La consommation européenne se maintient à son niveau record.
La neuvième vague du baromètre Ipsos-Sofinco dresse un panorama complet du paysage européen de la consommation à un mois de l’an 2000. Après un an de progression, l’Indice Européen de la Consommation Ipsos-Sofinco se stabilise à son niveau record (111). L’écart des indices de consommation en Europe se resserre. Cette tendance à l’harmonisation n’empêche pas la persistance de sérieux clivages entre les pays.
L’Indice Européen de la consommation se maintient à son niveau record enregistré lors de la dernière vague de mai dernier (111). La bonne tenue de cette moyenne européenne cache toutefois des disparités entre les pays. L'indice de la consommation, qui synthétise la propension à consommer, le potentiel de consommation et l’intention de consommation dans chaque pays européen, a plutôt tendance à augmenter pour les pays du Nord, et à diminuer au Sud.
La Grande-Bretagne, après avoir fortement subi la crise financière asiatique en novembre dernier, poursuit sa remontée (indice 122, +1 point) et confirme son leadership européen. Les Britanniques atteignent des niveaux d’optimisme records à l’égard de la situation économique de leur pays (73% se déclarent optimistes, soit 14 points de plus que la moyenne européenne).
L'indice allemand, après avoir enregistré un recul en mai dernier, se rétablit (indice 108, +1 point), sans pour autant atteindre son niveau record de février dernier (110).
La France (111, sans changement) se stabilise à son niveau le plus haut, déjà enregistré en mai 1998. Mais cet indice reste largement pénalisé par le faible niveau d’optimisme des Français à l'égard de leur propre situation, de 12 points inférieur à la moyenne européenne. Ils atteignent toutefois pour la première fois un solde positif (49% des Français interrogés se déclarent optimistes contre 48% pessimistes).
L’Italie, qui a enregistré en mai dernier une amélioration de son indice, ne confirme pas cette tendance. L’indice perd deux points pour se retrouver au niveau de l’année dernière (106).
L’Espagne enfin, qui avait réussi à se distinguer au sein des principaux pays européens lors de la dernière vague, subit une dégradation encore plus importante de son indice (104, -7 points), qui revient à son niveau de début d’année. Les consommateurs espagnols continuent de manifester un manque d’envie de consommer majoritaire (45% des Espagnols déclarent avoir envie de consommer contre 51% d'avis contraires), à l’inverse de l’ensemble des autres pays européens.
En considérant les consommateurs européens dans leur ensemble, on constate de fortes disparités entre les catégories de consommateurs, et ce malgré une réduction des écarts d’indice entre les différents pays (de 33 points en juin 1997, l’écart maximum n’est plus aujourd’hui que de 20 points). Les niveaux d’indices restent toujours plus élevés auprès des plus jeunes (indice 117 auprès des 15-24 ans, 114 chez les 25-34 ans, 112 chez les 35-44 ans, 109 chez les 55-64 ans et 104 chez les 65 ans et plus). De plus, les consommateurs masculins (indice 117) continuent à générer un indice supérieur à celui des consommatrices (105). Les niveaux de revenus font également apparaître des disparités importantes : les foyers les plus modestes (indice 99) sont toujours en net retrait par rapport aux foyers les plus aisés (indice 132).
En trois années d’observation, la consommation a surtout profité du rétablissement de la confiance des européens tant au niveau macro-économique (vis-à-vis de la situation économique du pays) qu’au niveau micro-économique (par rapport à leur situation personnelle). Les Européens, largement pessimistes à l’égard de la situation de leur pays en décembre 96 (63% de pessimisme contre seulement 35% d’optimisme), sont aujourd’hui majoritairement positifs : 59% se déclarent optimistes contre seulement 38% pessimistes. De même, si en décembre 1996, seulement 48% des Européens se déclaraient optimistes à l’égard de leur propre situation (contre 49%), ils sont aujourd’hui près des deux tiers à avoir une vision positive de leur avenir (61% d’optimistes contre 35%).
Toutefois, la consommation en Europe est freinée par le manque de moyens. En effet, près des deux tiers des interviewés (64%) déclarent aujourd'hui ne pas avoir les moyens de consommer (sans changement depuis notre première mesure). Ce manque de moyens est particulièrement élevé chez les plus jeunes (75%), les femmes (68%) et plus logiquement les foyers les plus modestes (74%).
Malgré cela, les intentions de consommation de produits technologiques sont importantes en cette fin d'année. Les intentions d’achat à court terme d’appareil TV/ Hi-fi / Vidéo progressent, en particulier en Grande Bretagne (14%, +3 points), en Allemagne (11%, + 1 point) et en Italie (13%, +1 point) où elles atteignent des niveaux records. De même, l'intention d'achat de matériel informatique atteint des niveaux exceptionnels, en particulier en France (11%, +6 points), en Allemagne (12%, +4 points) en Grande Bretagne (+13 points) et en Italie (13%, +1 point). Ce qui devrait être de bon augure pour le développement de l'Internet en Europe.