LE BAROMETRE EUROPEEN DE LA CONSOMMATION
La quatorzième vague de l'Indice Européen de la Consommation Sofinco - Ipsos dresse un panorama complet de la consommation des Européens à la veille de leurs vacances. Après avoir enregistré un léger recul en février dernier, l'Indice Européen de la Consommation retrouve aujourd'hui son niveau record (indice 113) précédemment atteint en mai 2000.
L'Indice Européen de la Consommation (IEC) permet d'identifier les tendances de fond et d'anticiper les évolutions futures du climat de consommation européen. Etalonné à 100 sur le niveau observé en décembre 1996, cet indice global constitue la synthèse de quatre thématiques du baromètre : la confiance économique, la propension à consommer, le potentiel de consommation et l'intention de consommation. L'IEC global est remarquablement stable depuis maintenant plus d'un an. Pour cette dernière vague, la Grande-Bretagne (indice 126, +3 points), la France (indice 114, +2 points) et l'Italie enregistrent un nouveau record de leur indice. A l'inverse, l'Allemagne et l'Espagne confirment les baisses notées en février (respectivement indice 110, -3 points et indice 104, -1 point). En marge du clivage Nord-Sud, que l'on constate vague après vague, la dynamique de consommation est aujourd'hui plutôt anglo-italienne, et la crispation germano-espagnole.Si l'on analyse la population européenne comme un ensemble homogène, le principal facteur discriminant dans l'évolution de l'Indice Européen de la Consommation est le niveau de revenu du foyer. L'écart déjà identifié entre les foyers les plus aisés et les autres reste marqué. En effet, l'indice global est plus élevé et en progression auprès des foyers ayant des revenus supérieurs (indice 136, +2 points) alors qu'il demeure stable, avec des écarts qui se resserrent, pour les autres catégories de revenus étudiées. Parallèlement au clivage des revenus, on enregistre également des clivages relatifs au sexe et à l'âge des répondants. Les hommes et les plus jeunes sont nettement plus confiants que les femmes et les plus âgés.
Concernant plus précisément la perception de la situation économique du pays, on constate que l'optimisme reste majoritaire en Europe. Exception qui confirme la règle, les Portugais sont toujours très majoritairement pessimistes. Globalement, les Européens sont confiants dans la situation économique de leur pays (indice 118, -1 point), confiance qu'ils confirment par leur intention de consommation en hausse (indice 108, +4 points), mais cette progression ne se retrouve pas encore au niveau de leur envie de consommation (indice105, -1 point), ni de leur potentiel de consommation (indice 122, -2 points), qui se dégradent.
Dans l'ensemble, les Britanniques demeurent les Européens les plus confiants dans l'avenir. Ils totalisent les plus forts indices en ce qui concerne la confiance économique (indice 124, +1 point), le potentiel de consommation (indice 153, -1 point) et l'intention de consommation (indice 125, +8 points) et restent, avec les Hollandais, les moteurs de la consommation en Europe.A l'opposé, les Allemands semblent aujourd'hui plus sceptiques avec des indices orientés à la baisse, que ce soit au niveau de l'indice de confiance économique (indice 116, -5 points), de l'indice d'envie de consommation (indice 103, -2 points) et de l'indice de potentiel de consommation (indice 112, -10 points). L'Allemagne est le pays où l'on enregistre la plus forte baisse du niveau de confiance économique personnelle, l'indice décrochant de 68 en février dernier à 62 aujourd'hui, soit juste un point de plus que la moyenne européenne (61).
En France, et pour la première fois, la vision de la situation économique du pays se détériore, pour retrouver le niveau d'il y a deux ans. Cette dégradation est notamment plus marquée au sein des catégories traditionnellement "fragiles" : l'écart entre les hommes de moins de 45 ans, systématiquement les plus confiants, et les femmes de plus de 45 ans, les plus sceptiques, n'a jamais été aussi fort depuis décembre 1996. Le sursaut des revenus supérieurs et le décrochement des revenus les plus faibles confirme la tendance notée au niveau européen : une accentuation de la distance entre les catégories "extrêmes". La vision de la situation économique du pays n'est aujourd'hui optimiste que pour un peu plus de la moitié des Français, contre les deux tiers en février (56%, -9 points). Le décalage s'accentue, entre la perception dégradée de la situation du pays, et la stabilité du niveau de confiance dans la situation économique personnelle. Il reste que ce dernier indice est l'un des plus faible de tous les pays testés (niveau 50) ; seuls les Portugais (38) sont encore plus pessimistes quant à leur avenir économique personnel. En revanche, l'indice d'intention de consommation des Français est en légère hausse (indice 111, +3 points), ces intentions de consommation apparaissant donc, et c'est assez logique, comme plus liés à la perception de la situation économique personnelle qu'à celle du pays. Les Français restent néanmoins prudents, et continueraient majoritairement à mettre de l'argent de côté plutôt que de dépenser plus, en cas de hausse de revenus. Le chiffre d'intention d'épargne (53% qui "mettraient de l'argent de côté", -4 points, contre 43% qui "dépenseraient plus") est toutefois le plus faible depuis novembre 1998.