Internet, la révolution à deux vitesses

En 2004, la fracture numérique ne s'est pas résorbée. La moitié de Français qui utilisent internet au bureau ou chez eux se recrute surtout chez les cadres supérieurs (89 %), dans les foyers aux revenus aisés (76 %), chez les moins de 35 ans (65 %). Chez les "non-connectés", un sur deux se montre intéressé par le fait de disposer d'un accès Internet à domicile, quand 40% de réfractaires se déclare "pas intéressé du tout". L'enquête Ipsos-Leclerc permet d'identifier le coût et le manque de formation comme les principaux freins à la démocratisation du réseau des réseaux.

L’arrivée d’Internet dans les foyers : un phénomène encore élitiste

Déferlante Internet ? Explosion ADSL ? Tout dépend de la population concernée… Au sein des Français encore non connectés, les plus motivés par la possession d’une connexion se recrutent dans les milieux favorisés et sensibilisés à l’informatique, à savoir les personnes disposant déjà d’une connexion au bureau (76 %), les moins de 35 ans (70 %), les habitants d’Ile de France (61 %), les revenus intermédiaires supérieurs (55 %) et les hommes (50 %). Chez les autres, l’engouement général pour l’outil reste encore limité :

seulement 46 % se déclarent intéressés par le fait de posséder une connexion Internet chez eux contre 39% de particulièrement réfractaires : les retraités (60 %), les foyers aux revenus modestes (50 %), les bas niveaux d’étude (49 %).

Devenir internaute : une motivation qui passe par le prix et la formation

Pour plus d’un tiers des non-internautes, bénéficier de meilleurs prix pourrait les inciter à se connecter. Parmi eux, une majorité de moins de 35 ans (65 %), des personnes ayant l’intention de s’équiper chez eux (57 %) et des inactifs (48 %). En dehors du prix, l’argument « Formation » est lui aussi très important. 35 % des non-Internautes pourraient être motivés par un accompagnement pédagogique. Cette population est essentiellement composée de revenus intermédiaires inférieurs (45 %) et de plus de 35 ans (37 %), contre 27 % des moins de 35 ans. Le quart de Français pour l'instant "pas intéressé du tout" attend surtout qu'on lui démontre l’utilité et l’intérêt d’Internet. Pas évident qu'ils soient alors convaincus par l'utilisation que font les internautes du web : la recherche documentaire, dans 94% des cas, ou la gestion des comptes bancaires, pour la moitié d'entre eux. Pratiqué seulement par un bon tiers des personnes connectées, le téléchargement de musique, films, livres arrive en bonne place dans les facteurs d'incitation à franchir le pas, surtout chez les plus jeunes.

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