60% des Français favorables à l’autorisation des mères porteuses

D’après l’enquête réalisée par Ipsos pour Top Santé et « Le Magazine de la Santé » diffusé sur France 5, 61% de Français sont favorables à ce que le recours à une mère porteuse soit autorisé en France. En revanche, la question de la rémunération des mères porteuses partage les partisans de la légalisation, et constitue le principal grief des opposants, qui rejettent « la commercialisation du corps humain ».

60% des Français favorables à l’autorisation des mères porteuses

Auteur(s)

  • Jean-François Doridot Directeur Général, Ipsos Public Affairs
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Six Français sur dix (61%) se disent favorables à ce que le recours à une mère porteuse soit autorisé en France, contre 33% qui s’y montrent opposés. Une majorité assez nette d’avis favorables se dégage dans toutes les catégories de population, à l’exception des personnes âgées de 70 ans. Dans le détail, les personnes favorables à l’autorisation des mères porteuses le sont massivement pour les couples hétérosexuels (87%), mais aussi en majorité pour les personnes célibataires (62%) ou les couples homosexuels (55%, notamment les femmes, les moins de 35 ans, et les plus diplômés).
De leur côté, les opposants à la légalisation des mères porteuses mettent essentiellement en avant le fait que cela représente pour eux une « commercialisation du corps humain » (52%, plutôt les femmes), loin devant « les conséquences psychologiques que cela impliquerait pour l’enfant » (25%) ou pour la mère porteuse (18%). Même si la gestation pour autrui n’est pas forcément rémunérée, les opposants y voient dans tous les cas une dérive possible vers la mise à disposition contre rétribution de l’utérus humain.
Concernant la rémunération de ces mères porteuses, les partisans de leur légalisation se montrent très partagés, la moitié d’entre eux (50%) considérant qu’elles devraient être payées si elles le souhaitent, l’autre moitié (49%) étant d’avis contraire.

Si le concept de mère porteuse est donc majoritairement approuvé, les Français se montrent plus réservés quant à y avoir recours à titre personnel : 42% disent qu’ils seraient « prêts à recourir à une mère porteuse s’ils ne pouvaient pas avoir d’enfant », mais la majorité (55%) indique ne pas l’envisager. Quant au fait de porter soi-même un enfant pour quelqu’un d’autre, la réticence est encore plus forte. Seules 17% des femmes seraient prêtes à le faire pour une personne qu’elles ne connaissent pas et qui n’arrive pas à avoir d’enfant. Tout en restant minoritaire, le taux d’acceptation grimpe à 39% s’il s’agit de « quelqu’un de très proche comme une sœur ou une amie ».

Le développement de l’infertilité : un problème qui inquiète les Français

Le développement de l’infertilité est jugé inquiétant par plus de deux Français sur trois (69%) lorsqu’ils songent à leur propre cas, et par une proportion encore plus massive (85%) lorsqu’ils pensent aux générations futures. Pour de nombreuses personnes en effet, ce phénomène est bien plus qu’une simple évolution révélée par des études scientifiques : c’est un phénomène qu’ils constatent au quotidien. Ainsi, un Français sur deux (49%) connaît quelqu’un dans son entourage qui a des difficultés pour avoir un enfant, dont 28% qui disent même connaître plusieurs couples dans ce cas.
Au ban des accusés, on pointe d’abord « la pollution et les pesticides » (45% de citations), loin devant « l’âge plus tardif de procréation du premier enfant » (24%), « la prise régulière et prolongée d’une pilule contraceptive » (16%) ou « une alimentation déséquilibrée » (7%). Dans le détail, on relève tout de même que les femmes sont deux fois plus nombreuses que les hommes (32% contre 16%) à mettre en avant l’âge tardif de procréation du premier enfant.

Une majorité de Français se dit prête à faire un don de sperme ou d’ovocyte

Pour faire face à cette baisse de la fertilité, le don de sperme ou d’ovocyte peut apparaître comme une solution. Bien que certains scientifiques s’alarment du manque de donneurs (en France en 2006, ils n’étaient que 248 donneurs de sperme pour 2 800 couples demandeurs), une majorité de Français se dit prête ou aurait été prête à effectuer un don. 56% des hommes accepteraient en effet de donner leur sperme, et 59% des femmes répondent de même concernant les ovocytes. Les plus volontaires sont les personnes qui connaissent dans leur entourage quelqu’un ayant du mal à avoir un enfant, avec des taux d’acceptation de 10 points supérieurs à la moyenne, pour les hommes comme pour les femmes. Dans touts les cas, les personnes qui envisagent le don estiment que cela doit rester anonyme et gratuit. 76% des Français se déclarent opposés à la rémunération des dons, 77% sont contre la levée de l’anonymat.


Fiche technique :

Echantillon représentatif de 1 017 Français âgés de 15 ans et plus, interviewés du 5 au 8 décembre 2008.

Auteur(s)

  • Jean-François Doridot Directeur Général, Ipsos Public Affairs

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