LE RAPPORT AU TEMPS DES HAUTS DIRIGEANTS : ENTRE MAITRISE ET MANQUE DE TEMPS
Globalement, quel rapport entretiennent les dirigeants français avec le temps ? Il ne se dégage pas de la cible une attitude unique, la moitié (51%) déclarant maîtriser le temps, l’autre moitié (47%) être plutôt dominée par lui. Par rapport à l’ensemble des salariés, la pression du temps pesant sur les cadres dirigeants interrogés semble logiquement un peu plus forte : quand on leur pose la même question, 62% des salariés déclarent maîtriser le temps (contre 33% l’inverse) **.
Quand on creuse un peu le questionnement, cette ligne de partage entre « maîtrise/satisfaction » et « non-maîtrise/frustration » se maintient. Environ la moitié de l’échantillon se déclare ainsi très ou plutôt satisfaite du temps que lui laisse la vie professionnelle pour se consacrer à sa vie privée (48%) ou à la gestion de ses affaires privées (53%), l’autre moitié s’en déclarant plutôt ou très insatisfait. Notons que la cible mesurée se déclare rarement très satisfaite ou très insatisfaite de l’un ou l’autre de ces éléments.
**source : enquête Ipsos réalisée pour l’Institut Chronopost en 2004 auprès d’un échantillon national représentatif de 1 000 salariés de 15 ans et plus.
La gestion des affaires privées : une activité qui ne prend pas forcément beaucoup de temps mais qui empiète sur les journées de travail
Combien de temps les dirigeants français consacrent-ils à gérer leurs affaires privées, celles-ci englobant la gestion de leurs impôts, de leurs placements, de leur immobilier, ainsi que la protection de leurs proches (successions, assurances…) ? Un peu moins de 2 heures par semaine (1 heure et 42 minutes) nous déclarent-ils en moyenne, la majorité de ce temps (1 heure et 12 minutes) étant logiquement prise, compte tenu de leurs horaires, sur leur journée de travail.
Une activité finalement assez peu déléguée
Seulement 9% des dirigeants interrogés déclarent déléguer entièrement la gestion de leurs affaires privées, à un tiers, à différents professionnels ou encore à un organisme de type
« family office ». Parmi les autres, 57% s’en occupent entièrement eux-mêmes et 30% en délèguent seulement une partie. On soulignera ici que les « affaires privées » dont la gestion est la plus souvent déléguée sont celles ayant trait à l’argent et aux placements.
Une activité qui ne génère pas de stress mais dont l’intérêt et la complexité divisent
D’une manière plus « qualificative » à présent, comment les dirigeants vivent-ils la gestion de ces « affaires privées » ? La encore, difficile de faire parler la cible d’une seule voix. Tous s’accordent toutefois, sans doute par comparaison avec leurs activités professionnelles quotidiennes, sur le fait que les activités relevant de leurs « affaires privées » sont rarement risquées, génératrices de stress ou « dévoreuses de temps » : 83% estiment ainsi que gérer ses affaires privées n’est une activité ni risquée, ni stressante.
Les avis divergent beaucoup plus quand il s’agit d’évaluer l’intérêt et la complexité de ce type d’activités. Seulement 59% des dirigeants jugent intéressante la gestion de ses affaires privées. 40% jugent par ailleurs complexe la gestion de ces mêmes affaires
Une activité qui s’accorde mal avec la vie de bureau
Qu’ils estiment que ce soit un choix ou une nécessité (la question partage…), les trois-quarts des dirigeants (73%) n’aiment pas devoir s’occuper de leurs affaires privées quand ils sont au bureau. 48% sont même tout à fait d’accord avec cette affirmation.
Avoir « autre chose à faire » quand ils sont au bureau reste sans doute la principale source d’insatisfaction des dirigeants quant surgit un problème relevant de leurs affaires privées.
En effet, si ces derniers ont à cœur de maîtriser le temps en l’organisant au mieux, les idées ne leur manquent pas quand on leur demande à quelles activités professionnelles ils consacreraient volontiers plus de temps, s’ils en disposaient : réfléchir sur son métier et son secteur, rencontrer ses équipes, prospecter des marchés, des clients, se former, progresser… Ces résultats dressent en creux le portrait d’une population manquant de « temps perdu » (dans le sens non directement opérationnel) à prendre du recul sur leurs missions quotidiennes pour mieux développer leurs activités, leurs équipes et, enfin, leurs propres compétences.
Fiche technique :
Public interrogé : 100 dirigeants (Présidents, Directeurs Généraux ou membres du Comité Exécutif) des 500 plus grandes entreprises françaises (entreprises de plus de 2 000 salariés)
Dates du terrain : Du 6 mars au 3 avril 2008
Méthodologie : Les interviews ont été réalisées par téléphone sur le lieu de travail des personnes interrogées, le plus souvent après prise de rendez-vous
Cette étude est la première émise dans le cadre de l’Observatoire Ipsos/BLB