La guerre des Balkans suscite un climat d'unité nationale

Les positions de Jacques Chirac et de Lionel Jospin sur la guerre en Yougoslavie sont largement approuvées par les sympathisants du PS, de l’UDF et du RPR. D’où une remontée de la cote de popularité Ipsos-le Point des deux têtes de l’exécutif.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
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Le climat de "rassemblement national" créé par la guerre en Yougoslavie dope la cote de popularité des deux têtes de l’exécutif français. La cohésion des attitudes de Jacques Chirac et de Lionel Jospin favorise logiquement un élargissement du soutien à leur action. Le baromètre Ipsos-le Point fait état d’une hausse de cinq points de la cote du président de la République et de sept points de celle du chef du gouvernement. Après deux mois de baisse, les deux principaux personnages de l’Etat culminent à nouveau avec des taux d’approbation très élevés : 67% pour Chirac et 65% pour Jospin.

Les deux partenaires de la cohabitation bénéficient, en cette période de crise internationale, de l’appui des sympathisants du PS, de l’UDF et du RPR. Le clivage gauche-droite est en partie gommé par celui qui distingue le cœur des "partis de gouvernement" aux marges de l’échiquier politique. Les sympathisants communistes condamnent l’attitude du chef de l’Etat et n’approuvent que très mollement celle du Premier ministre.

Le PCF semble pâtir de sa prise de position hostile à l’intervention militaire de l’OTAN dans les Balkans. Robert Hue perd cinq points et retrouve une cote nettement négative. La perception du parti communiste en tant que tel subit la même évolution : le pourcentage de sondés qui portent un "jugement favorable" sur le PCF est en recul de trois points. Le FN est dans le même cas (-4), ainsi que les deux leaders qui en sont issus, Jean-Marie Le Pen (-1) et Bruno Mégret (-2). Rappelons que l’extrême-droite s’est également rangée dans le camp hostile aux frappes de l’Alliance atlantique.

Au stade actuel, l’opinion française se range résolument derrière ses dirigeants dans la guerre des Balkans. Plus des deux-tiers des personnes interrogées "approuvent les positions de Jacques Chirac sur la crise en Yougoslavie". Le soutien est pratiquement aussi fort chez les sympathisants socialistes que chez les proches du RPR et de l’UDF. Seuls les sympathisants du PCF et du FN font sécession. Le même phénomène se manifeste à propos des "positions de Lionel Jospin sur la crise en Yougoslavie", ce qui n’est pas illogique dans la mesure où les deux têtes de l’exécutif défendent la même politique. Le Premier ministre est autant applaudi par la droite classique que par les socialistes tandis qu’il mécontente à la fois l’électorat communiste et celui d’extrême-droite.

Un vieux fond d’anti-américanisme hexagonal explique sans doute que le taux d’approbation des "positions de Bill Clinton sur la crise en Yougoslavie" soit sensiblement moins élevé : seulement 52% soutiennent la manière dont le président américain dirige l’opération. Le manque de clarté qui entoure les tenants et aboutissants de cette intervention militaire n’est pas non plus étranger à une certaine réserve de l’opinion. Une majorité de personnes interrogées confessent qu’elles ont tendance à ne pas faire "confiance aux informations données par l’OTAN sur le déroulement de la crise au Kosovo". Un beau paradoxe : l’opinion française approuve une action militaire tout en admettant ne pas disposer d’informations fiables sur son contenu.

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  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs

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