Baromètre d'opinion de la Drees 2026 : les sujets de désaccord des Français avec leurs proches
La politique, premier facteur de désaccord
La politique apparaît comme le principal sujet de désaccord chez les Français : en 2025, 59% déclarent y être confrontés (dont 17% « souvent » et 42% « parfois », soit un niveau stable par rapport à 2024). À l’inverse, 20% déclarent qu’ils ont rarement des divergences à ce sujet, et autant affirment n’en avoir jamais.
Ce résultat invite à penser le caractère politisé des relations interpersonnelles, mais aussi à nuancer son interprétation. Un niveau élevé de désaccord peut refléter une conflictualité idéologique réelle, mais aussi une plus grande propension à discuter de politique. À l’inverse, les 20% qui déclarent « ne jamais » avoir de conflits ne sont pas nécessairement d’accord entre eux : cela peut indiquer un évitement du sujet, une homogénéité sociale des entourages, ou encore une moindre politisation, un désintérêt pour les sujets associés.
Les questions économiques arrivent en deuxième position, suivies des conflits internationaux et de l’écologie
Les questions économiques arrivent en deuxième position, avec 45% de Français déclarant des désaccords (dont 10% « souvent »), une proportion qui reste stable par rapport à 2024.
En troisième position, les conflits internationaux suscitent des désaccords chez 43% des Français, mais seulement 9% y sont « souvent » confrontés. Une majorité (57%) déclare en avoir rarement (27%) ou jamais (30%).
L’écologie est sujet de désaccords dans l’entourage de 42% des Français (contre 44% en 2025). Enfin, la religion apparaît comme le sujet le moins conflictuel, avec 32% d’enquêtés évoquant des désaccords. Une large majorité (67%) déclare ne jamais ou rarement avoir de désaccords à ce sujet, dont 40% « jamais ». Ce faible niveau peut sans doute s’expliquer par une certaine homogénéité religieuse au sein des cercles relationnels, ou encore par le caractère privé du sujet, qui serait donc moins discuté, en tout cas moins que les sujets économiques et politiques.
Des variations importantes selon le genre
Les hommes déclarent plus fréquemment que les femmes rencontrer des désaccords sur plusieurs sujets : politiques (63%), économiques (49%) ou encore les conflits internationaux (47%). Sur l’ensemble de ces thèmes, l’écart avec les femmes atteint 8 points. Ces différences peuvent refléter des modes de socialisation distincts lorsqu’il s’agit de débattre de sujets de société, les hommes étant davantage encouragés à y prendre place.
Des différences significatives selon les catégories socio-professionnelles et le territoire
Les cadres et professions supérieures apparaissent comme les plus concernés par les désaccords sur l’ensemble des sujets hormis la religion. A titre d’exemple, concernant la politique : 70% des professions libérales et des cadres supérieurs citent des désaccords avec leur entourage proche, contre 64% chez les professions intermédiaires et 53% chez les employés. De manière similaire, en matière d’économie, des écarts significatifs apparaissent selon la CSP : 58% des cadres déclarent des désaccords, contre 41% des employés et 40% des ouvriers.
Sur l’ensemble des sujets, les divergences sont significativement plus fréquentes chez les CSP+. Cette hiérarchie renvoie à plusieurs mécanismes : un niveau de politisation plus élevé, une exposition accrue à l’information, mais aussi des sociabilités dans lesquelles le débat est plus valorisé ?
Les différences d’opinion au sein de l’entourage sont moins fréquentes chez les personnes résidant en communes rurales et augmentent avec la taille de l’unité urbaine, atteignant un maximum en agglomération parisienne : politique (72% contre 53% dans les communes rurales), économie (58% contre 39%), écologie (53% contre 37%), religion (49% contre 20%) et conflits internationaux (64% contre 28%). Les grandes unités urbaines, en particulier l’agglomération parisienne, concentrent une part plus importante de cadres et de professions supérieures, tandis que les communes rurales sont davantage composées de catégories populaires. Les écarts observés selon le territoire reflètent en partie une structure sociale différenciée.
Une société différenciée dans ses pratiques du débat ?
Les données du baromètre ne nous permettent pas de connaître la forme que peuvent prendre ces désaccords : une connaissance plus précise des mésententes déclarées nous permettrait de savoir si ces désaccords mènent simplement à des discussions argumentées, ou s’ils traduisent un véritable clivage mettant fin à toute discussion.
Cette question amène également d’autres réflexions : les désaccords déclarés reflètent-ils des oppositions plus marquées ou une plus grande liberté de parole ? L’absence de désaccord traduit-elle un accord réel ou une mise à distance des sujets potentiellement sensibles ? Certains groupes sont-ils davantage traversés par des clivages ou simplement plus enclins à les exprimer ?
À propos de la Drees
La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) est le service statistique ministériel dans les domaines de la santé et du social.
Créée par décret en 1998, la Drees fait partie du service statistique public. À ce titre, son action s’appuie sur un engagement déontologique fort reposant notamment sur l’indépendance, la qualité, le respect du secret statistique, l’impartialité et l’objectivité.
La Drees intervient également en appui à la conception et à l’évaluation des politiques publiques.
Elle apporte par ailleurs ses compétences pour développer le partage des données, algorithmes et codes au sein des ministères chargés de la santé et des solidarités.
Elle agit sous la tutelle du :
- Ministère de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des personnes handicapées ;
- Ministère du Travail et des Solidarités ;
- Ministère de l'Action et des Comptes publics.
Elle est également placée à la disposition des Ministères Transition écologique, Aménagement du territoire, Transports, Ville et logement.
Le Décret n°2000-685 du 21 juillet 2000 précise ses missions (article 8). Le décret n° 2023-233 du 30 mars 2023 le complète en indiquant que la Drees est responsable, dans le respect de l'indépendance professionnelle, de la production statistique dans ces domaines, en liaison avec l'Insee, et qu’elle constitue l'autorité nationale pour la production de certaines statistiques européennes dans ces domaines de compétence. Il indique également que le directeur de la Drees est administrateur ministériel des données, des algorithmes et des codes dans les domaines de la santé et des solidarités.
À propos de l'enquête
Depuis 2004, chaque année, la Drees confie à Ipsos bva, la réalisation de son Baromètre d’opinion, qui est un outil de référence pour analyser l’évolution de l’opinion des Français sur leur santé, la protection sociale (assurance maladie, retraite, famille, handicap-dépendance, pauvreté-exclusion) ainsi que sur les inégalités sociales et la cohésion sociale. L’enquête existe depuis 2000.
Les données de la vague 2025 ont été collectées en face-à-face du 13 octobre au 18 décembre 2025, auprès d’un échantillon de 4 002 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans ou plus habitant en France métropolitaine et constitué d’après la méthode des quotas.
La Drees, Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques est le service statistique ministériel dans les domaines de la santé et du social. Créée par décret en 1998, la Drees fait partie du service statistique public. Elle agit sous la tutelle du : Ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités, et du Ministère de l’Économie.