Début du quinquennat, législatives : priorité à l'apaisement

Et maintenant ? Face à l'inquiétude des Français quant à l'émergence de troubles et de mouvements sociaux, l'enquête réalisée par Ipsos et Sopra Steria pour france•tv et radiofrance met en lumière un fort souhait d'apaisement. Cela concerne le début du nouveau quinquennat, où la priorité serait au rassemblement plus qu'aux grandes réformes, comme les législatives, avec l'alliance comme mot d'ordre dans tous les partis.

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  • Brice Teinturier Directeur Général Délégué France, Ipsos (@BriceTeinturier)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
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Présidentielle 2022 - Les analyses des experts Ipsos

 

 

Vu le faible enthousiasme manifesté par les électeurs à l'égard du second tour de la Présidentielle, difficile d'imaginer ce soir qu'un quelconque état de grâce accompagne la réélection d'Emmanuel Macron. Les Français sont partagés entre "soulagement" (20%), "indifférence" (20%), "déception" (20%), "colère" (18%). Plus rares sont ceux qui éprouvent un sentiment "d'espoir" (10%), voire de "joie" (4%).  Les sentiments négatifs (46%) l'emportent sur les sentiments positifs (34%) et au-delà, les Français sont très inquiets. Plus de trois personnes sur quatre (77%) redoutent "des troubles et des tensions dans le pays au cours des prochains mois". La crainte est massivement diffusée dans la population, et concerne 90% des électeurs premier tour de Marine Le Pen et d'Eric Zemmour, 85% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon, les trois quarts des électeurs de Valérie Pécresse, les deux tiers des électeurs de Yannick Jadot, et même près de 60% des électeurs premier tour d'Emmanuel Macron.

Face à cette inquiétude, les Français proposent donc d'y aller "mollo". Pour 57% d'entre eux, il serait préférable "que le Président de la République consacre les premiers mois du quinquennat à rassembler les Français, même si cela signifie de remettre à plus tard certaines réformes importantes mais clivantes", plutôt que de "réformer le pays en profondeur, même si cela peut provoquer des mouvements sociaux de grande ampleur" (43%). Notablement, ce souhait d'apaiser avant de réformer est partagé par près de la moitié des électeurs premier tour d'Emmanuel Macron (48%).

En parallèle, on ne souhaite pas majoritairement d'inflexion à droite ou à gauche de la politique menée. Entre "plus à gauche" (35%) et "plus à droite" (22%), le "ni plus ni moins" l'emporte sur l'ensemble des Français (43%), au sein de l'électorat 1er tour d'Emmanuel Macron (60%), mais aussi pour la majorité relative des électeurs 1er tour de Marine Le Pen (45%) et plus de 40% des électeurs de Valérie Pécresse.

La crainte de débordements et le souhait d'apaisement transparaît également quand les Français sur projettent sur les élections législatives. Pour aucun des huit partis politiques testés, de la France Insoumise jusqu'à Reconquête, on n'enregistre plus de 50% des personnes interrogées à souhaiter qu'il sorte "affaibli" à l'issue du scrutin, la majorité se partageant à chaque fois entre "renforcé" et "ni l'un ni l'autre". Si logiquement plus de 80% des électorats Mélenchon, Le Pen premier tour ou Zemmour souhaitent qu'Emmanuel Macron perde les législatives, la moitié des électeurs de Yannick Jadot et 60% des électeurs de Valérie Pécresse souhaitent au contraire qu'il obtienne une majorité à l'Assemblée Nationale. Dans l'électorat premier tour d'Emmanuel Macron, 60% sont de cet avis "afin qu'il puisse mettre en œuvre son programme", mais pour les autres ce serait avant tout "par cohérence, afin d'éviter une cohabitation".

Dans tous les camps, la tendance est au rassemblement et au gommage des divisions de la campagne présidentielle. L'écrasante majorité des sympathisants de gauche (93%), quel que soit le parti dont ils se sentent proches, en appelle ainsi à ce que les principales formations "forment une alliance et présentent des candidats communs dans les circonscriptions". La majorité des Français (57%) est également de cet avis. Même chose à l'extrême-droite, avec les trois quarts des proches du Rassemblement National et 94% des sympathisants Reconquête qui souhaitent des candidats communs. Le souhait d'alliance est aussi majoritaire à droite, mais pas forcément du même côté : 37% des sympathisants Républicains souhaiteraient un rapprochement avec la majorité présidentielle (70% des sympathisants LREM le souhaitent aussi), 23% préféreraient un rapprochement avec le Rassemblement National et Reconquête (80% des proches de Reconquête et 55% des sympathisants RN sont d'accord), pour 40% "ni l'un ni l'autre".

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Fiche technique : enquête menée par Ipsos & Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France, France24/RFI/MCD, Public Sénat/LCP Assemblée Nationale et Le Parisien-Aujourd'hui en France auprès de 4000 personnes inscrites sur les listes électorales, constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogées du 21 au 23 avril 2022.

 

Présidentielle 2022 avec Ipsos & Sopra Steria, France TV, Radio France, France Médias Monde, LCP/Public Sénat et Le Parisien-Aujourd'hui en France

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  • Brice Teinturier Directeur Général Délégué France, Ipsos (@BriceTeinturier)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs