Chirac et Jospin sur une pente ascendante

La dernière vague du baromètre politique Ipsos / Le Point indique que la conjoncture est favorable aux deux têtes de l'exécutif, qui enregistrent tous deux une hausse de popularité. Laurent Fabius retrouve quant à lui pour la première fois depuis l'affaire du sang contaminé un solde d'opinions positif.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
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Est-ce une façon pour les Français de souhaiter un bon anniversaire au Président de la République ? Toujours est-il que Jacques Chirac entame sa sixième année à l'Elysée avec son plus fort taux de popularité depuis un an. Le chef de l'Etat progresse quelles que soient les catégories de personnes considérées. Il gagne des points tant chez les jeunes que les plus âgés, à droite comme à gauche, dans les tranches de revenus modestes ou plus favorisés. Avec 69% d'opinions favorables et 22% d'opinions défavorables, soit un solde de + 47 points, Jacques Chirac est très confortablement installé dans son fauteuil de président de la cohabitation.

Plus spectaculaire encore est la remontée de popularité qu'enregistre Lionel Jospin. Sa cote, malmenée depuis février, suite à l'affaire de la "cagnotte", au voyage controversé au Moyen Orient, et aux conflits sociaux aux Finances et dans l'Education Nationale, retrouve son niveau de la fin 1999. Le Premier ministre atteint les 60% d'opinions favorables (+9 points). Cette remontée est surtout due au rétablissement de sa popularité auprès des sympathisants de droite. Lionel Jospin avait en effet atteint des records d'impopularité auprès de cet électorat en début d'année ; on assiste aujourd'hui au retour d'une certaine indulgence des proches de la droite pour le Premier ministre. Il gagne en effet 20 points d'opinions favorables auprès des sympathisants de l'UDF, 14 points chez les proches du RPR et 33 points chez les proches du RPF. En terme de solde, sa popularité progresse de 16 points (+ 26). Il n'a toutefois pas encore comblé le retard vis-à-vis Jacques Chirac, accumulé depuis février.

Les hausses conjointes de popularité du Premier ministre et du Président de la république semblent en outre indiquer que la bataille électorale pour la présidence de 2002 n'a pas, dans l'esprit des Français, véritablement commencé. Jacques Chirac progresse à gauche, Jospin se rétablit auprès des sympathisants de droite. On est plutôt encore au cœur d'une cohabitation installée et appréciée des Français, et moins dans une phase de cristallisation de chaque électorat.

Très importante également est la remontée, dans ce baromètre, de Laurent Fabius. Alors qu'il a n'a jamais dépassé 37% d'opinions favorables depuis deux ans, il bénéficie, pour la première fois depuis sa mise en examen dans l'affaire du sang contaminé, d'un solde d'opinions positif (+ 8 points avec 47% d'opinions favorables et 39% d'opinions défavorables). 

Son entrée au gouvernement a incontestablement été bien ressentie par les Français. Laurent Fabius progresse surtout à gauche (+ 8 points d'opinions favorables), mais on enregistre également l'amélioration de sa popularité auprès des sympathisants de droite. S'il progresse quel que soit le niveau de revenu des personnes interrogées, on note que le ministre de l'Economie et des Finances rassure surtout les classes moyennes (+ 7 points dans la tranche 108 000 - 180 000 F de revenu annuel, et +16 points dans la tranche 180 000 - 300 000 F).
A droite, Philippe Séguin progresse encore pour atteindre les 53% d'opinions favorables (+3 points). Cette augmentation régulière depuis décembre lui permet aujourd'hui de figurer à la quatrième place du palmarès des leaders politiques, derrière le trio de tête composé de l'indétrônable Bernard Kouchner, d'Elisabeth Guigou qui progresse encore et ravit la deuxième place du classement à Jack Lang. Surtout, Philippe Séguin est placé en première position par les sympathisants de droite, avec 79% d'opinions favorables (+3 points). Peut-être parce qu'il est présenté dans les médias, dans les sondages, comme le seul candidat capable de conserver la mairie de Paris face à la gauche lors des prochaines municipales, les sympathisants de droite se rangent de plus en plus nombreux derrière lui.
Michèle Alliot-Marie quant à elle stagne toujours dans le dernier quart du palmarès. Un tiers des Français n'ont toujours pas d'idées, favorables ou défavorables, sur son action politique, soit le record de non-réponses. Même parmi les proches du RPR, 22% ne se prononcent pas sur l'action de la présidente de ce mouvement. Espérons pour elle que la désignation du candidat de droite pour la bataille des municipales à Paris lui permettra de résoudre ce problème de lisibilité.

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  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs

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