Consommation : Qui dit mieux ?

Depuis quelques années, et singulièrement depuis que la « crise » s’est installée dans notre quotidien, on évoque régulièrement l’idée de « consommer mieux ». Pour certains, il s’agirait d’un impératif pour « sauver la planète ». Pour d’autres, consommer mieux serait une opportunité pour relancer l’innovation dans de nombreux secteurs. Pour d’autres encore, cela serait une façon d’augmenter la « qualité de vie » des citoyens… Mais que signifie au juste « consommer mieux » pour un consommateur ? Est-ce consommer « moins », comme on le dit parfois ? Est-ce consommer « moins cher » ? C’est précisément l’objectif de la dernière enquête réalisée en ligne par Ipsos Marketing pour Marketing Magazine au mois de février 2009. Près de 500 personnes ont été soumises au même exercice : désigner dans une liste de vingt propositions, les cinq qui leur paraissaient le plus proches de leur vision du « consommer mieux ».

Le triptyque « environnement-santé-utilité »

Quelque soit leur âge ou leur sexe, trois propositions ont retenu plus particulièrement l’attention des Français. D’abord, pour 51% d’entre eux, consommer mieux signifie « acheter des produits respectueux de l’environnement ». Ensuite, 46% pensent qu’il s’agit d’acheter des produits « bons pour la santé ». Enfin, consommer mieux, c’est aussi « n’acheter que des produits utiles » pour 40% des personnes interrogées. A ce triptyque « environnement-santé-utilité », il convient d’ajouter un dernier trait, lui aussi essentiel, et qui forme la synthèse des trois premiers : la « qualité » plébiscitée par 39% de l’échantillon, en particulier par les individus âgés de 35 ans et plus (44%). C’est donc des comportements plus rationnels que la majorité valorise – comportements qui engagent le bien-être des individus et de leur environnement.
A noter : acheter « moins cher » ou acheter « des produits en promotion » ne signifient pas nécessairement « consommer mieux». De même, acheter des « produits locaux » ne fait pas partie du cœur de l’évaluation. En fait, le point le plus intéressant de cette enquête réside sans doute dans le fait qu’« acheter moins de produits » se retrouve en fin de liste. Seulement 10% de l’échantillon associe l’idée de « consommer mieux » à celle de « consommer moins ». Même si la conjoncture actuelle incite les consommateurs à réduire leurs achats, ce n’est a priori pas une tendance durable. Une bonne nouvelle pour les marques…

L’éthique et l’échange : des valeurs d’avenir ?

Passons maintenant aux comportements déclarés. Quels sont ceux qu’ils font aujourd’hui et quels sont ceux qu’ils envisagent de faire demain ? On peut classer ceux-ci en trois catégories. Il y a d’abord les comportements que les Français déclarent faire depuis « de nombreuses années » : « ne pas jeter des produits qui peuvent encore servir » (64%), acheter des « produits moins chers » (54%) ou acheter « des produits qui durent longtemps » (51%). Pour plus de la moitié de l’échantillon, ces pratiques sont bien ancrées dans leurs habitudes.
En second lieu, il y a les pratiques plus récentes, celles datant de quelques mois. On note, dans ce groupe, l’achat de « produits respectueux de l’environnement » (24%) ou de « produits éthiques, issus du commerce équitable » (20%). Preuve que la crise actuelle a plutôt tendance à favoriser la consommation « responsable ».
Enfin, la troisième catégorie de comportements concerne ce que les Français envisagent pour le futur. Outre les produits respectueux de l’environnement et les produits équitables dont le décollage est déjà amorcé dans les linéaires, 25% des Français expriment un intérêt pour le troc ou l’échange, et 23% d’entre eux envisagent la location de produits plutôt que l’achat (23%). Pratiques aujourd’hui très minoritaires, mais qui pourraient grandir dans les années qui viennent…

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