Addictions : l'alcool et les drogues reculent chez les jeunes, mais le protoxyde d'azote s'ancre dans les pratiques
Les chiffres clés de l'étude
▶︎ L’alcool perd 5 points, tandis que le cannabis en perd 2 par rapport à 2021.
▶︎ 12 % des jeunes ont déjà consommé du protoxyde d’azote ; 3 % en consomment régulièrement.
▶︎ 85 % des jeunes (consommateurs et non consommateurs de protoxyde) sont favorables à un durcissement de la législation encadrant le protoxyde d’azote..
▶︎ 34 % des consommateurs déclarent avoir déjà conduit une voiture après en avoir consommé.
▶︎ 81 % parmi l’ensemble des jeunes (73% parmi les consommateurs) reconnaissent pourtant que cette substance altère la capacité à conduire ou à se déplacer en sécurité.
Une baisse des consommations depuis cinq ans qui reste à nuancer
Les résultats du baromètre montrent une diminution progressive des usages réguliers de plusieurs substances depuis 2021.
La consommation régulière d’alcool poursuit sa baisse, passant de 50 % à 45 % des jeunes en cinq ans. Le cannabis suit la même tendance, avec une diminution de 10 % à 8 % des consommateurs réguliers.
La consommation de tabac reste globalement stable sur la période, à 27 % en 2026 contre 25 % en 2021. Les usages réguliers d’ecstasy, MDMA ou GHB demeurent limités à 5 %, tandis que la cocaïne et l’héroïne concernent chacune 4 % des jeunes interrogés.
Comme les années précédentes, les hommes et les 25-30 ans demeurent les populations les plus consommatrices, quelle que soit la substance observée.
Protoxyde d’azote : une pratique désormais installée chez les jeunes
Pour la première fois, le baromètre mesure précisément l’usage du protoxyde d’azote, alors que les derniers chiffres datent de 2022 (Santé Publique France).
L’étude révèle que 12 % des jeunes ont déjà expérimenté cette substance. Parmi eux, 3 % en consomment régulièrement et 9 % de façon occasionnelle.
Cette consommation reste fortement associée à un contexte festif :
- 42 % déclarent consommer « juste pour s’amuser » ;
- 71 % consomment lors de soirées entre amis ;
- mais 35 % déclarent également en consommer seuls à leur domicile.
Au-delà de la recherche de sensations, les motivations psychologiques occupent également une place importante :
- 21 % consomment pour se sentir bien ;
- 21 % pour déstresser ;
- 20 % pour « se laisser aller ».
L’usage concerne l’ensemble des catégories d’âge et apparaît légèrement plus fréquent chez les hommes, les actifs et les CSP+.
Une substance perçue comme dangereuse mais dont les risques restent parfois banalisés
Le protoxyde d’azote bénéficie aujourd’hui d’une forte accessibilité auprès des jeunes. Deux tiers d’entre eux estiment qu’il est facile de s’en procurer (66 %) et un sur deux considère qu’il s’agit d’un produit accessible et peu coûteux (50 %).
Pour autant, les jeunes ne le perçoivent pas comme une substance anodine. Ils attribuent au protoxyde d’azote une note moyenne de dangerosité de 8,7 sur 10, proche de celle associée aux drogues dures. Plus des deux tiers lui accordent même une note comprise entre 9 et 10 sur 10 (68 %).
Cette conscience du risque se traduit également par un fort soutien aux mesures de régulation : 85 % des jeunes se déclarent favorables à un renforcement de la législation encadrant cette substance.
Mais cette perception du danger diminue à mesure que la consommation augmente. La note moyenne de risque passe ainsi de 8,9/10 chez les non-consommateurs à 7/10 chez les consommateurs réguliers.
Par ailleurs, de nombreux consommateurs minimisent les dangers associés au protoxyde d’azote :
- 26 % considèrent qu’il suffit de ne pas en abuser ;
- 14 % estiment que les risques restent limités.
Des pertes de contrôle fréquentes et des conséquences sur la consommation
Une personne sur deux ayant déjà consommé du protoxyde d’azote déclare avoir perdu le contrôle au moins une fois sous son effet (50 %), dont 14 % qui rapportent plus de dix épisodes de perte de contrôle.
L’usage régulier semble également impacter la qualité de vie des consommateurs, avec 35 % affirmant ressentir des émotions plus négatives au quotidien.
Et cette consommation semble également influencer les parcours addictifs. Parmi les consommateurs de protoxyde d’azote consommant également d’autres substances :
- 14 % déclarent avoir commencé à consommer d’autres substances après avoir
expérimenté le protoxyde ; - 11 % indiquent avoir augmenté leur consommation d’autres produits ;
- 19 % déclarent au contraire avoir réduit ou arrêté la consommation d’autres
produits.
Chez les consommateurs réguliers de protoxyde d’azote, ces phénomènes apparaissent encore plus marqués.
Une mobilité encore trop souvent sous influence
Le baromètre met également en évidence la persistance de comportements à risque pendant les déplacements.
Parmi les consommateurs de protoxyde d’azote :
- 34 % déclarent avoir déjà conduit une voiture après en avoir consommé ;
- dont 14 % qui l’ont fait à plusieurs reprises ;
- 32 % ont utilisé une trottinette, un scooter ou une moto après consommation ;
- 30 % ont circulé à vélo.
Pourtant, 81 % des jeunes reconnaissent que la consommation de protoxyde d’azote altère la capacité à conduire ou à se déplacer en sécurité.
Cette contradiction se retrouve également dans l’expérience des passagers :
- 56 % des jeunes déclarent avoir déjà été témoins d’une conduite sous alcool ;
- 27 % sous cannabis ;
- 13 % sous l’emprise de drogues telles que la cocaïne, l’héroïne ou l’ecstasy ;
- 10 % sous protoxyde d’azote.
Chez les consommateurs de protoxyde, cette exposition est encore plus marquée : 38 % ont déjà été passagers d’un conducteur ayant consommé cette substance, une proportion qui atteint 66 % chez les consommateurs réguliers.
Enfin, il semblerait que comparativement aux consommateurs d’autres produits psychoactifs (tous confondus), les consommateurs de protoxyde déclarent davantage de comportements violents envers eux-mêmes (31 % contre 26 %), davantage d’accidents de la circulation (25 % contre 21 %) et davantage d’agressions physiques (21 % contre 18 %).
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À propos de l'enquête
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