Européennes : majorité et opposition à égalité
Les trois listes de la majorité gouvernementale et les trois listes de l’opposition républicaine obtiennent globalement le même score dans la cinquième enquête Ipsos-le Point consacrée aux élections européennes. La liste Sarkozy-Madelin progresse de deux points.
La majorité plurielle et l’opposition non moins diverse sont quasiment à égalité dans la cinquième enquête Ipsos-le Point consacrée aux élections européennes. Les trois listes des formations participant au gouvernement (PC, PS et Verts) recueillent ensemble 40,5% des intentions de vote. Par un admirable phénomène de symétrie, les trois listes de l’opposition républicaine (Bayrou, Sarkozy et Pasqua) totalisent 41% des suffrages potentiels. Cet équilibre, s’il devait se maintenir d’ici le jour du scrutin, interdirait aux partisans du pouvoir de crier victoire. Mais il ne permettrait pas non plus aux adversaires du gouvernement Jospin de conclure au "vote sanction".
Par rapport à la vague précédente, la principale évolution est la remontée de deux points opérée par la liste RPR-DL. L’officialisation de la nouvelle double tête de liste Nicolas Sarkozy-Alain Madelin semble avoir dopé l’alliance entre chiraquiens et libéraux. Avec 18%, cette liste ne se situe qu’un point en-deça du score obtenu par Philippe Séguin avant qu’il ne renonce. Toujours à droite, on observe la poussée continue de la liste centriste conduite par François Bayrou : 11% aujourd’hui contre seulement 7% en mars. A l’inverse, l’alliance Pasqua-de Villiers recule d’un point et est désormais créditée de 12% des intentions de vote.
Les socialistes se consoleront en mettant l’accent sur leur position apparemment bien établie de maillot jaune de cette compétition électorale. Avec 24%, la liste Hollande domine nettement celle du duo Sarkozy-Madelin. A gauche de la gauche, le PCF fait du surplace en dessous des 9% de voix virtuelles. Quant à la liste trotskiste d’Arlette Laguiller et Alain Krivine, elle est en perte de vitesse avec 5% (contre 7% en mars). Les Verts emmenés par Daniel Cohn-Bendit, après une période de hauts et de bas, semblent actuellement stabilisés autour de 8% des intentions de vote.
Le degré d’intérêt pour le scrutin du 13 juin progresse de quatre points par rapport à l’enquête précédente, mais il n’est toujours pas supérieur à ce qu’il était en janvier 1999. L’actualité internationale, dominée par le conflit des Balkans, occulte quelque peu l’enjeu électoral européen de ce printemps. Les sympathisants du FN, sans doute troublés par la division de leur camp, sont particulièrement peu mobilisés par ce vote.