Le crapaud charmant : l'homme est amoureux mais pas très romantique…
Mais voilà toute la différence entre les hommes et les femmes : d'après le dernier volet de l'Observatoire Vania de l'intimité féminine, les hommes sont prêts à, certes, appeler tous les jours, rien que pour entendre la voix de leur Valentine, mais pour ce qui est d'offrir de beaux bijoux, des fleurs pour l'appartement, des parfums à vous rendre fou et d'inventer des programmes à l'allure d'un soir de gala, en bref, d'être romantique : Diane Tell peut encore s'époumoner.
En effet, les résultats de l'enquête de l'Observatoire de l'intimité féminine permettent aux charmantes esseulées de la Saint Valentin de se consoler : non, toutes vos amies ne passeront pas la soirée du 14 février dans un grand restaurant, leur amoureux accompagnant le violoniste Tzigane d'une ode de sa composition.
Parler d'amour …
L'homme moderne juge qu'il est indispensable de faire des projets d'avenir en commun pour renforcer l'intimité d'un couple (65% des hommes interrogés). Plus de la moitié des interviewés estime encore qu'il est fondamental de parler de ses sentiments (56%) et enfin de dialoguer sur sa sexualité (46%).
De même, on découvre dans l'Observatoire Vania que les qualités majeures de l'homme amoureux reposent sur son sens de l'écoute et de la parole. Ainsi , 6 hommes sur 10 prêtent souvent une oreille attentive lorsque leur dulcinée raconte les potins de son entourage, sa famille, ses collègues (60%) et autant lui déclarent régulièrement qu'ils l'aiment (59%).
A ce stade de la lecture, si vous êtes un homme, vous avez sûrement opiné du chef. Si vous êtes une femme, vous avez probablement vérifié si les auteurs de cet article étaient des hommes ou mis en doute la distance critique d'Ipsos par rapport à ces données. Votre lecture n'est pas terminée : en effet, cet homme qui se décrit comme un modèle né des préceptes de magazines féminins s'avère quelque peu différent du héros de conte de fées dès lors qu'on examine de plus près les petites attentions que celui-ci a souvent pour sa compagne.
… n'est pas faire la cour.
De fait, ces hommes qui aiment tant parler de leurs sentiments ne sont pas prêts pour autant à en faire une démonstration artistique : jamais de films romantiques vus à deux pour la moitié d'entre eux (50%), jamais de poèmes ou de mots doux pour les deux tiers d'entre eux (64%) et surtout, pas de sérénade ou de refrains chantonnés au creux de l'oreille pour près de 9 interviewé sur dix (86%).
Quant à l'incontournable et irrésistible rituel du cadeau-lingerie, les pratiques masculines ne sont pas à la hauteur de sa réputation : du rite, on passe au mythe ; seulement 12% des hommes en offrent souvent à leur compagne.
Assez lucides sur leur comportement (mesdames, sachez le : l'homme se reconnaît le plus souvent familier de l'attention dite « occasionnelle »), les hommes réservent toute une série de petites attentions à des moments hors du quotidien : ainsi, ils sont presque trois quarts à faire de temps en temps un petit cadeau à leur compagne pour lui montrer qu'ils pensent à elles (71%). De la même façon, près des deux tiers offrent des fleurs, réalisent le fantasme de leur partenaire, l'emmènent faire une balade romantique ou l'invitent au restaurant à l'occasion (respectivement 63%, 63%, 62%, 62% des hommes ayant une relation suivie déclarent le faire « de temps en temps »).
Les plus attentionnés de l'échantillon, sont aussi les moins sollicités par la vie familiale et les plus « neufs » dans la relation : les moins de 25 ans, et en particulier les 19-24 ans, plus émancipés des contraintes parentales ou financières que leur cadets.
Pour vous faire tourner la tête, le manège des femmes, ce sont les plus jeunes, et non leurs aînés, qui les entraînent sur les pistes de danse (28% des 15-18 ans déclarent inviter souvent leur dulcinée à danser). De plus, si vous voulez dîner dehors, nul besoin de miser sur le capital financier de l'homme mature et installé : certes, ils ne sauront peut-être qu'offrir pour tout tête à tête qu'un croque-messieurs-dames au resto U, mais ce sont les 19-24 ans qui se montrent les plus assidus de l'invitation au restaurant (42% déclarent le faire souvent contre 32% de l'ensemble des hommes).
Pour le massage et la réalisation de vos fantasmes, vous pouvez encore compter sur eux : la moitié des jeunes (47%) se vantent en effet de leur fréquente assiduité au rayon « Body Sorbet and Foot Massage » (versus 29% pour l'ensemble des hommes) et les moins de 25 ans sont encore un quart (26%) à déclarer assouvir souvent les désirs inavoués de leur partenaire (contre 14% chez l'ensemble des interviewés). A regret nous ne disposons des données en miroir chez les femmes pour confirmer…
Epuisé par cette nuit torride, votre jeune amoureux oubliera votre café/croissant, mais, pour se faire pardonner, il vous offrira plus souvent un petit cadeau que ses aînés (38% des moins de 25 ans le font souvent contre 25% de l'ensemble) ou vous emmènera faire une promenade romantique (30% contre 20%).
Si vous êtes plus casanière et que vous préférez le petit déjeuner préparé par les blanches mains de votre amant à tous les dance floors, adressez-vous alors à un homme plus mature (35% des plus de 45 ans le font souvent).
Le week-end en tête à tête est sans surprise deux fois plus pratiqué par les hommes plus âgés, qui semble-t-il, attendent que les enfants puissent se garder tout seuls (21% des plus de 55 ans le font souvent contre 10% de l'ensemble) pour le proposer.
Le jeune homme romantique qui, au fil du temps, est devenu un bon compagnon se montre ici avec franchise dans ses habits ordinaires : le tablier de cuisine (31% des 25-44 ans concoctent souvent le plat préféré de leur compagne) mais sans la lyre du poète.
Si Monsieur ne souhaite pas faire trop de chichis pseudo romantiques, il faut néanmoins reconnaître qu'il n'exige pas de sa femme le mystère et la délicatesse d'ordinaire associés à l'éternel féminin.
Hommes et femmes entretiennent un rapport différent à leur corps : elles ont, en effet, deux fois plus tendance à considérer qu'il est indispensable de s'isoler pour s'occuper de son corps (30%) que les hommes (16%).
Cette approche théorique peut être illustrée par le fait que plus de la moitié (55%) ne seraient gênés de voir leur compagne dans aucune des situations intimes suivantes : utiliser des toilettes, se percer les boutons, mettre des bigoudis, s'épiler, se couper les ongles de pieds, se doucher, se faire un masque de beauté, s'habiller ou se déshabiller et se laver les dents.
Les plus « détachés » par cette confrontation crue au quotidien du couple sont les plus âgés et/ou ceux qui sont en couple depuis le plus de temps. Près des deux tiers des plus de 45 ans et de ceux qui partagent la vie de leur compagne depuis plus de 10 ans ne sont importunés par aucune des propositions précédentes (63% et 65%).
Pourtant, mesdames, deux comportements en particulier restent susceptibles de détériorer votre aura glamour : le fait d'utiliser les toilettes devant lui demeure la plus gênante pour les hommes interrogés : près d'un tiers (32%) d'entre eux ne seraient pas à l'aise d'en être pris à témoin. Le nettoyage de peau sans précaution de forme (se percer les boutons) et en sa présence serait aussi jugé inconfortable par un quart des hommes ; les moins de 25 ans se montrant ici deux fois plus sensibles que leurs aînés (36% de gênés de moins de 25 ans contre 18% de plus de 45 ans).
Moralité de ce conte, pour cette Saint Valentin 2006, à bas les clichés romantiques : dînez en bigoudis d'un jambon-purée (votre plat préféré) préparé par votre crapaud charmant et laissez les villas à Bergame aux ringardes.