profondeur de ce que vivent les Français : telle est l’équation gagnante pour un candidat à l’Elysée.
Présidentielle 2022 - Les analyses des experts Ipsos

 

Article publié le 11/02/22 sur lemonde.fr


L’image des candidats ne fait pas le vote mais elle en est une des composantes importantes, tout particulièrement dans une élection fortement incarnée comme la présidentielle. Trois dimensions apparaissent plus précisément comme fondamentales : la « présidentialité », car on ne confie pas les clés du pays à n’importe qui. La capacité à donner le sentiment que l’on « veut vraiment changer les choses », tant l’insatisfaction à l’égard de la situation actuelle est forte et la demande de changement importante. La capacité à comprendre les Français, où il s’agit de montrer à quel point on perçoit leurs problèmes, est un prérequis pour accréditer l’idée que l’on saura y répondre.

En partant de ce micromodèle, on pourrait montrer combien, depuis 1981, un prétendant à la magistrature suprême a besoin de combiner au moins deux de ces dimensions sur trois. A fortiori quand on sait que la présidentialité est rarement accordée à un candidat… tant qu’il n’est pas devenu lui-même président.

De ce point de vue, la position d’Emmanuel Macron est aujourd’hui plus fragile qu’hier. Certes, le chef de l’Etat a un atout majeur et même massif : pour 60 % des Français, il a l’étoffe d’un président. C’est 22 points de plus que Valérie Pécresse, qui arrive en numéro deux sur cette dimension (38 %), elle-même talonnée par Marine Le Pen (35 %). Les autres candidats, Eric Zemmour, Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot, Christiane Taubira et Anne Hidalgo sont loin derrière. De surcroît, cette présidentialité est en progression de 3 points par rapport à octobre et elle lui est reconnue massivement dans tous les électorats, sauf ceux de M. Mélenchon, Mme Le Pen et M. Zemmour où elle est minoritaire. En revanche, sur la capacité à vouloir vraiment changer les choses, qui était un marqueur du macronisme, M. Macron ne convainc plus maintenant que 40 % des Français.

Non seulement c’est en (légère) baisse par rapport à il y a quatre mois (− 2) mais tous ses adversaires, eux, progressent fortement sur cette dimension. Conséquence : Emmanuel Macron est aujourd’hui talonné par Valérie Pécresse (38 %, + 9) et dépassé par Marine Le Pen (58 %, + 6), Eric Zemmour (54 %, + 10), Jean-Luc Mélenchon (47 %, + 5) et Yannick Jadot (41 %, + 5). Une raison évidente à cela : eux sont candidats et proposent, lui pas encore. Mais c’est une sérieuse alerte. Enfin, avec 25 % seulement de sondés qui estiment qu’il « comprend bien les problèmes des gens comme nous », une faiblesse majeure d’Emmanuel Macron est à nouveau confirmée (− 3) alors que Marine Le Pen (42 %, + 3) Jean-Luc Mélenchon (35 %, + 4) et Eric Zemmour (33 %, + 3) creusent l’écart.

LIRE LA SUITE
SUR LEMONDE.FR

Présidentielle 2022 - séparateur

Fiche technique : sondage mené par Ipsos et son partenaire Sopra Steria pour le Cevipof, Le Monde et la Fondation Jean Jaurès menée du 21 au 24 mars 2022 auprès de 13 269 personnes, constituant un échantillon national représentatif de la population française, inscrite sur les listes électorales, âgée de 18 ans et plus.

 

 

Ipsos | Sopra Steria | Élection Présidentielle 2022

 

Auteur(s)

  • Brice Teinturier
    Brice Teinturier
    Directeur Général Délégué, Ipsos bva (@BriceTeinturier)