Epargne solidaire : un intérêt à consolider

Mieux connue, mais encore insuffisamment, l'épargne solidaire pourrait séduire un bon tiers de Français aujourd'hui. Reste à traduire ces intentions dans les faits, notamment en apportant aux potentiels souscripteurs des garanties précises sur l'utilisation des fonds.

Une progression de 11 points de la notoriété du terme "épargne solidaire"

26% des Français déclarent avoir déjà entendu parler de "l'épargne solidaire". Une question similaire, posée par le CREDOC en octobre 2003, situait ce score à 15%, soit une progression sensible en l'espace d'un an. Le gain de notoriété est encore plus important si on se réfère au score enregistré en 2001 (12%). Cette notoriété se situe cependant encore loin de celle du "commerce équitable", qui, mesurée par Ipsos en 2004 se situait à 51%, après une progression régulière et forte depuis quatre ans : 9% en 2000.
Ce décalage de notoriété entre les deux termes s'explique pour partie par la relative nouveauté du terme "épargne solidaire" dans le paysage médiatique, mais également par une accessibilité moindre : si le commerce équitable s'affiche dans les supermarchés, l'épargne solidaire suppose une connaissance minimale des mécanismes financiers. Ainsi, et de manière logique, la notoriété du terme croît sensiblement avec la position sociale et le revenu. Les artisans, commerçants et chefs d'entreprises (47%), les cadres supérieurs (41%), les personnes disposant de revenus (39%) ou d'un niveau d'études supérieur (46%) sont les plus nombreux à connaître l'épargne solidaire.

Un attrait réel pour le principe de l'épargne solidaire, qui ne s'est aujourd'hui que faiblement concrétisé

Un tiers des personnes interrogées (36%) estiment qu'elles pourraient souscrire un produit d'épargne solidaire " compte tenu de ses objectifs, même si le rendement financier est moindre". En revanche, pour 54%, la priorité en matière d'épargne demeure le rendement financier du produit souscrit. Les catégories sociales les plus au fait du terme "d'épargne solidaire" et donc, a priori, du concept, sont également les plus enclines à se déclarer intéressées par la souscription à un produit d'épargne solidaire, à l'exception notable des inactifs (faible notoriété initiale, mais intérêt fort quant à la souscription).
Cet intérêt sur le principe n'est pas négligeable financièrement. Les personnes qui se déclarent potentiellement intéressées par cette offre placeraient en effet la moitié de leur épargne sur un produit d'épargne solidaire, le reste étant réparti sur des produits d'épargne classique. Reste désormais à concrétiser ces intentions et cet attrait de principe, car les comportements réels restent très minoritaires.

Un besoin de garanties et de labellisation

Interrogées sur ce qui pourrait les convaincre d'investir dans un produit d'épargne solidaire, les personnes intéressées demandent en premier lieu à ce que ces produits soit labellisés (44%), de manière à avoir la garantie "de la bonne utilisation des fonds recueillis". Il s'agit là de leur première attente, loin devant les autres réponses proposées : 15% demandent à ce que soit mise en place "une campagne d'information expliquant ce qu'est l'épargne solidaire et à quoi elle sert", une proportion identique (15%) souhaitant "une communication des associations caritatives bénéficiant des produits d'épargne solidaire". Ce dernier item synthétise d'ailleurs cette double demande de réassurance et d'information. Le principe d'une déduction fiscale n'est, quant à lui, réclamé que par 14% des personnes interrogées. Enfin la présentation systématique, par le conseiller bancaire, des produits existants (6%) ou le placement d'une partie de l'épargne salariale, de la participation ou des primes sur un produit d'épargne solidaire (5%) ne constituent que des demandes très secondaires.

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