Baromètre de l'action politique : le choc des régionales s'amortit

La vague d'avril du baromètre de l'action politique Ipsos-Le Point était largement marquée par les résultats des élections régionales : le couple de l'exécutif s'enfonçait dans l'impopularité mais les nouveaux ministres étaient bien accueillis, tandis que les leaders de gauche, Ségolène Royal en tête, bénéficiaient d'une "prime aux gagnants". Un mois après, le reflux est sensible, pour toutes les tendances évoquées : léger rebond de popularité de l'exécutif, fin de "l'état de grâce" pour les nouveau ministres, et jugements plus mesurés en faveur des personnalités de gauche.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
Get in touch

Le rebond de popularité dont bénéficie Jacques Chirac ne doit pas prêter à confusion. Certes, la progression de 4 points des bonnes opinions en sa faveur lui permet de retrouver le soutien d'un Français sur deux (50%, contre 46% de jugements défavorables), et la dégradation, continue depuis le début de l'année, est enrayée. Mais ce sursaut de popularité provient surtout de jugements un peu moins sévères des sympathisants de gauche (28% d'opinions favorables, + 10 points en un mois). A l'inverse, les avis se dégradent dans son propre camp : -5 points d'opinion favorable chez les proches de l'UMP, qui lui restent tout de même largement fidèles (80% d'avis favorables). En somme, on assiste à un phénomène de décrispation d'une opinion publique qui n'a plus l'impression d'être en campagne électorale, plutôt qu'à une réelle progression de l'adhésion à l'action du chef de l'Etat.
Le Premier ministre progresse lui aussi de 4 points, tout en restant largement impopulaire (40% de jugements favorables contre 56% d'avis contraire). Jean-Pierre Raffarin bénéficie surtout d'une confiance retrouvée chez les sympathisants UDF (61% de bonnes opinions, +9 points), et de la relative bienveillance des proches des Verts (30% d'avis favorables, +9 points).

La tendance est moins favorable pour les membres du nouveau gouvernement. Malgré leur forte médiatisation, les ministres ne bénéficient déjà plus du traditionnel état de grâce : à peine arrivés, leur popularité s'oriente à la baisse. La plus forte chute concerne Dominique de Villepin, le nouveau ministre de l'Intérieur, qui perd 9 points, à 48% d'avis favorables, alors qu'il avait gagné 16 points le mois dernier. Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale, qui avait progressé de 20 points en avril, baisse à présent de 4 points, à 44% d'opinions favorables. La ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie avait gagné 10 points pour en perde 4 aujourd'hui (47% d'opinions favorables). Même Nicolas Sarkozy perd 5 de bonnes opinions. A 61% d'avis favorables, le ministre de l'Intérieur demeure néanmoins le leader de droite le plus populaire. Son passage de l'Intérieur aux Finances s'est passé sans altération notable de sa popularité. Plus globalement, malgré ces phénomènes d'amortissements, les nouveaux ministres se sont installés aux premières places des personnalités préférées des sympathisants de droite. On notera encore la bonne performance de Philippe Douste-Blazy qui dans ce contexte défavorable fait exception à la règle, en progressant de 2 points sur l'ensemble de l'échantillon, de 4 points chez les proches de la droite parlementaire (70% d'avis favorables). Le ministre de la Santé rejoint lui aussi le groupe de tête des leaders de droite.

A gauche, la prime aux vainqueurs s'estompe également. Symptomatiquement, Ségolène Royal perd 4 points, à 52% de bonnes opinions. Le Parti socialiste, qui avait gagné 5 points de jugements favorables en avril, en perd un (50%). Plus globalement, les personnalités de gauche qui avaient bénéficié d'un "effet régionales" enregistrent toutes une baisse plus ou moins forte de popularité. Moins deux points pour François Hollande (40% d'opinions favorables), moins 1 pour Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius (respectivement 40% et 36%d'opinions favorables). Ces personnalités baissent également au palmarès établi par les sympathisants, dans lequel Ségolène Royal est toujours en tête. Jack Lang (73% d'avis favorables), Bertrand Delanoë (72%) et Bernard Kouchner (70%) sont au coude à coude pour compléter le podium.


Fiche technique :

SONDAGE EFFECTUE POUR : LE POINT

DATE DU TERRAIN : Les 6 et 7 Mai 2004

ECHANTILLON : 956 personnes constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

METHODE :

  • Etude réalisée par téléphone.
  • Quotas : sexe, âge, profession du chef de famille, catégorie d’agglomération, région.
  • Auteur(s)
    • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs

    Société