Discrimination au travail : un mal largement répandu

Pour l'embauche comme pour les évolutions de carrière, de nombreux salariés français doutent que les entreprises ne se basent que sur des notions de compétence pour prendre leurs décisions. L'enquête Ipsos-Rebondir montre que les plus de cinquante ans sont aujourd'hui les premières victimes de ces discriminations.

Aujourd'hui, plus d'un actif sur dix a le sentiment d'avoir déjà fait l'objet de discrimination lors d'une recherche d'emploi. Près d'un sur cinq estime en avoir été victime sur son lieu de travail. Et plus d'un sur quatre aurait été témoin de tels comportements sur son lieu de travail, vis à vis d'un collègue ou d'un candidat à l'embauche.La discrimination au travail est donc une réalité tangible, qui concerne de façon relativement uniforme toutes les catégories d'actifs. Les hommes sont à peine un peu moins nombreux que les femmes à avoir eu le sentiment de subir ce type d'injustice ; toutes les catégories socio-professionnelles sont concernées, avec des taux légèrement supérieurs auprès des ouvriers et des cadres supérieurs ; la discrimination est enfin aussi fortement ressentie par les salariés du privé que du public.

On se rend mieux compte de l'ampleur du problème lorsque l'on place les salariés face aux situations concrètes et au détail des différents types de discriminations envisageables. Ainsi, une large majorité des personnes interrogées ne pensent pas qu'à formation et compétences égales, une personne de plus de cinquante ans a les mêmes chances que les autres d'être embauchée (58%) ou promue (46%) dans son entreprise. Les plus de cinquante ans arrivent en tête du hit-parade des discriminés, devant les personnes handicapées (pénalisées à l'embauche pour 49% et freinées dans leur évolution de carrière selon 42%). Suivent les femmes avec enfants en bas âge, ou désireuses d'en avoir, et les syndiqués, qui auraient moins de chances d'être embauchés selon quatre salariés sur dix. Les personnes d'origine africaine ou maghrébine, les obèses ou les individus de très petite taille, feraient l'objet de discrimination à l'embauche pour un tiers des interviewés. En queue de ce peu reluisant classement, les homosexuels subiraient tout de même une discrimination à l'embauche dans l'entreprise d'un salarié sur quatre, et seraient pénalisés dans leur progression de carrière pour près d'un salarié sur cinq ! L'imperfection du marché du travail est loin d'être un problème purement économique.

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Auteur(s)

  • Etienne Mercier
    Etienne Mercier
    Directeur du département Public Affairs Santé

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