La liberté d'expression l'emporte sur le devoir de réserve

Les questions d'actualité posées aux Français par Ipsos pour BFM et le Journal du Dimanche portaient cette semaine sur la dégradation du climat de la cohabitation, consécutive à la polémique née de la publication du livre d'Olivier Schrameck, le directeur de cabinet de Lionel Jospin. L'opinion publique, très partagée, a bien du mal à désigner un responsable.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
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La parution du livre d'Olivier Schrameck, sur le fonctionnement - et les dysfonctionnements - de la cohabitation a provoqué la gronde de nombreuses personnalités politiques de droite, au point de pousser Jospin à défendre son conseiller devant l'Assemblée Nationale, sur le thème liberté d'expression contre devoir de réserve. Interrogés ce week-end, les Français se rangent plutôt derrière l'avis du Premier ministre. Pour plus de la moitié d'entre eux (52%), Schrameck a eu "raison de publier ce livre car, en tant que citoyen, il a la liberté d'exprimer publiquement ces opinions", contre 41% qui estiment plutôt "qu'il a eu tort, en tant que haut fonctionnaire, il doit respecter un devoir de réserve".
En tous cas, les Français ne veulent pas rendre Jospin responsable de la dégradation du climat de la cohabitation. Plus généralement, les réponses à cette question ne permettent pas de désigner de coupable. Jacques Chirac est un peu plus souvent cité que le Premier ministre (28% contre 24%), alors qu'une personne sur cinq pensent "aux deux". Les proches de la gauche plurielle sont bien sûr plus nombreux à montrer du doigt le Président de la République, tandis qu'une large majorité des sympathisants de la droite parlementaire dénoncent le chef du gouvernement.
Relevons encore que près de trois Français sur dix ont préféré ne pas se prononcer ; un fort taux de non-réponse symptomatique de la distance actuelle de l'opinion sur cette question.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs

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