Face à la baisse de pouvoir d'achat, les Français ont modifié leurs habitudes de consommation

La baisse de pouvoir d'achat, ressentie par deux Français sur trois, modifie les habitudes de consommation. L'enquête Ipsos-Tradexpo montre que les Français se tournent vers les magasins discount, ou renoncent à acheter certains produits qui ne sont pas de première nécessité. Ils recherchent surtout des produits moins chers, quelle que soit leur origine. Dans ce contexte, les produits asiatiques peuvent apparaître dans certains domaines comme une réponse à leur besoin de consommer à moindre coût.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
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Ipsos/Tradexpo publient aujourd’hui les résultats d’une étude réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 1 009 Français âgés de 15 ans et plus, interrogés les 7 et 8 novembre 2008.

Un fort sentiment que leur pouvoir d’achat est en baisse.

Plus de deux tiers des Français estiment que leur pouvoir d’achat a baissé depuis un an (68%), sans distinction socioprofessionnelle. Ce sentiment est d’autant plus fort que plus d’un tiers d’entre deux considère qu’il a beaucoup diminué (36%). La hausse des prix est perçue par 73% de ces derniers comme la principale cause de la dépréciation de leur niveau de vie.

Une modification significative de leurs habitudes de consommation.

Par rapport à il y a un an, 45% d’entre eux renoncent à acheter certains produits qui ne sont pas de première nécessité ; 39% privilégient les achats en plus petite quantité et 36% déclarent diminuer les dépenses liées aux loisirs. Les magasins discount attirent par ailleurs plus de Français qu’il y a un an : près de la moitié d’entre eux (43%) affirment y faire leurs courses plus souvent.

L’origine d’un produit, moins importante que son prix.

De plus en plus de Français se désintéressent de l’origine d’un produit, et se concentrent sur le prix. Par rapport à l’année dernière, plus de quatre Français sur dix (41%) disent rechercher davantage les produits les moins chers, quel que soit le pays où ceux-ci ont été fabriqués.

Les produits importés d’Asie : une image assez négative sur certains points…

Conscients que de nombreux produits sont fabriqués en Asie (sauf pour ce qui est des articles ménagers et des outils de bricolage/jardinage) les Français leur attribuent une qualité moindre par rapport à ceux fabriqués dans l’Union européenne.
Les Français valident également certaines critiques souvent émises à leur encontre : 90% jugent qu’ils sont souvent fabriqués dans des conditions contestées, 86% qu’ils ne respectent pas les normes de sécurité européennes et 84% qu’ils sont néfastes pour l’emploi en France.

… mais les Français leur reconnaissent aussi des atouts.

Les Français se montrent très sensibles à l’argument financier de ces produits : 87% estiment qu’ils sont souvent peu chers (dont 52% qui sont tout à fait d’accord avec cette affirmation), et quel que soit le domaine testé, leur coût est toujours jugé moins élevé qu’un produit fabriqué dans l’Union européenne.
Par ailleurs, la moitié d’entre eux voit dans ces objets des articles souvent originaux et à la pointe de la mode et des nouvelles tendances : 48% sont d’accord, notamment les femmes (52%) et les moins de 35 ans (60%).

Ces atouts peuvent être jugés particulièrement intéressants dans les domaines où le prix est le principal critère regardé au moment de l’achat.

Si dans certains domaines, la qualité reste le principal critère que regardent les Français au moment de l’achat (articles ménagers, outils de bricolage, jouets), le prix est jugé primordial dans d’autres domaines : c’est le cas des objets de décoration (48% regardent d’abord le prix, contre 23% la qualité) et des vêtements et accessoires de mode (46%, contre 37%). Pour le textile de maison, prix et qualité arrivent à égalité à 43% mais le prix reste le principal sujet d’attention auprès des catégories les plus démunies. Les produits importés peuvent donc renforcer leur potentiel dans un contexte où les Français cherchent dans de nombreux domaines à consommer à moindre coût.


Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs

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