Baisse de popularité des personnalités et des Partis politiques

Traditionnellement, après une période de clémence estivale, les jugements des Français à l'égard de la classe politique redeviennent plus sévères à la rentrée. Cette année encore, Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin perdent chacun quatre points de bonnes opinions par rapport aux mesures d'août, dans un baromètre de l'action politique Ipsos-Le Point marqué par la baisse de popularité de toutes les personnalités testées, à l'exception d'Arlette Laguiller.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
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L'année dernière à pareille époque, Jacques Chirac perdait cinq points de bonnes opinions pour se retrouver à 50% de jugements favorables, ce qui constituait alors le plus bas niveau enregistré par le Président de la République depuis trois ans. Comparativement, la baisse de quatre points d'avis favorables mesurée dans cette dernière vague (52%, contre 56% en août) semble plus conjoncturelle. En septembre 2001, l'érosion de la popularité du Président était perceptible tant à gauche qu'à droite ; ce n'est plus le cas aujourd'hui. Si les avis défavorables des sympathisants de gauche (EG-PC-PS) progressent assez nettement (de 55 à 61%, plus six points), Jacques Chirac reste très fortement soutenu par les proches de droite (84% de bonnes opinions chez les sympathisants UMP-UDF, inchangé par rapport à août).
La structure de popularité du Premier ministre ressemble fortement à celle du chef de l'Etat. Jean-Pierre Raffarin bénéficie de 53% de jugements favorables (-4 points), contre 34% d'avis contraire (+ 4 points en un mois, et plus 20 points depuis son arrivée à la tête du gouvernement). Fortement soutenu par les proches de la droite (85% de bonnes opinions), il suscite lui aussi la défiance d'une majorité des sympathisants de gauche (55% de jugements défavorables).

Parmi toutes les autres personnalités testées, seule Arlette Laguiller voit sa popularité s'améliorer. Elle gagne ce mois-ci cinq points de bonnes opinions (41%), et redevient même majoritairement populaire chez les sympathisants de gauche (47% de jugements favorables contre 43% d'avis contraire). Peu à peu, les Français pardonnent – ou oublient – l'entre-deux tours de la Présidentielle, quand la chef de file de Lutte Ouvrière n'avait pas explicitement appelé à voter Chirac pour faire barrage à Jean-Marie Le Pen : très mal perçu dans l'opinion, ce positionnement avait fait brutalement chuter son solde de popularité de près de 20 points.

C'est Alain Madelin qui enregistre la plus forte baisse de popularité pour cette vague de rentrée (33% de jugements favorables, -9 points). Il perd aujourd'hui le bénéfice de sa présence médiatique pendant la joute présidentielle, pour retrouver des niveaux de popularité conformes à ceux enregistrés avant la campagne.
François Bayrou, dont la bataille pour maintenir l'UDF en dehors de l'UMP avait été appréciée, perd quant à lui six points de bonnes opinions, mais reste, après Nicolas Sarkozy, la personnalité de droite la plus appréciée de l'ensemble des Français (49% d'avis favorables). Le ministre de l'Intérieur occupe la troisième place du palmarès sur l'ensemble des Français (54% de bonnes opinions), derrière Bernard Kouchner (60% d'avis favorables) et Jack Lang (57%). Sarkozy reste surtout la personnalité préférée des sympathisants de droite, pour qui il fait presque l'unanimité (84% de bonnes opinions).

Les autres ministres semblent en revanche souffrir d'un important déficit de visibilité : 60% des Français ne se prononcent pas quant à l'action de Francis Mer au ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie ; 58% de non-réponses quant à l'action de Mattei à la santé, 57% de non-réponses pour l'action du ministre délégué à la ville Jean Louis Borloo. Plus surprenant peut-être, 40% des Français ne se sont pas prononcés quant à l'action de Roselyne Bachelot ; et encore 45% de non-réponses sur l'action de François Fillon au ministère du travail. Son projet de réforme de la loi sur les 35 heures semble tout de même apprécié par les sympathisants de droite, puisque 47% d'entre eux (+ 5 points) apprécient son action, contre 13% d'avis contraire. On est nettement plus sceptique à gauche (38% de mauvaises opinions, sans changement depuis la dernière vague), même si les avis favorables progressent également (23%, +4 points).

Le palmarès des partis politiques montre que l'UMP conserve actuellement la préférence des Français (51% de bonnes opinions, soit le même taux d'approbation que Les Verts, mais un pourcentage de jugements défavorables plus faible). L'UMP est majoritairement apprécié dans toutes les catégories de revenu, d'âge, et même socioprofessionnelles, à l'exception des ouvriers chez qui il bénéficie tout de même de 41% de bonnes opinions – contre 49% de mauvaises. Une écrasante majorité des sympathisants de Droite juge encore favorablement l'Union pour la Majorité Présidentielle, qui ne suscite une large défiance que chez les proches de la Gauche (64% de jugements défavorables).
Le PS de son côté peut se montrer envieux de la performance de l'UMP. Même s'il reste le Parti préféré des sympathisants de Gauche (77% de bonnes opinions, -4 points), sa popularité se dégrade dans des catégories qui encore récemment étaient acquis à sa cause. En particulier, 55% des cadres jugent aujourd'hui défavorablement l'action du Parti socialiste, soit neuf points de plus que le mois dernier et une part de mécontents dans cette catégorie socioprofessionnelle qu'on n'avait plus enregistré depuis l'arrivée des socialistes au pouvoir en juin 1997.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs

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