Le profil des partisans de l'euro

Le camp pro-euro est surtout masculin, jeune, instruit, aisé et modéré

Le référendum de 1992 sur la ratification du traité de Maastricht avait révélé un net clivage sociologique entre partisans et adversaires de l’intégration européenne. Certains politologues avaient même pu parler de l’affrontement, presque caricatural, de «deux Frances» : la France jeune, instruite, aisée et modérée soutenait la monnaie unique tandis que la France âgée, peu éduquée, pauvre et tentée par les extrémismes s’y opposait.
Le phénomène n’est pas propre à la France. Globalement, dans l’ensemble des pays européens, la construction communautaire introduit une opposition de cette nature entre «europhiles» et «europhobes».
Relevons d’abord une opposition d’attitude selon le sexe de la personne interrogée. Les hommes sont nettement plus favorables à l’Euro que les femmes. Une différence qui ne s’explique sans doute pas uniquement par le trivial souci de conversion monétaire qui préoccuperait, d’ores et déjà, les ménagères du Vieux Continent. L’âge est, lui aussi, un facteur très discriminant : plus on est jeune et plus la perspective d’une monnaie européenne est bien accueillie.
Socialement, l’adhésion à l’Euro demeure plutôt élitiste. C’est bien plus l’affaire des cols blancs que celle des cols bleus. Les « travailleurs manuels » des cinq pays sont les plus réticents tandis que près des deux tiers des cadres supérieurs sont favorables à la monnaie unique. C’est dans les tranches de revenus les plus basses que la résistance à l’intégration monétaire est la plus répandue. Dans la même logique, ce sont les personnes qui ont suivi les études les plus longues qui sont les plus convaincues des bienfaits du futur Euro. Relevons cependant l’adhésion à ce projet de deux catégories dont on aurait pu imaginer qu’elles adoptent une autre attitude : les agriculteurs (ceux de France étant plutôt réticents) ainsi que les chômeurs à la recherche d’un premier emploi (alors que « l’Europe sociale » n’en est qu’à ses balbutiements).
Politiquement, le profil du camp pro-euro est résolument modéré. Il rassemble la majorité des sympathisants de la droite et de la gauche modérées, en passant par les écologistes. La résistance à l’Euro se trouve du côté des communistes et de l’extrême-gauche, mais plus encore à l’extrême-droite.

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