José Maria Aznar obtient les pleins pouvoirs en Espagne
Le Parti Populaire de José Maria Aznar a remporté les élections espagnoles avec une large avance sur l'opposition. Il obtient pour la première fois la majorité absolue à la chambre.
La droite espagnole a enregistré son meilleur score depuis le rétablissement de la démocratie en 1975. Selon les résultas officiels du ministère de l'intérieur espagnol, le Parti populaire, en obtenant 44,54% des suffrages exprimés, s'est assuré 183 sièges des 350 du Congrès des députés. En gagnant 25 sièges par rapport aux précédentes élections de 1996, il obtient pour la première fois la majorité absolue, et dispose à présent d'une marge de manœuvre importante pour réaliser sa politique. Il ne sera plus, comme lors du précédent mandat, obligé de composé avec les nationalistes catalans de Convergencia i Unio (CiU) pour obtenir la majorité et faire passer ses réformes. Le CiU obtient 15 sièges (5,46% des voix).
Les socialistes sont les grands perdants de ces élections. Ils n'obtiennent que 34,08% des suffrages, soit 125 sièges (-16 par rapport à mars 1996). Le leader du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol, Joaquin Almunia, reconnaissant le "triomphe du Parti populaire", a annoncé tard dans la soirée sa démission irrévocable du poste de secrétaire général du PSOE. Lors des précédentes élections de 1996, le Parti populaire n'avait battu le PSOE, alors emmené par le président du gouvernement Felipe Gonzalez, que d'un point (38,8% contre 37,6%).
Force est de constater que l'union de la gauche n'a pas payé. L'alliance des socialistes avec la coalition à majorité communiste Izquierda Unida (IU), qui prévoyait en cas de victoire un programme commun de gouvernement et l'entrée de ministres communistes dans l'exécutif, conclue un mois avant le scrutin, n'a profité à aucun des deux partis. Les communistes ont en effet eux aussi perdu des représentants, en obtenant 5,49% des voix (contre 10,5% en 1996), pour 8 sièges au lieu de 21 il y a quatre ans. Le modèle selon lequel le destin électoral des gouvernants serait étroitement lié aux résultats économiques du pays a donc une nouvelle fois été vérifié. L'opinion publique espagnole, pourtant historiquement plutôt ancrée à gauche, a choisi le candidat qui a su faire diminuer le taux de chômage et restaurer une croissance économique soutenue. La triomphe du Parti populaire est aussi une victoire personnelle pour Aznar en dépit du manque de charisme dont se gaussèrent longtemps les commentateurs.
Partis | Nombre de sièges | % des suffrages | Nombre de voix |
Abstention : 30,2% | |||
PP | 183 | 44,54 | 10 230 345 |
PSOE | 125 | 34,08 | 7 829 210 |
IU | 8 | 5,46 | 1 253 859 |
CiU | 15 | 4,2 | 964 990 |
PNV | 7 | 1,53 | 351 816 |
BNG | 3 | 1,32 | 302 726 |
CC | 4 | 1,06 | 243 489 |
ERC | 1 | 0,84 | 193 629 |
IC | 1 | 0,52 | 118 846 |
CHA | 1 | 0,33 | 75 234 |
EA | 1 | 0,44 | 100 570 |
PA | 1 | 0,9 | 205 733 |
UV | - | 0,25 | 57 601 |