La crise financière inquiète surtout les bas revenus

Une enquête Ipsos-Paris Match montre que les Français ne redoutent pas beaucoup les conséquences de la crise financière actuelle. Ce sont les salariés modestes qui sont les plus inquiets.

La crise financière qui affecte actuellement les marchés boursiers ne panique pas les Français. Mais elle inquiète les catégories sociales les plus modestes. Une moitié seulement des personnes interrogées craignent ses répercussions sur le marche de l’économie française, à l’heure où le gouvernement revoit pourtant légèrement à la baisse ses prévisions de croissance pour 1999. Curieusement, ce sont les cadres supérieurs – que l’on aurait imaginé plus au fait de l’actualité économique internationale – qui font preuve de la plus grande placidité. Les artisans, commerçants et chefs d’entreprise sont, à l’inverse, les plus tourmentés par la bourrasque boursière.

Les réactions sont sensiblement différentes lorsqu’il est question des répercussions de ces événements sur le pouvoir d’achat et le niveau de vie des personnes interrogées. Les classes moyennes et supérieures s’affichent " zen " tandis que les ouvriers, employés et retraités ne dissimulent pas une certaine angoisse. Paradoxalement, plus on est pauvre et plus on craint une crise financière qui ne touche directement – au stade actuel – que les possesseurs de valeurs boursières. Alors qu’une courte majorité des personnes aux revenus les moins élevés envisagent de réviser à la baisse leurs dépenses en raison de l’obscurcissement de l’horizon économique, l’écrasante majorité des plus fortunés ont l’intention de ne rien changer à leur comportement de consommation. La réponse à cette question reflète sans doute plus le degré de crainte de chaque catégorie sociale face à l’avenir plutôt que ses réelles anticipations de dépenses.

Les soubresauts de la scène économique internationale n’affectent guère, pour le moment, l’optimisme majoritaire des Français. La popularité du gouvernement de Lionel Jospin résiste à ce changement de climat. Une majorité absolue de sondés lui font " plutôt confiance " pour " faire face à cette crise internationale ". Le trouble de l’électorat de l’opposition est tel qu’une moitié des sympathisants UDF et RPR pensent que le pouvoir actuel sera à la hauteur des événements.

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