Un monde prêt à prendre des risques
Un monde prêt à prendre des risques

2025 : un monde prêt à prendre des risques ?

Comment la prise de risques est-elle perçue et vécue à travers le monde ? C’est ce qu’Ipsos bva a cherché à comprendre en novembre 2025, à travers une enquête conduite pour les Entretiens de Royaumont auprès de 11 000 personnes, dans onze pays développés et émergents .

Premier constat : l’opinion mondiale se dit prête à prendre plus de risques

La question pourrait paraître paradoxale, à une heure où le monde en recèle déjà tant – géopolitiques, économiques ou climatiques – qui s’imposent aux individus, sans que ceux-ci aient le choix de les prendre ou non.

En moyenne sur les 11 pays étudiés, la prise de risques est néanmoins perçue positivement : elle est associée au courage (42%), à l'enthousiasme (34%) et à la curiosité (34%). Et huit personnes sur 10 l’estiment nécessaire au progrès.

La prise de risque est partout perçue comme nécessaire au progrès

 

Le sentiment dominant, toujours en moyenne au niveau mondial, est que nos sociétés seraient aujourd'hui trop prudentes. Six Français sur 10 le pensent. L’opinion publique est plus divisée aux Etats-Unis (où seuls 49% jugent leur société trop prudente), en Italie (46%) ou au Brésil (52%). Au total, 7 personnes sur 10 ont aussi le sentiment d'avoir manqué des opportunités, faute d'avoir pris des risques au cours de leur vie.

Derrière ce constat global, trois grands groupes de pays se dessinent

Dans les économies émergentes – principalement en Chine mais aussi en Afrique du Sud, au Brésil et en Turquie – la prise de risque est fortement valorisée. Les personnes interrogées y déclarent aimer prendre des risques et associent, plus qu’ailleurs, cette attitude à des émotions positives : enthousiasme, courage, confiance, fierté. Huit Chinois sur 10 estiment en outre que leur entreprise les encourage à prendre des risques. Dans ces pays, les répondants ont aussi davantage le sentiment d'avoir manqué des opportunités faute d'avoir pris des risques. Et ils sont plus enclins, face à une rentrée d'argent exceptionnelle, à investir celle-ci en bourse ou dans un projet entrepreneurial.

Ces constats se relient assez naturellement à la trajectoire économique de ces pays, en croissance forte malgré des déséquilibres, inégalités et parfois des ralentissements. Le risque, comme les innovations ou les technologies les plus modernes, tendent à y être embrassés plus largement que dans les économies avancées.

Un contraste net entre économies avancées et émergentes en matière d’aversion au risque

 

À l’opposé, quelques pays se démarquent par une perception plutôt négative du risque. Il s’agit principalement du Japon et, dans une moindre mesure, de l’Allemagne et de l’Italie. Les personnes interrogées y sont nombreuses à déclarer ne pas aimer s’exposer au risque – comportement qu’elles associent moins qu’ailleurs à des émotions positives. Elles considèrent aussi que le monde de l'entreprise ne récompense pas la prise de risque et ont moins qu'ailleurs le sentiment d'avoir manqué des opportunités, faute d'avoir pris des risques.

Enfin, un troisième groupe de pays affiche une position intermédiaire : France, Etats-Unis, Royaume-Uni et Pologne. Les personnes interrogées y déclarent un goût du risque moyen : autour de cinq sur une échelle de un à 10, où zéro signifie « je n’aime pas prendre de risques » et 10 « j’adore prendre des risques ».

Parmi les économies avancées, ce sont les Etats-Unis qui se rapprochent le plus des émergents dans leur relation au risque. C'est là où, avec la Chine, le principe de précaution est le moins soutenu : par seulement quatre personnes sur 10 aux Etats-Unis et trois sur dix en Chine. Les Américains sont aussi les seuls à être majoritairement opposés à ce que l'Etat limite leurs libertés individuelles au nom de la protection contre les risques.

Dans cet ensemble, la France se positionne à la moyenne : ni averse au risque ni téméraire

Les Français ne refusent pas le risque. Sept sur 10 estiment que « les gens en France ne prennent pas assez de risques ». Et huit sur 10 considèrent que « sans prise de risque, pas de progrès ». Sur l’échelle de un à 10 déjà évoquée, ils se situent à la moyenne : 5,1.

Le monde et les Français partagés sur le principe de précaution

 

Mais les Français restent prudents, notamment dans leurs actes. Recevant 10 000 euros de manière inattendue, ils sont les moins disposés, de l'ensemble des 11 pays, à les investir en bourse ou dans un projet entrepreneurial – et les plus prompts, avec les Japonais, à les placer sur un compte d'épargne sans risque.

Les Français sont également partagés sur le principe de précaution. 56% estiment que le gouvernement doit encourager l'innovation, même si cela implique des risques. Mais 44% considèrent au contraire que les autorités doivent appliquer le principe de précaution, c’est-à-dire éviter les risques en cas d’incertitude scientifique, même si cela ralentit l’innovation.

Enfin, les Français s'estiment inégalement soutenus dans leurs prises de risques. Sept sur 10 se sentent bien protégés par les assurances sociales. Mais seuls quatre sur 10 considèrent que la prise de risque est récompensée en entreprise.

Dernier constat : globalement, comme la France, le monde est divisé sur le principe de précaution

Une courte majorité (54%), en moyenne sur les 11 pays, estime que leur gouvernement devrait encourager l'innovation, même si cela implique des risques. Mais c’est contre 46% qui considèrent qu'il devrait appliquer ce principe de précaution.

Les Chinois sont les plus opposés au principe, à hauteur des deux-tiers – résultat cohérent avec l'appétence chinoise pour la prise de risque qui apparaît dans le reste de l’étude.

À l'inverse, c'est au Japon que le principe de précaution est le plus soutenu, par six personnes sur 10.

Au total, l’étude dresse ainsi le portrait d’un monde prêt à s’exposer, à risquer et à soutenir gouvernements et entreprises dans leur prise de risques. Mais ce avec de nets écarts entre pays, qui se lient assez bien au dynamisme de leurs économies respectives. Comme une forme de validation du lien entre prise de risque et croissance…

Rapport complet


À propos de cette enquête

Enquête Ipsos bva pour Les Entretiens de Royaumont réalisée en ligne via la plateforme Ipsos.Digital du 20 au 22 novembre 2025, auprès de 11 000 personnes âgées de 18 à 65 ans, dans 11 pays : Afrique du Sud, Allemagne, Brésil, Chine, États-Unis, France, Italie, Japon, Pologne, Royaume-Uni et Turquie. Méthodologie complète dans le rapport d'étude.

Auteur(s)

Articles liés

  • Ipsos | What worries the world | Les préoccupations des Français

    Ce qui préoccupe les Français - Juillet 2026

    Chaque mois, notre enquête internationale What Worries the World fait le point sur les préoccupations des citoyens de 29 pays, en s'appuyant sur plus de 10 ans d'historique pour replacer les derniers résultats dans leur contexte. Les cinq préoccupations majeures des Français sont ce mois-ci : la criminalité et la violence, le changement climatique, l'inflation, le système de santé et les flux migratoires.
  • Ipsos bva | Cote de popularité | Baromètre politique | Sondage
    Sondage Enquête

    Baromètre politique Ipsos bva-CESI École d'ingénieurs pour La Tribune Dimanche - Juillet 2026

    Préoccupations des Français, cotes de popularité de l'exécutif, du gouvernement et des leaders politiques Français, questions d'actualité... Retrouvez ici les derniers résultats de notre sondage d'opinion, le Baromètre Politique Ipsos bva-CESI École d'ingénieurs-La Tribune Dimanche.
  • Arc de Triomphe | Défilé militaire | Champs Élysées | Fête nationale

    Défilé du 14 juillet : une source de fierté pour 78 % des Français

    À l'occasion des célébrations de la Fête nationale, Ipsos bva dévoile les résultats de son enquête inédite intitulée « Les Français, le 14 juillet et le défilé militaire ». Selon les résultats de l’enquête, l’armée française bénéficie d’une image positive auprès de 90 % des Français ayant exprimé un avis. L’étude souligne également que 80 % des Français considèrent le défilé militaire comme un symbole important de l’identité nationale. Pour 59 % des répondants, le 14 juillet constitue une fête nationale essentielle qui doit être célébrée avec fierté, tandis que 78 % des personnes ayant une opinion déclarent se sentir fiers d’être Français lors du défilé des troupes des armées le 14 juillet.