53% / 47% : l'écart se resserre mais François Hollande reste en tête

La dernière mesure d'intentions de vote Ipsos / Logica Business Consulting réalisée pour France Télévisions, Radio France et Le Monde est toujours favorable à François Hollande, même si l'écart s'est un peu réduit depuis le 22 avril. Ce resserrement n'est pas lié à de meilleurs reports de voix dans l'électorat de Marine Le Pen en faveur du Président sortant, mais à une mobilisation un peu plus forte dans l'électorat de François Bayrou, couplée à la tentation abstentionniste d'une petite frange de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon.

A une semaine du second tour, François Hollande recueille 53% d'intentions de vote, contre 47% pour Nicolas Sarkozy. L'avance du candidat socialiste s'appuie sur un électorat relativement homogène, avec un soutien majoritaire dans la plupart des catégories sociodémographiques testées, à l'exception du socle traditionnel de la droite (les "plus de 60 ans", les "retraités" et les "artisans, commerçants, chefs d'entreprise" qui se prononcent à environ 60% pour le Président sortant). François Hollande recueille ainsi 55% d'intentions de vote chez les 18-24 ans, près de 60% chez les 35-44 ans et les 45-60 ans, domine chez les cadres supérieurs (60%), les professions intermédiaires (65%), les employés (64%), les ouvriers (59%) et les inactifs (68%).

Pour autant, le rapport de force s'est un peu resserré par rapport à la mesure réalisée "à chaud" le 22 avril, après la diffusion des résultats du 1er tour. A 53% (-1) contre 47%  (+1), c'est même l'écart le plus faible relevé entre François Hollande et Nicolas Sarkozy, de toute la série des intentions de vote second tour Ipsos/Logica Business Consulting, initiée en octobre 2011. Ce rapprochement des courbes n'est pas lié à de meilleurs reports de voix de l'électorat de Marine Le Pen en faveur de Nicolas Sarkozy, qui se sont au contraire dégradés la semaine dernière, passant de 60% à 54% (32% des électeurs de Marine Le Pen n'expriment pas d'intentions de vote, +10, 14% choisissent François Hollande, -4). En revanche le Président sortant bénéficie aujourd'hui de reports un peu plus favorables dans l'électorat de François Bayrou (40%, +8 points en une semaine contre 34% pour François Hollande, +1 et 26% qui n'expriment pas d'intentions de vote, -9) ; dans le même temps, l'électorat de Jean-Luc Mélenchon est un peu moins mobilisé derrière François Hollande qu'au soir du premier tour (80% d'intentions de vote, -6 contre 17% qui ne se prononcent pas, +6, 3% pour Nicolas Sarkozy). Sur plus long terme, l'écart entre les deux finalistes s'est aussi resserré à la faveur de la baisse de "l'anti-sarkozysme" pendant la campagne : en février dernier, 57% des électeurs "souhaitaient vraiment que Nicolas Sarkozy soit battu" ; ils ne sont plus que 45% (-12 points) de cet avis aujourd'hui.

A une semaine du premier tour, François Hollande reste donc le favori du scrutin, sans qu'il faille toutefois exclure une victoire sur le fil de Nicolas Sarkozy. On obtient par exemple un rapport de force équilibré si les quatre conditions suivantes sont remplies simultanément :

  • que le Président sortant bénéficie de reports de voix dans l'électorat du Front National comparables à ceux de 2007, supérieurs à 65% ;
  • que Nicolas Sarkozy rassemble plus de la moitié des électeurs de François Bayrou ;
  • qu'il mobilise un peu plus d'abstentionnistes du 1er tour que François Hollande ;
  • que les reports de voix de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon sur François Hollande restent au niveau mesuré dans cette enquête, et ne s'améliorent pas.

Même si cela semble compliqué, l'élection n'est donc pas encore jouée.  22% des électeurs certains d'aller voter interrogés dans notre enquête se réservent d'ailleurs encore la possibilité de changer d'avis, un niveau d'indécision qu'on n'avait plus mesuré depuis la mi-mars.

Auteur(s)

Articles liés

  • Intentions de vote à Nîmes | Élection Municipales 2026 | Sondage

    Municipales 2026 à Nîmes : Vincent Bouget en tête des intentions de vote devant Julien Sanchez

    Après 25 ans à la tête de la municipalité, Jean-Paul Fournier, le maire de Nîmes (Les Républicains) tire sa révérence, laissant place à une bataille qui pourrait bien redistribuer les cartes du pouvoir local.
    À quelques jours seulement du premier tour des élections municipales, Ipsos bva dévoile les résultats d'une intention de votes à Nîmes, dont le terrain a été mené auprès de 700 Nîmois âgés de 18 ans et plus inscrits sur les listes de la ville, entre le 20 et le 28 février 2026.
  • Sondage Municipales 2026 à Paris | Intentions de vote

    Municipales 2026 à Paris : Emmanuel Grégoire en tête des intentions de vote devant Rachida Dati

    À moins de deux semaines des élections municipales 2026 à Paris, un sondage Ipsos bva-CESI École d'ingénieurs pour ICI Paris Île-de-France place Emmanuel Grégoire en tête des intentions de vote au premier tour (35%), devant Rachida Dati (27%). Sécurité, propreté et logement s’imposent comme les priorités des Parisiens, dans un scrutin marqué par de forts clivages politiques sur l’armement de la police municipale, la limitation de la vitesse sur le périphérique ou encore les pistes cyclables.
  • Ipsos | Frappes américaines en Iran | Téhéran | Donald Trump
    Géopolitique Enquête

    Quel regard portent les Américains sur les frappes en Iran ?

    Une nouvelle enquête Reuters/Ipsos USA, réalisée entre le 28 février et le 1er mars 2026, avant les déclarations du Pentagone sur la mort de trois soldats américains, révèle que 43 % des Américains désapprouvent les frappes militaires des États-Unis contre l'Iran, tandis que seuls 27 % les approuvent. Environ trois répondants sur dix se déclarent encore incertains.