Le profil des internautes reste atypique

Alors que le réseau mondial se développe en Europe, la population des internautes demeure très jeune, masculine et de statut social élevé. Les connectés sont nettement plus optimistes sur les plans économique et politique que la moyenne de la population.

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs
Get in touch

Combien ?

Aujourd'hui, près d'un Européen sur trois (résidant en France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie ou Espagne) déclare disposer d'un accès à internet. Plus de vingt millions de personnes utilisent donc d'ores et déjà plus ou moins régulièrement le réseau mondial, que ce soit dans le cadre de leur activité professionnelle ou plus simplement chez eux. 7% d'entre eux sont même connectés à la fois au travail et à la maison.

Du nord au sud, une hiérarchie se dessine nettement entre les différents pays étudiés. Avec 40% d'internautes, la Grande-Bretagne est près de deux fois plus équipée que la France (22%), elle-même en avance sur l'Italie et surtout l'Espagne. L'Allemagne, qui talonne la Grande-Bretagne, reste toutefois en retard pour ce qui est de l'équipement strictement non professionnel. (tableau 1)

Qui ?

La révolution internet n'est pas encore une révolution "populaire". Toutes les catégories démographiques, sociales et économiques sont encore loin d'être également représentées au sein de la population des internautes.

Masculin, jeune, actif et surtout sur-diplômé par rapport à la moyenne, l'internaute type dispose de revenus plus confortables. L'accès à internet se trouve logiquement toujours limité, d'une part par le coût que peut représenter l'investissement du matériel nécessaire, d'autre part par un usage professionnel qui concerne principalement les cols blancs.

En dehors de l'âge, ces caractéristiques sont accentuées parmi les personnes connectées à la fois professionnellement et personnellement. Cet atypisme du profil de l'internaute est globalement reproduit également au sein des cinq pays étudiés. (tableau 2)

L'expansion d'internet permettra-t-elle aux catégories retardataires de combler le retard constaté ?

L'examen du profil des internautes français et anglais, parvenus à deux stades de développement différents (pesant respectivement pour 22% et 40% de l'ensemble de la population de ces pays) semble indiquer qu'à court terme l'augmentation du nombre d'internautes tient au moins aussi souvent de la multiplication que de la diversification. 

Les nouveaux internautes se recrutent ainsi en priorité au sein de certaines populations déjà largement représentées. Certaines autres catégories, notamment de sexe et d'âge, apparaissent à l'inverse comme devant échapper à relativement long terme au phénomène.La population internaute anglaise n'est pas beaucoup plus féminine que la population française. Les différences par âge concernent essentiellement la proportion des double connectés (au domicile et au travail), où les jeunes sont de plus en plus nombreux. Et même si les plus de 35 ans deviennent majoritaires chez les internautes anglais, les plus de 65 restent totalement en retrait, quelle que soit la nature de la connexion.

L'évolution est plus patente en ce qui concerne les catégories d'instruction, le réseau s'ouvrant de plus en plus largement à ceux dont le niveau d'étude n'est pas le plus élevé. La démocratisation financière est moins évidente puisque 58% des connectés anglais appartiennent encore aux catégories "aisées". (tableau 3)

Les opinions des internautes européens

L'internaute européen, plutôt bien doté économiquement et socialement, contribue au renouveau du climat de confiance aujourd'hui perceptible en Europe. Près de huit internautes sur dix ont confiance en l'évolution de leur situation économique personnelle et la majorité absolue de ceux disposant de deux connections partage ce sentiment positif concernant la situation économique de leur pays. (tableau 4)

Satisfaits économiquement, les internautes le sont également politiquement. Souvent proches des partis les moins extrêmes, ils apportent d'avantage leur soutien aux majorités en place qu'aux oppositions gouvernementales. (tableaux 5 et 6)

L'aisance financière des internautes en fait des consommateurs à fort potentiel. Leurs intentions d'achat sont supérieures à la moyenne dans tous les secteurs étudiés. Habitué à découvrir de nouveaux espaces d'information et de nouvelles propositions de mouvement sur le réseau des réseau, l'internaute européen n'envisage pas pour autant de se contenter de ce type de voyages : ses intentions d'achat dans le domaine du tourisme sont très marquées. Internet ne se substitue pas à une autre activité, il ouvre le champ des possibilités d'action et de consommation. (tableau 7)

Auteur(s)
  • Jean-François Doridot Directeur Général Public Affairs

Société