Européennes : l’indifférence domine la pré-campagne

L’opinion apparaît fort peu intéressée par le scrutin européen du 13 juin prochain. La dernière enquête d’intentions de vote Ipsos-le Point manifeste également la stabilité des rapports de forces au stade actuel.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
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A trois mois des élections européennes, ce scrutin suscite un certain désintérêt public. Cette indifférence est sans doute la principale indication qui ressort de la dernière enquête d’intentions de vote Ipsos-le Point. Alors que la démission de la Commission européenne a suscité de nombreux commentaires, la prochaine élection du parlement de Strasbourg n’émeut guère les foules. Seulement 15% des personnes interrogées se déclarent " très intéressées " par cette compétition électorale. Avec les " plutôt intéressés ", on parvient à 58% des sondés contre 40% de gens qui osent avouer leur manque d’intérêt. Pis encore, la proportion d’ " euro-concernés " décroît par rapport aux chiffres obtenus lors des enquêtes de février et de janvier dernier.

La mayonnaise de pré-campagne ne prenant visiblement pas, l’équilibre des intentions de vote demeure logiquement assez stable. Le mouvement, d’une enquête à l’autre, n’est jamais supérieur à deux points, dans un sens où dans un autre. La liste socialiste de François Hollande devance toujours nettement celle du duo Philippe Séguin-Alain Madelin. On remarque seulement que le ralliement du Mouvement des citoyens de Jean-Pierre Chevènement à la liste dirigée par le numéro un du PS n’a pas eu d’effet sur son niveau d’intentions de vote.

Toujours à gauche, la liste trotskiste d’union réduit son retard sur la liste communiste d’ouverture. Relevons que la première attire un public plus populaire que la seconde : les intentions de vote en faveur de Robert Hue sont aussi fréquentes dans les tranches de revenu élevées que dans les plus basses. Une vraie " mutation " électorale…

La liste écologiste de Daniel Cohn-Bendit continue à perdre de la vitesse (6% contre 10% en janvier). Plus inquiétant pour les Verts, leur électorat est, avec celui de l’extrême-droite, celui qui s’intéresse le moins aux élections européennes et aussi celui qui est aujourd’hui le moins sûr de son choix. La concurrence de l’ancien leader des Verts, Antoine Waechter, menace de priver d’un précieux paquet de suffrages la tête de liste écologiste.

A droite, le statu quo domine sur fond de petite brise favorable : toutes les listes de la droite classique gagnent un point. On relève la forte détermination de l’électorat potentiel de Charles Pasqua. S’il doit acter son possible mariage avec Philippe de Villiers, cette liste " souverainiste " pourrait compter sur un potentiel théorique de 11% des suffrages. L’extrême-droite, enfin, glisse sur une pente descendante, avec toujours un rapport de force non stabilisé - comme on dit des accotements - entre Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret.

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  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs

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