Elections en Hongrie : remontée de l'opposition
Le parti socialiste au pouvoir demeure en tête dans les sondages préélectoraux. Mais son principal adversaire de centre-droite rattrape une partie de son retard.
A cinq semaines des élections générales en Hongrie, l'opposition remonte son handicap face à la majorité de gauche sortante. Selon la dernière enquête Szonda-Ipsos publiée lundi 6 mars par le quotidien "Nepszabadsag", l'avance du parti socialiste au pouvoir sur la principale formation d'opposition de droite est passée de 13 points en février à 9 points aujourd'hui. Le parti socialiste hongrois (MSzP) est désormais crédité de 35% des intentions de vote (contre 38%) tandis que le parti des jeunes démocrates (Fidesz) se situe à 26% (au lieu de 25%). L'institut de sondage hongrois appartenant au groupe Ipsos souligne que, depuis janvier, l'écart diminue entre les socialistes, qui avaient remporté une large victoire en 1994, et leur principaux adversaires.
Les enquêtes d'autres instituts donnent un écart nettement plus faible entre les deux principaux protagonistes de cette compétition électorale. L'institut Gallup, dans une enquête publiée la semaine dernière, attribue 22% des intentions de vote aux socialistes et 18% à la formation de centre-droit Fidesz. Un sondage réalisé par l'institut Tarki-Szazadveg estime à 34% le vote socialiste et à 32% le potentiel de la formation adverse. Le Fidesz semble bénéficier de la popularité de son leader, Viktor Orban, qui égale celle du premier ministre sortant, le socialiste Gyula Horn.
Le gouvernement sortant peut s'appuyer sur les compliments récemment adressés à la Hongrie par un rapport de la Commission Européenne saluant son bon fonctionnement démocratique ainsi que la compétitivité de son économie. Un jugement important dans la mesure où les Hongrois, qui ont voté à 85% en faveur de leur intégration à l'Otan en novembre 1997, sont d'ardents candidats à l'entrée dans l'Union Européenne. Le rythme de la croissance économique a été d'environ 4% l'année dernière.
Mais la population est sensible aux mesures d'austérité qui ont freiné son pouvoir d'achat. La question de l'insécurité pèse aussi sur cette campagne électorale, l'opposition promettant une plus grande fermeté face au développement des violences et des délits. Le pouvoir est enfin handicapé par la polémique soulevée à propos de la construction d'une immense barrage sur le Danube entre la Slovaquie et la Hongrie. Sous la pression d'une virulente opposition environnementaliste, le pouvoir hongrois avait renoncé à ce projet, décidé dans les années soixante-dix, en 1989. Mais la Cour de justice internationale a obligé l'année dernière les deux pays à s'entendre et à reprendre les travaux sur les bases d'un nouvel accord.