Europe : les latins plus europhiles que les anglo-saxons

La dernière vague du baromètre Tendances de l''Opinion Publique en Europe réalisé par Ipsos pour l''AFP montre que l''euro est nettement mieux perçu au sud qu''au nord de l''Europe. Par ailleurs, l''inquiétude concernant l''évolution de la situation économique et sociale est aujourd''hui majoritaire dans les cinq pays de l''étude.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
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Aujourd'hui, l'euro évoque quelque chose de positif pour 60% des Européens, soit le plus fort taux de soutien depuis début 2000. Cette adhésion globale ne doit cependant pas masquer de grandes disparités dans les résultats enregistrés pays par pays. L'enthousiasme est très majoritaire en Espagne et en Italie, où l'euro évoque quelque chose de positif à plus de 70% des personnes interrogées. Les Français sont à peine moins confiants (évocations positives pour 59% d'entre eux, contre 36% pour qui ce serait plutôt négatif), mais les Allemands sont plus partagés. Les évocations négatives l'emportent même chez les Britanniques, moins concernés il est vrai puisque l'Angleterre ne fait pas partie de la zone euro.
Le choc des attentats aux Etats-Unis a par ailleurs ébranlé la confiance dans l'évolution de la situation économique et sociale du pays. En moyenne, 61% des Européens se déclarent aujourd'hui inquiets, en augmentation de 8 points par rapport à mai dernier. L'inquiétude est aujourd'hui majoritaire dans les cinq pays de l'enquête. Particulièrement forte en Allemagne (71% d'inquiets contre 26% de confiants), elle progresse également en Grande-Bretagne (60%, +18 points), en France (58%, +3), en Espagne et en Italie (55%). Le moral "économique et social" des Européens est donc en baisse, sans pour autant que l'on revendique un souhait d'alternance pour les différents gouvernements. La confiance dans les chefs de gouvernements progresse même dans toute l'Europe (et en Italie tout particulièrement), et en cas de législatives anticipées, les partis au pouvoir sont partout davantage soutenus que ceux de l'opposition. Tout se passe comme si les Européens se rangeaient derrière leurs dirigeants pour faire front contre le terrorisme. Les tragiques attentats du 11 septembre auraient pour un temps atténué les questions de politique intérieure.

L'intégralité des résultats pays par pays, détaillés selon une vingtaine de critères socio-démographiques et économiques, constitue une base de données d'opinions disponible moyennant un abonnement annuel spécifique.
Pour tous renseignements, contacter
Edouard Lecerf, directeur général d'Ipsos Opinion

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  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs

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