Dominique Strauss-Kahn en tête mais en baisse, Martine Aubry et François Hollande plus que jamais dans la course
Clairement orientée à la baisse, la dernière vague du baromètre de l'action politique Ipsos-Le Point révèle un recul des popularités de 28 des 36 personnalités testées. Seule Martine Aubry échappe significativement à cette tendance baissière, avec un gain de 3 points de bonnes opinions ; Nicolas Sarkozy enregistre de son côté un nouveau record d'impopularité.
La dernière vague du baromètre politique Ipsos-Le Point est marquée par une baisse généralisée des popularités des responsables politiques. Sur les 36 personnalités testées, 28 sont en recul, contre seulement 6 qui progressent. Après les bons résultats du Parti Socialiste aux cantonales et la présentation du projet pour 2012, Martine Aubry gagne tout de même 3 points d'opinions favorables (47%), mais cela constitue la meilleure progression du palmarès. La première secrétaire gagne également 3 points chez les sympathisants socialistes (77% d'avis favorables), ce qui lui permet de retrouver la première place dans son camp.
Suite à sa réélection à la présidence du Conseil général de Corrèze et à l’annonce officielle de sa candidature aux primaires socialistes d’octobre prochain, François Hollande confirme lui aussi une progression amorcée depuis plusieurs mois. Il recueille aujourd'hui 49% d’avis favorables, en hausse d'un point par rapport à mars, mais surtout de 14 points depuis l’été dernier, qui lui permettent d'intégrer le top 5 des personnalités politiques préférées des Français (4ème). François Hollande est à 72% d'avis favorables chez les proches du PS (+1 point en un mois, +21 points depuis août), où il se classe deuxième derrière la Maire de Lille.
Martine Aubry et François Hollande restent donc bien présents dans la course à l'investiture socialiste pour 2012. D’autant plus que Dominique Strauss-Kahn, après la forte hausse du mois dernier, rechute une nouvelle fois : en baisse de 11 points, son action ne séduit plus qu'un Français sur deux (52%). Il conserve néanmoins la tête du palmarès, devant Rama Yade (52% d'avis favorables – 2 points) et Bertrand Delanoë (50%, inchangé). Moins présent médiatiquement dans la séquence cantonales / projet, le directeur du FMI est également en recul chez les sympathisants socialistes (69% d'avis favorables, -10 points).
Réalisée les 8 et 9 avril, cette vague du baromètre ne mesure que partiellement l'impact du départ de l'UMP de Rama Yade. Elle révèle en revanche l'évolution contrastée de la popularité de Jean-Louis Borloo. La baisse de deux points des avis favorables sur l'ensemble de l'échantillon (48%) masque une nette progression chez les sympathisants de gauche (53%, +9 points), mais aussi la sanction des proches de l'UMP (57%, -9 points). La chute est encore plus forte chez les sympathisants du Front National (23%, -28 points).
L’arrivée de Jean-Louis Borloo dans son espace politique ne semble en tout cas pas faire l’affaire de François Bayrou. Le leader du Modem perd 11 points de bonnes opinions (34%), avec un recul aussi net à droite (-11 points auprès des proches de l’UMP, 24%) qu’à gauche (-12 chez les sympathisants socialistes, 39%).
Au lendemain de la défaite de l’UMP aux élections cantonales, Nicolas Sarkozy bat une nouvelle fois son record d’impopularité : seulement 29% des Français (-2 points par rapport au mois dernier) portent un jugement favorable sur son action, contre 68% (inchangé) d’avis contraires. Il s’agit là du deuxième plus mauvais score mesuré pour un président de la République depuis la mise en place du baromètre, seul Jacques Chirac ayant fait moins bien (27%) en juin 2005, au lendemain du référendum sur la Constitution européenne. Fait nouveau, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy passe sous la barre des 70% auprès des sympathisants UMP (67%, contre 33% de jugements négatifs). La stratégie du "ni-ni" (ni Front Républicain, ni Front National) a donc fait débat dans son propre camp…sans se révéler payante auprès de sympathisants du FN toujours aussi critiques à son égard (seulement 20% de bonnes opinions, +1 point). L’évolution de la cote de popularité de Claude Guéant, qui a multiplié ces dernières semaines les déclarations polémiques sur la place des immigrés en France, s'inscrit dans une logique comparable. Le ministre de l’Intérieur recule de 12 points chez les proches du FN (20% d’avis positifs) en même temps que son solde d’image* se dégrade chez les sympathisants UMP (+13 points, contre +18 le mois dernier). A noter encore que le débat sur la laïcité n'aura pas non plus permis de redorer le blason des leaders de l'UMP. Jean-François Copé perd 5 points de bonnes opinions sur l'ensemble des Français (27% de jugements favorables), et quatre points chez les sympathisants UMP (57%).
Dans cette conjoncture défavorable aux membres de la majorité, François Fillon réussit à conserver une popularité équilibrée (46% de jugements favorables, -2 points contre 46% d'avis contraires, -1 point). Le Premier ministre reste surtout très populaire dans son camp (84% d'avis favorables, -1 point), où il devance de plus en plus largement Nicolas Sarkozy (17 points d’écart aujourd'hui).
Quant à Marine Le Pen, elle recule de 4 points par rapport au mois dernier (28%), après les fortes hausses mesurées depuis le début de l’année. La nouvelle présidente du Front National reste néanmoins à un niveau de popularité relativement élevé, notamment chez les ouvriers (40%, +4 points) mais perd du terrain chez les sympathisants UMP (27%, -12 points), les femmes (25%, -8 points) et les retraités (27%, -11 points), des catégories de population auprès desquelles elle avait réussi à élargir l’audience de son père.
*différence entre pourcentage d'opinions favorables et défavorables
Fiche technique :
Sondage effectué pour : Le Point
Dates du terrain : Les 8 et 9 avril 2011
Echantillon : 950 personnes constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18ans et plus.
Méthode : Etude réalisée par téléphone.Quotas : sexe, âge, profession du chef de famille, catégorie d’agglomération, région.
Comme pour toute enquête quantitative, cette étude présente des résultats soumis aux marges d'erreur inhérentes aux lois statistiques.