La perception par les Parisiens de leur ville

"Les ennuis, y'en a pas qu'à Paris,Y'en a dans l'monde entier, oui, mais dans l'monde entier, Y'a pas partout Paris. V'là l'ennui" Les Parisiens partagent encore cette vision d'Yves Montand, semble-t-il. Ils restent très attachés à leur capitale, qu'ils se permettent de critiquer un peu, parfois, malgré tout. Mais ça n'est que pour mieux déclarer leur flamme à cette ville loin de laquelle ils ne pourraient point vivre. Détails de l'étude réalisée pour le Nouvel Observateur ci-dessous.

Principaux enseignements :

Paris n’est en aucun cas perçue comme un lieu de résidence que l’on subit, bien au contraire : plus d’un Parisien sur deux considère qu’il ne pourrait pas vivre ailleurs (qu’il s’agisse de Parisiens ayant des enfants ou non) alors qu’à l’inverse seulement 18 % déclarent qu’y habiter constitue pour eux une contrainte et qu’ils aimeraient bien vivre ailleurs (ce sont notamment les ouvriers qui sont plus prompts que les autres à faire ce constat de contrainte)

Fort de ce premier enseignement, c’est assez logiquement que presque tous les Parisiens (90 %) déclarent être satisfaits de vivre à Paris. Ils sont même près d’un tiers (32 %) à être très satisfaits. Seule une part très minoritaire de la population se révèle insatisfaite (10 %, mais un quart des ouvriers).

 

On le voit, vivre à Paris est largement apprécié mais cela ne signifie pas que les habitants sont satisfaits de tous les aspects ou domaines que nous leur avons demandés d’apprécier.

Les sources de satisfaction sont nombreuses et renvoient principalement à « l’offre » dont ils peuvent disposer ou bénéficier : la situation est jugée largement positive en ce qui concerne l’offre et les équipements culturels (90 %), le nombre et l’offre de commerces (86 %), l’animation de la ville (83 %), les horaires et les jours d’ouverture des commerces (80 %)

La sécurité dans les rues est positivement perçue (61 % contre 39 %) mais les cambriolages inquiètent plus (47 % contre 43 % d’opinions négatives)

En revanche, les sources d’insatisfaction (voire de mécontentement) sont également nombreuses (même si on l’a vu avec les deux premières questions de cette enquête, ces éléments négatifs ne remettent pas en cause la satisfaction de vivre à Paris) : la situation est largement considérée comme négative dans 4 domaines :

  • Le stationnement (77 %) et les conditions de circulation (72 %)
  • Le logement (72 %)
  • La qualité de l’air (67 %)

D’autres domaines suscitent également des jugements négatifs mais dans de moindres proportions :

  • Le niveau des impôts locaux (situation positive pour 39 %, négative pour 52 %)
  • Les aspects liés à la propreté (crottes de chiens et propreté des rues)
  • La petite enfance (du fait des fortes attentes émises par les familles)

Enfin les transports en commun suscitent des jugements différents selon le mode de transport : la situation est plutôt positive dans les bus et le métro, beaucoup moins dans le RER.

 

La plupart des projets réalisés ou en cours de discussion suscitent l’adhésion des Parisiens…

Presque tous les sujets testés sont largement considérés comme des bonnes choses  (extension du T3, pistes cyclables, Vélib, Autolib, rénovation des Halles, incubateur).

Certaines mesures (toujours majoritairement approuvées) font néanmoins apparaître un clivage plus fort du fait notamment de l’opposition que manifestent à leur sujet les automobilistes (piétonisation des voies sur berges, abaissement de la vitesse automobile)

 

… à l’exception des tours et de la circulation inversée pour les vélos

Deux mesures sont considérées majoritairement comme une mauvaise chose :

  • La circulation des vélos en sens inverse dans les rues à sens unique (mauvaise chose pour 61 % des Parisiens et bien plus auprès des automobilistes)
  • Le relèvement de la hauteur maximale des nouvelles tours  (mauvaise chose pour 47 % contre seulement 25 % qui considèrent qu’il s’agit d’une bonne chose), signe d’une réelle frilosité des Parisiens sur ce point

 

Anne Hidalgo un peu plus populaire que NKM

45 % des personnes interrogées ont une bonne opinion d’Anne Hidalgo, contre 41 % qui émettent le même jugement à l’égard de NKM. Indépendamment de cette différence de 4 points dans les opinions positives (différence somme toute peu importante), c’est la part des opinions négatives qui différencie réellement les deux candidates : si 30 % des Parisiens ont une mauvaise image d’Anne Hidalgo, ils sont 41 % à se révéler critiques à l’égard de NKM. Les résultats de cette question sont évidemment très clivés selon la sympathie partisane des personnes interrogées.

Enfin, Rachida Dati souffre d’un solde d’image négatif à Paris : 27 % des habitants en ont une bonne image contre 59 % qui sont d’un avis inverse. Plus spectaculaire encore, elle peine à s’imposer auprès de son électorat naturel (44 % d’opinions positives, 44 % d’opinions négatives auprès des sympathisants UMP-UDI).


Fiche technique :

L’enquête a été réalisée auprès d’un échantillon de 804 personnes représentatif de la population inscrite sur les listes électorales de  Paris. Les interviews ont été menées par téléphone les 14 et 15 novembre 2013. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas appliquée aux variables de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle de la personne de référence du ménage, de poids des arrondissements divisant la ville.

Société